PREMIERE PARTIE
humain. Témoin cette poésie sans titre des Contemplations”, où l’immensité des flots s'ajoute à l’angoisse immense du poète, sans véritablement se fondre en elle :
J’ai cucilli cette fleur pour toi, sur la colline,
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline… J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée...
Oh! Comme j'étais triste au fond de ma pensée, Tandis que je songeais, et que le gouffre noir M’entrait dans l’âme, avec tous les frissons du soir !.…
À cette nature, que la force d'inspiration des romantiques crée vivace et fière, Samain retire toute sa puissance. Certes, il lui arrive d’avoir, autant que d’autres poètes, le culte des paysages où il a vécu, et de trouver, pour les chanter, l’expression émue et juste :
Et, chaque jour, j’aime d’un cœur plus fort
Ton air de sainte femme, à ma terre de Flandre... Tes marais, tes prés verts où rouissent les lins,
Tes bateaux, ton ciel gris où tournent les moulins *…
Mais de tels vers sont rares dans son œuvre, et c’est une nature étiolée que sa faiblesse aime à créer pour s’y refléter. Voici deux esquisses de romantiques, une nuit
d’Hugo
Parfois, lorsque tout dort, je m’assieds plein de joie Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie *...
2 CHARIOT D'OR, p. 132.