‹ Albert Thomas 1878-1932Chapitre 5 sur 37 · AUTRICHE · texte numérisé non relu

AUTRICHE

Wiener Zeitung (Discours de M. Renner, Président de la Chambre des

Députés) :

Albert Thomas a été chargé de créer et d’organiser le Bureau international du Travail, d’en faire une réalité devant les Etats : une œuvre pleine de difficultés puisqu’il s’agissait de surmonter, non seulement les différences qui divisent les économies nationales, mais encore les oppositions des classes de la société. Dans le Bureau international du Travail, Albert Thomas s’est érigé lui-même un Monumenlutn ære perennius; les classes laborieuses du monde entier prononceront le nom d’Albert Thomas toujours avec gratitude.

N eue Freie Presse (M. Schmidt) :

L’Organisation internationale du Travail a perdu un chef qui ne pourra pas être remplacé. Le monde entier a perdu un homme animé des principes les plus nobles et doué d’une volonté indomptable et d’une capacité de travail presque illimitée. L’Autriche perd en Albert Thomas un homme qui connaissait très bien ses énormes difficultés de l’aprèsguerre.

Arbeiier-Zeilung :

Thomas a fait du Bureau international de Travail une institution dont le développement dépasse de beaucoup tout ce que les fondateurs ont pu prévoir; de toutes les institutions internationales de Genève, le Bureau international du Travail est seul à mener une vie propre et pleine d’initiative, ceci malgré son organisation complexe et parfois quelque peu lourde. Les très riches connaissances et capacités d’Albert Thomas, son adresse et son amabilité, sa capacité de travail qui ne connaissait pas de limites ont fait de lui un grand diplomate international de la cause ouvrière, une grande figure, représentative et puissante, dans le domaine de la politique internationale.

Peichspost :

Gomme Directeur du Bureau international du Travail, AlbertThomas s’est distingué par son objectivité. Animé d’un profond respect pour l’Eglise catholique, il en reconnaissait, lui socialiste, l’action sociale. Dans une déclaration qui a suscité un grand intérêt, il a fait l’éloge des lettres épiscopales dans lesquelles les évêques allemands et autrichiens ont fait connaître leur position quant aux problèmes sociaux. Thomas a également, à plus d’une occasion, manifesté l’estime qu’il avait pour les syndicats chrétiens.

Die Industrie :

Avec Albert Thomas disparaît une personnalité dotée d’énergies très rares et d’une puissance et d’un rayonnement exceptionnels. Qui-

conque avait l’occasion d’observer Albert Thomas lors des Conférences internationales du Travail s’est rendu compte que l’Organisation internationale du Travail c’était lui, Albert Thomas.

Der Oeslerreichische Melallarbeiler :

Thomas a dirigé depuis l’origine ce Bureau international du Travail que les diplomates avaient créé lorsqu’ils pouvaient encore être sincères à l’égard des travailleurs, lorsqu’ils devaient l’être, parce que la classe ouvrière était encore unie et forte et parce que le souvenir des sacrifices et efforts accomplis par les ouvriers était trop vivant. Et Thomas a fait quelque chose de ce Bureau international du Travail. Si l’autorité du Bureau est aujourd’hui plus grande et si elle est devenue telle malgré les antagonistes que le Bureau compte dans les milieux bourgeois, le mérite en revient à Thomas, à sa très marquante personnalité, à son activité, à sa foi dans le travail et dans la classe ouvrière.

Ce qui est particulièrement tragique dans cette mort prématurée, c’est qu’elle s’est produite à un moment où Albert Thomas abordait le plus grave des problèmes : la lutte contre le chômage. Il a conçu un plan, un grand et courageux plan de travaux publics, comprenant la construction de routes et canaux, l’électrification des campagnes, la transformation de l’attelage sur tous les réseaux européens de chemin de fer ; pour l’exécution de ce plan, il a conçu un plan de financement plus courageux encore, qui aboutissait à un emprunt international garanti par les instances centrales du monde, par la Société des Nations et son organisation économique. L’exécution de ce plan devait être discutée dans tous ses détails avec les gouvernements européens. Thomas était sur le point d’entamer ces discussions lorsque la mort l’a surpris. Le Bureau, qui a bénéficié, grâce à ce plan, d’un rehaussement de son prestige, devra y mettre un point d’honneur et réaliser cette idée de Thomas pour venir au secours des ouvriers qui souffrent par suite du chômage.

Salzburgerwacht :

Albert Thomas n’est plus. Les milliers de liens et communications établis avec les gouvernements et avec les meilleurs hommes de tous les pays ont été brusquement coupés. Le chef de la politique sociale internationale, qui avait fait le tour du monde au service d’une grande idée, a été accompagné à sa dernière demeure par un imposant cortège auquel quarante-six pays ont pris part. Ses collaborateurs, auxquels il a été lié par une amitié personnelle, savent qu’à leur grand deuil pour le chef disparu il n’y a qu’une seule consolation : continuer l’œuvre de politique sociale internationale dans l’esprit d’Albert Thomas dont le nom reste gravé dans le livre de l’Histoire.

Christlich-Soziale Arbeilerzeilung :

Comme Directeur du Bureau international du Travail, Albert Thomas s’est efforcé, en se distinguant ainsi de la majorité de ceux qui partageaient ses idées politiques, de rendre justice aux syndicats chrétiens... A l’Eglise catholique, Albert Thomas a manifesté un respect sincère. Il reconnaissait dans l’Eglise la représentante de l’idée sociale de la chrétienté. Il se rendait compte que la justice sociale possède dans l’Eglise catholique son plus fort appui. Ses rapports apportent maints témoignages de cette conviction. L’Organisation internationale du Travail a subi une perte cruelle, mais tous les hommes qui peinent ont perdu avec elle un ami sincère et un ferme appui.

Page 1