DEUXIEME PARTIE
poète américain un romantique achevé. Qu’on se reporte à une Ballade nuptiale', aussi martelée, et aussi poignante, que La Fiancée du Timbalier * :
Et mon seigneur m’aime bien.
Mais au premier vœu qu’il soupira,
J’ai senti mon sein se gonfler.
Car les mots sonnaient comme un glas,
Et la voix semblait celle de celui qui est tombé Dans la bataille, au creux du vallon,
Ei qui est heureux maintenant...
Ni cette vérité d'inspiration ni cette forte simplicité d'expression ne sont de Samain.
Que le poète flamand ait admiré Poe, on n’en saurait point douter. Mais je ne trouve rien dans ses vers, pas même les Visions du Jardin de l’Infante et du Chariot d'Or, d’assez profondément troublé pour être rapporté à cette source. Le romantisme d'Edgar-Allan Poe a dominé Samain sans le pénétrer.
C’est pourquoi je limiterai comme j’ai dit l’étude des parentés littéraires d'Albert Samain. Il en apparaîtra que si, par faiblesse, il s’est souvent laissé séduire, son imitation large n’est pas de la mauvaise copie, et qu’il y a plus dans son œuvre que l’apport des autres écrivains.
1 Bridal Ballad.
2 Victor Hugo. ODES ET BALLADES.