‹ Albert Thomas 1878-1932Chapitre 15 sur 37 · ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS

The New York Times :

A M. Albert Thomas plus qu’à tout autre, le Bureau international du Travail doit son caractère et son succès. Partout on y trouve l’em-

preinte de sa riche et vivante personnalité. M. Thomas a apporté au Bureau des dons peu communs d’organisateur, d’administrateur, de politique, ainsi que les rares qualités d’un homme d’une vitalité, d’une énergie et d’une activité extraordinaire.

The Christian Science Monitor:

Les douze années au cours desquelles Albert Thomas présida aux destinées du Bureau international du Travail ont laissé à cette institution la profonde et durable empreinte de l’exceptionnelle personnalité d’un homme qu’à Genève chacun nommait avec affection et respect : le Directeur. Non seulement Albert Thomas réalisa au Bureau international du Travail un centre unique de recherches portant sur les conditions industrielles du monde, — le Directeur lui-même, par de nombreux et lointains voyages, établissant des points de contact et rassemblant des matériaux dans les contrées les plus reculées du globe, — mais il réussit encore à faire de l’Organisation internationale du Travail un noyau de la conscience internationale à l’égard de la justice sociale, en n’hésitant jamais — souvent à grands frais de popularité personnelle — à présenter un miroir véridique, sinon flatteur, aux nations qui tardent à établir et appliquer une législation progressive du travail.

Idéaliste pratique, Albert Thomas a affirmé sa ferme conviction que la paix et l’harmonie du monde peuvent s’édifier sur la base de conditions de travail équitables, par leur amélioration graduelle dans le monde entier.

League of Nations Chronicle :

La personnalité d’Albert Thomas a dominé à tel point le Bureau international du Travail qu’il est difficile de concevoir que le Bureau puisse exister sans lui. Les personnalités jouent un si grand rôle dans le destin des organismes internationaux — qui sont jeunes et restent encore un peu en dehors de nos préoccupations quotidiennes — que la perte d’un homme considérable comme Albert Thomas peut apparaître comme presque équivalente à la chute de l’institution elle-même.

League of Nations Chronicle , Chicago (Leifur Magnussen) :

Avec Albert Thomas disparaît un homme auquel, plus qu’à n’importe qui, l’Organisation internationale du Travail doit d’être devenue une force vivante dans les affaires mondiales. Son énergie sans bornes a tressé les fils innombrables qui relient les gouvernements, les employeurs et les travailleurs du monde au sein d’une organisation internationale dont l’activité s’exerce d’une manière aussi indépendante qu’efficace...

Et nous tous qui participions à l’activité du Bureau international du Travail étions si empreints de la personnalité de l’homme, qu’il nous semble maintenant avoir perdu tout sens de direction, abandonnés que nous sommes en face d’un monde découragé et qui ne comprend plus.

A ne s’en tenir qu’aux apparences, lorsqu’on voyait Albert Thomas au repos on pouvait ne pas être attiré par son aspect extérieur : sa chevelure, sa barbe et ses lunettes, qui lui donnaient un air professoral, ne parvenaient pas cependant à dissimuler son menton énergique et les lèvres mobiles de l’orateur qu’il était. Mais, en vrai français, il n’était presque jamais au repos : ses mains ramenaient ses cheveux en arrière, caressaient sa barbe, ou se glissaient dans les tiroirs de son bureau à la recherche de quelque lettre ou document susceptible de l’aider à fournir rapidement une réponse exacte à la question posée. Ses mouvements

perpétuels semblaient un accompagnement nécessaire aux pensées d’un cerveau d’une compréhension si rapide ; ils apparaissaient comme les signes de la flamme intérieure qui, impitoyable, a en fin de compte consumé sa vie.

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