‹ Albert SamainChapitre 71 sur 123 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Et nul ne sait dans quelle névrose il eût sombre, si son honnêteté foncière, et sa santé précaire, ne lui eussent interdit les pratiques douteuses.

À la corruption du fond humain, correspond chez Baudelaire une dégradation des thèmes lyriques.

La nature est, pour l’artiste véritable, sujet banal et usé. Aussi Baudelaire ne la chante-t-il que rarement sur le mode romantique’, ou parnassien”. Il ne s’attache guère qu'aux visions d’agonie, langueurs de crépuscule

Voici venir le temps où, vibrant sur sa tige, Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir.

Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir, Valse mélancolique, et douloureux vertige ‘…

décadences d’automne

Ah! Laissez-moi, le front posé sur vos genoux, Goûter. en regrettant l’été blanc et torride, De larrière-saison le rayon jaune et doux *.….

ou clartés lunaires :.

1 Voyez Elévation. LES FLEURS DU MAL, II.

2 Voyez L'Homme et la Mer. LES FLEURS DU MAL, XIV.

3 Harmonie du Soir. LES FLEURS DU MAL, XLVII. — Voyez aussi Recueillement. LES FLEURS DU MAL, Liv.

4 Chant d'Automne. LES FLEURS DU MAL, LVII.

5 Voyez Tristesse de la Lune. LES FLEURS DU MAI, LXVII.

La femme elle-même n'est presque jamais, dans l'œuvre de Baudelaire, l'inspiratrice aux yeux de lumière ’. C’est la compagne de jouissance, nue sous ses bijoux sonores *, et dont les sens réclament chaque jour « un cœur au ratelier * ». C’est la mauvaise aux caresses vantées‘, la maudite que l’on insulte

L'’âpre stérilité de votre jouissance

Altère votre soif et raidit votre peau,

Et le vent furibond de la concupiscence

Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau *.….

la créature infernale qui hante votre torpeur comme un grinçant squelette‘.

Ainsi, au long de paysages éteints, et dans une terreur d’impureté, l’homme s’en va vers la mort, qui l’attire de ses « liens subtils ® ». Quand on a vu,

Du haut jusques en bas de l’échelle fatale, Le spectacle ennuyeux de limmortel péché *..

il n’est d’issue que dans la mort. Sans doute, au royaume d’en-bas tout est mystère; et, peut-être, vous y devrez, comme je ne sais quel Squelette Laboureur’,

Voyez Le Flambeau vivant. LES FLEURS DU MAL, XLIV.

Voyez Les Bijoux. LES FLEURS DU MAL, GLIL.

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