DEUXIEME PARTIE
aussi faciles. Sa Symphonie héroïque n’eût, sans doute, rien perdu à en être allégée :
L’arc de Diane sonne aux forêts du Taygète
Sur le Parnasse en fleur, Apollon musagète
Fait chanter l’archet d’or dans l’air de cristal bleu.
L'Olvmpe craque au bruit de l’immortelle joie.
Sur le Caucase en sang, l’affreux vautour s’éploie.
Et l’Œta voit, debout dans le feu qui flamboie, Hercule devenir un dieu …
Cette analyse des emprunts de Samain au romantisme ne saurait, la cause est entendue, jeter le discrédit sur l’ensemble de son œuvre : il est assez d’autres vers où s’affirme la personnalité du poète. Mais elle décèle le manque de profondeur de son imitation. Le vrai lyrisme naît d’une vie intérieure intense, et ce n’est pas à suivre de loin une tradition lyrique qu’on acquiert le fond humain indispensable à la spontanéité de l’expression.
1 Les Monts. CHARIOT D'OR, p. 221.