JOSE PII
Marraine !
ANTOINETTE, loi remettant un papier.
Tiens! voilà ton testament ..
JOSEPH, à part.
J’enrage!
DE B RÉ VA N S, descendant **.
.Mon cher monsieur de Celles... ne m’en veuillez pas et permettez-moi do vous dire une vérité, en passant... Vous entrez dans la vie... moi, je la continue, et vous avez grand désir de marcher dans mes souliers... Eh bien, vous avez pris le chemin qui mène aux sottises... mon jeune ami... Un homme à bonnes fortunes... un homme adoré, fêté, choyé, qui a la mémoire pleine de souvenirs et une malle pleine de lettres, cela vous tourne la tête... Regardez au fond, c’est le plus ennuyeux, le plus béte, le plus triste des métiers...' Vivre de mensonges et de ruses mesquines... tromper ici... trahir là... serrer une main loyale qui, au lieu de s’oublier dans la vôtre, tomberait sur votre joue si la vérité était connue... voilà le côté moral... Dans la pratique, n’avoir rien à soi... pas même la femme qu’on a volée... vieillir dans un perpétuel changement où nen ne change... et se réveiller un matin... avec des rides et des cheveux gris... vouloir être jeune quand même... se mettre en quête de toutes les eaux de Jouvence... faire de l’hydrothérapie et mourir enfin de rhumatisme ou de paralysie entre les bras de son valet de chambre... N’est-ce pas là une belle destinée?... Mais l’épicier du coin est moins bête que cela... Il a une femme à lui... des enfants à lui... et il se repose le dimanche!
JOSEPH
Tiens, tiens I... voilà un côté de la question auquel je n’avais pas pris garde.
ANTOINETTE
Et vous ne parlez là, monsieur, que des malheurs de
* Antoinette, Joseph, de Brévans.
** Antoinette, de Brévans, Joseph.