FINLANDE
Sosialinen Aikakauskirja — Social Tidskrift (M. Niilo A. Mannio) :
Bien que la tâche du Bureau international du Travail soit devenue plus difficile au cours des dernières années, surtout depuis la a crise économique mondiale, l’Organisation internationale du Travail, après avoir été en butte à des attaques très sérieuses de la part de certains milieux, fonctionnait pourtant sans grandes difficultés à la mort de celui qui fut son premier chef. C’est ce qui prouve combien la personne d’Albert Thomas a eu d’importance pour la politique sociale internationale. Avec lui, la législation sociale internationale avait reçu des fondations solides et il est maintenant évident que les forces morales sur lesquelles elle repose ont assez de résistance pour devoir en assurer désormais la continuité. Tous ceux qui ont eu l’occasion de suivre le travail d’Albert Thomas s’accordent à reconnaître que très peu d’hommes auraient été capables de s’acquitter comme lui d’une tâche aussi gigantesque. Parfois peutêtre son attitude sur diverses questions aurait pu passer pour de la faiblesse, mais dans la plupart des cas, c’était là sa plus grande force et il savait l’utiliser avec la plus brillante virtuosité. C’était un grand orateur qui charmait littéralement ses auditeurs et avec ses aimables qualités, il savait gagner les sympathies du plus grand nombre.
Induslrilidningen :
... A la tête du Bureau international du Travail, il a fourni une carrière vraiment grandiose. Son rôle en matière de politique sociale internationale a été tel que sa personne était devenue comme un symbole pour toute l’Organisation... C’est véritablement un chef que celle-ci a perdu avec lui. Dans les circonstances actuelles il sera difficile, peut-être même impossible, de trouver quelqu’un qui puisse le remplacer.
Arbetarbladei (K. A. Fagerholm) :
... Mais c’est après la guerre que le rôle d’Albert Thomas a été le plus important. Il a travaillé de toute son énergie à l’institution de la Société des Nations, au développement et au renforcement de l’esprit dont elle était inspirée. Après la première Conférence internationale du Travail, à Washington, en 1919, lorsque le Bureau international du Travail fut institué, conformément au Traité de Versailles, Albert Thomas en fut nommé Directeur. Avec sa puissance d’organisation unique, et peut-être inattendue chez un homme de sa race, avec son éloquence caractéristiquement française et ses dons de persuasion, il a rendu, dans ce poste, des services tels que son nom restera inscrit dans les annales de l’Histoire. On peut dire que l’Organisation internationale du Travail, la seule bonne chose peut-être qui ait subsisté du Traité de Versailles, a été avant tout la création de Thomas. L’importance de cette Organisation se développe à mesure que s’accroissent l’influence et le pouvoir exercés par les travailleurs dans les organes du gouvernement et de l’administration des divers pays. Malgré des difficultés sans exemple, elle a déjà accompli un travail considérable, d’une importance fondamen-
taie pour le développement de la législation sociale dans le monde entier. Vraiment, le Bureau international du Travail, avec l’œuvre qu’il doit encore poursuivre, a subi une perte irréparable quand la mort est venue brutalement frapper son premier Directeur.
Helsingin Sanomat — Suomen Sosialidemokraatii :
Après la guerre, Albert Thomas a lutté avec ardeur pour l’idée de la Société des Nations et il a défendu énergiquement la création des nouveaux États nationaux. La meilleure preuve de l’estime dans laquelle le tenait son parti fut sa nomination de candidat, lors des élections de 1919, dans le département du Tarn, ancienne circonscription de Jaurès, où il fut élu contre le candidat du bloc national.
Albert Thomas a visité quelquefois la Finlande en vue d’y étudier les "conditions du travail et d’autres problèmes sociaux.
Turun Sanomat :
Grâce à son éloquence il a créé une collaboration entre les représentants du capital et ceux du travail, alors même que les divergences de principe opposaient ces puissances l’une à l’autre. Et quelle que soit l’opinion que l’on ait sur les résultats obtenus par l’Organisation internationale du Travail, tous ceux qui ont connu l’activité d’Albert Thomas sont d’accord pour déclarer que cette organisation a perdu en lui sa plus grande puissance morale.
Il est généralement peu connu qu’Albert Thomas s’est efforcé, avec les moyens dont il disposait, de donner aux petites nations et à leurs représentants la possibilité d’exercer leur influence sur les affaires internationales et leurs solutions. Enfin, bien que social-démocrate, Thomas fut un grand patriote et il a aimé son pays comme on l’aime rarement. On en trouverait la preuve dans l’activité fiévreuse qu’il déploya pendant la guerre pour organiser l’industrie des munitions...
Plein d’esprit, d’humour étincelant, animé d’une juvénile ardeur, Albert Thomas a su communiquer son enthousiasme à son entourage. Dans les coulisses politiques de Genève il a montré une rare habileté à aplanir les divergences de vue qui séparaient les grandes puissances. Et il s’est efforcé de préparer la voie pour l’amélioration des relations franco-allemandes.
La mort de Briand et celle de Thomas, survenues à si court intervalle, seront éprouvées comme une lourde perte, non seulement par la France, mais par le monde civilisé tout entier.
Uusi Suomi :
Après la guerre mondiale, Albert Thomas consacra' beaucoup d’intérêt à l’idée de la Société des Nations et aux questions internationales en général. La première Conférence internationale du Travail l’appela à la direction du Bureau international du Travail. Le Bureau est devenu l’œuvre de sa vie ; il lui a consacré tout son intérêt. A ce poste, il fut estimé même de ceux qui n’approuvaient pas son idéologie socialiste.