‹ Albrecht DürerChapitre 17 sur 34 · LA NATIVITÉ · texte numérisé non relu

LA NATIVITÉ

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40. La Sorcière, B. 67. Copie en contre-partie par Benedetto Montagna qui a mis ses initiales B. M. dans le bas à gauche.

L’un des enfants de cette pièce a été reproduit, par le maître au monogramme C. E., sur une planche contenant trois gaines datées de l’année 1516. Cette copie est curieuse en ce qu’elle nous donne l’époque approximative à laquelle Albert Durer grava cette estampe. La manière dont sont traités les terrains nous la fait classer avec les trois Génies en 1505.

De l’année 1506, qui correspond à son voyage à Venise, on ne connaît point de gravure, mais un seul tableau qui est probablement celui qu’il fit pour l’église Saint-Bartholomé : une Vierge couronnée par des anges. De l’an 1507 il n’y a qu’une estampe qui appartient à la Passion, dont nous parlerons à l’année 1512, pendant laquelle furent exécutées la plupart des pièces de cette suite.

41. La Vierge a la couronne d’étoiles. B. 31. Premier étal (au Cabinet des estampes de Paris) avant que les petits rayons de la gloire n’aient été achevés.

Deuxième état : Les petits rayons de la gloire qui, dans le premier état, s’arrêtaient à la hauteur des pieds de l’enfant Jésus, ont été continué à droite, jusqu’au rayonnement du nimbe de Notre-Seigneur, et à droite jusqu’à la chevelure de la Vierge.

Copies par Wierx, qui l’a datée de 1565, et par Willem de Haen.

42. Saint Georges a cheval. B. 54. Meyssen a fait de cette pièce une copie beaucoup plus grande, dans laquelle il a changé le casque du saint en un chapeau à plumes. Il a donné pour titre à sa planche celui ûe Portrait de Sickingen.

La coutume autrichienne d’attacher, lorsqu’une armée part en campagne, une branche de chêne au casque des fantassins, à la tête des chevaux, remonte loin, ainsi que cette estampe le prouve.

43. Jésus-Christ expirant sur la croix. B^. 24. Copie en sens inverse par Wierx.

De cette année datent encore deux des pièces de la Passion dont nous parlerons plus loin. Deux autres estampes de cette suite furent gravées en 1509 et 1510.

44. Saint Hurert. B. 57. Le Louvre possède une fort belle étude de paysage, coloriée à la gouache sur papier préparé, qui est le site reproduit par Albert Durer dans cette célèbre estampe.

Albert Dürer fit très-probablement pour l’empereur Maximilien cette planche importante dans laquelle il représenta ce prince, passionné pour la chasse, sous les traits de saint Hubert. Il est facile de reconnaître, en effet, ce monarque à son nez fort grand

et busqué. Ces présomptions se changent presque en une certitude, lorsqu’on sait que cette planche figurait dans le cabinet formé à Prague par l’empereur Rodolphe II, qui passe pour l’avoir fait dorer. Peu après la mort de ce prince en l’on transporta à Vienne les objets les plus précieux de cette collection, et en 1782, l’on vendit ceux qui étaient restés à Prague, jugés moins importants. C’est ainsi que la planche arriva de main en main en celles de M. Joseph Redtendarher de Kirchdorf qui la possédait en 1826.

Cette estampe est la plus importante de l’œuvre; Vasari, qui l’estimait fort, louait surtout le beau dessin des chiens. Les belles épreuves en sont extrêmement rares. Elle se vendit à la vente du cabinet Poggi en 1836, au prix de 841 fr.

Pendant les années 1509, 1510 et 1511, Albert Dürer produisit peu de gravures, son temps ayant été probablement presque entièrement employé à faire son estampe du Saint Hubert que nous croyons de cette époque. 11 exécuta aussi, à cette époque, un grand nombre de dessins sur bois, parmi lesquels nous signalerons sa grande et sa petite Passion, ainsi que sa Vie de la Vierge.

Désormais, Albert Dürer se servira plus habituellement que par le passé du pointillé pour rendre les demi-teintes, adoucir les ombres plus fortes, et figurer les fabriques et les arbres des lointains. 11 est maître de son burin, qu’il conduira, dorénavant, en toute liberté. Son travail a perdu toute rudesse, et n’a plus la sécheresse des estampes de 1503. Ses tailles sont nettes, brillantes, souples et variées à l’infini, pour exprimer le poli des armures, les nœuds des bois, la fourrure soyeuse des animaux, et la vie des chairs.

45. La Vierge a la Poire. B. 41. Copie en contre-partie, faite avec soin par un graveur italien très -habile qui a laissé paraître sa personnalité dans les têtes charmantes de grâce. Dans le cartouche du haut se trouve la date 1 51 3, au lieu de celle de 1 51 1 .

Hans Sebald Beham s’est inspiré de la figure de la Vierge, qu’il a peu modifiée, dans son estampe décrite par Bartsch, sous le n® 18.

46-61. La Passion de Jésus-Christ. B. 3-18. Cette suite a été copiée par le maître au monogramme, n“ 2207 I®. P. de Brulliot, accompagné de l’année 1597. Quelques personnes attribuent cette marque à Mathias Greuter. Ces estampes ont été encore reproduites parD. G. Stempelius en 1580, et en bois par Virgile Solis.

Antoine deWorms, s’inspirant de ces gravures d’Albert Dürer, fit une Passion qui peut être considérée comme originale. Elle se trouve dans un livre allemand intitulé : Die XVI Tagreysen, c’est-à-dire les Seize journées. Il existe encore, de cette suite, des copies italiennes, dites Copies à la tablette blanche, parce qu’elles ne renferment ni nom ni millésime. Elles sont, mais à tort, attribuées à Marc-Antoine.

Marcus Kartarus reproduisit le n" 16 de Bartsch; Aldegrever emprunta, mais en la modifiant beaucoup, la composition d’Albert Durer décrite dans le peintre graveur sous le n° 13; et enfin Nicolas Alaert, voulant représenter un homme de douleur assis, prit, dans la première pièce de cette suite, la tête et le torse du Christ.

A la vente Norsy, Paris 1 860, figuraient deux superbes émaux de Limoges, hauts de 23 centimètres sur 19 de largeur. Ces belles plaques, décrites par M. de Laborde dans son ouvrage sur les émaux, page 152, étaient à peinture coloriée et à paillons, rehaussées d’or et d’émaux transparents, imitant des pierreries. Elles portaient la signature de Johan P. Enicault. L’une qui représentait la flagellation du Christ, B. 8, fut vendue 3,420 francs; l’autre qui offrait le couronnement d’épines, B. n“ 9, atteignit le prix de 2,610 francs.

Mariette déclare cette suite l’un des plus beaux ouvrages d’Albert Durer. Ce peintre semble l’avoir beaucoup affectionnée. Il l’offrait aux grands seigneurs dont il attendait quelques grâces. Elle fut commencée en 1507 et finie seulement en 1512.

62. La face de Jésos-Christ. B. 25. Copies en sens inverse par Wierx et par le maître au monogramme F. A. D. 1625. Fecü Cracoviœ ætatis suce 66.

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