‹ Albert SamainChapitre 20 sur 123 · FEUILLES D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

FEUILLES D'AUTOMNE

et un printemps de Musset :

- …L’'immortelle nature Se remplit de parfums, d'amour et de murmure, Commi le lit joyeux de deux jeunes époux ”…

Que Samain vienne à les reproduire, et il les revêt aussitôt d’une grâce empruntée qui les dénature :

Tout le firmament brille à travers les ramures. Des pétales mourants tombent des roses mûres : La fleur triste des soirs divins vient de s’ouvrir

Voici que le printemps s’avance sous les branches, Nu, candide, et mouillé, dans un jeune soleil ‘…

Ce manque de relief, Samain excelle à le masquer par des comparaison artificielles, qui, parfois, séduisent d'autant plus qu’elles ont moins de parenté avec le décor:

Le paysage, où tinte une cloche, est plaintif Et simple comme un doux tableau primitif Où le bon pasteur mène un agneau blanc qui saute “.…

Mais, le plus souvent, confiant dans sa maîtrise artistique, il accepte de se limiter aux demi-teintes faciles et chères à son inspiration modeste

1 La Nuit de Mai. POÉSIES NOUVELLES.

2 Soir. CHARIOT D'OR, p. 24.

3 Printemps. CHARIOT p’on, p. 34.

4 Soirs, II. AU JARDIN DE L’INFANTE, p. 120.

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