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CONTEMPLATIONS, IV

de l'écrivain, je voudrais mettre en lumière que c'était là terre trop pauvre pour qu'une poésie forte y püût naturellement éclore. Ce qui, pour entacher la vérité de l’œuvre, ne diminue point le mérite de l’auteur. Ne jamais commettre sa lyre avec ce qu’on traîne au fond de soi d'expérience est moins humain, sans doute, mais aussi moins commun que de trouver dans la banalité d’un désir la matière d’un beau poème.

La à

Passionné, Samain le fut bien peu. Son rêve le plus cher est un nonchaloir langoureux dans un décor à la Watteau :

Rame, Ô mon cœur, ton indolence, A larges coups lents et pâmés …

S'il y a là quelque faiblesse, qu’on ne la lui reproche pas trop. L'existence étroite où il fut confiné explique à elle seule cet abandon de volonté. Je ne crois guère, à vrai dire, que la vie de Samain ait été aussi tourmentée qu’il voudrait parfois le donner à penser

Ma vie est là, pourtant, très exacte et très vraie, Harnais quotidien, sonnailles de grelots, Comédie et roman, faux rires, faux sanglots *..

1 Accompagnement. AU JARDIN DE L'INFANTE, P. 28. 2 Ténèbres. LE CHARIOT p’oR. Paris, Mercure de France. P. 151.

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