La Vierge assise, embrassant l’enfant Jésus. B
64. La grande Fortune. B. 77. Les très -belles épreuves se reconnaissent aux barbes dont est chargé le trait échappé, qui, partant du pont, tombe verticalement sur les eaux. On les reconnaît encore aux points qui se trouvent au-dessus des nuages, dans le haut, à gauche. Ces points ne se voient plus dans les épreuves des derniers tirages. Cette estampe a été copiée en contre-partie par les maîtres aux monogrammes: N.D.A., S.G.A., et parWenceslas Dollar. Cette dernière copie se trouve citée dans le manuscrit de Hüsgen. Aldegrever, se parant des plumes du paon, comme maintes autres fois, prit à Albert Dürer cette figure pour représenter le génie de la mort, décrit par Bartsch sous le n» 134. Dans cette même pièce, il emprunta encore à Albert Dürer le ciel de la Mélancolie, la tête de mort du Saint Jérôme. Dans sa Fortune (n“ 143 de Bartsch), Aldegrever s’inspira aussi de la composition d’Albert Dürer, en prenant à cet artiste sa pensée, sans reproduire toutefois ses figures.
Cette estampe fut vendue, à la vente Debois (1843), 350 fr.
65. La Vierge Cheveux courts, liés avec une bandelette. B. 33. Copie à l’eau-forte, qui serait, suivant Mariette, de Dollar. Aldegrever, dans sa Vierge, décrite par Bartsch sous le n® 53, semble s’êtré inspiré de celle d’Albert Dürer. Cette pièce a encore été copiée en contre-partie par Wierx.
66. Le Branle. B. 90. Copie par Jérôme Dopfer, qui n’a reproduit ni le monogramme d’Albert Dürer, ni le millésime. Cette pièce a encore été gravée en contrepartie par Prestel, et par le maître au monogramme PM liés, 1577, et P. J. V. D., 1577.
67. Le Joueur de Cornemuse. B. 91. De cette pièce, l’une des plus finies et des meilleures au goût de Mariette, l’on connaît des copies par Wierx et par les maîtres aux monogrammes : I. D. V. E., BG liées ensemble, 1589, et Z B. Æ I. IZ., 1579.
68. La Vierge assise au pied d’une muraille. B. 40. Copie en contre-partie, parWierx.
69. Saint Jérôme dans sa cellule. B. 60. Albert Durer s’est souvent plu à représenter cet anachorète. Théodore de Bry a gravé, d’après une de ses compositions, une charmante petite estampe non décrite jusqu’à présent, qui représente ce saint occupé à écrire dans une salle curieuse par son architecture et les meubles qu’elle renferme. La pièce d’Albert Durer, l’une des plus remarquables de l’œuvre, mais seulement par le maniement de l’outil, atteignit, à la vente deFérol (1859), 610 fr.
70. Le Cheval de la Mort. B. 98. Copies fort belles par ’Wierx, 1564, et par le maître au monogramme : n“ 2,480, U® P. de Brulliot, 1559.
Quelques iconophiles ont cru voir dans cette estampe le portrait de Sickingen, motivant leur opinion par la présence de la lettre S sur la tablette. Cette lettre n’est, suivant toute probabilité, que l’abréviation du mot sculpebat^ car le visage du guerrier ne rappelle aucunement les médailles qui nous ont conservé les traits du terrible guerroyeur, si redouté des princes allemands. Un précieux dessin, dont se servit Albert Durer pour faire son estampe, prouve d’ailleurs avec évidence que ce chevalier n’est point Sickingen. Fait en 1498, quand ce héros était encore fort jeune, il représente un homme déjà âgé, monté sur un cheval au repos; ce dessin paraît avoir été fait d’après nature, et dans le haut on lit une inscription allemande de la main d’îMbert Durer, qui constate que telle était l’armure en usage à cette époque en Allemagne. Il n’y a donc nul doute que le graveur a seulement voulu symboliser, en cette pièce, ces chevaliers qui, l’àme tranquille, allaient droit devant eux sans crainte de la mort.
Cette estampe est incontestablement l’une des mieux gravées de l’œuvre, et la plus belle et la plus poétique composition de Durer, avec la Mélancolie. Elle fut vendue à la vente Van den Zande, en 1855, 500 fr., et la même épreuve, à la vente de Férol, en 1859, atteignit le prix de 760 fr.
71 . La Mélancolie. B. 74. Le catalogue de la vente Verstolk de Soelen, Amsterdam, 1851, mentionne, sans aucun détail, une épreuve avant différents travaux à la gauche de l’estampe.
Albert Dürer est le premier qui, dans l’art, ait osé exprimer le type de la science arrivée au doute, à l’incertitude, au découragement. Cette pièce merveilleuse est, avec le Chevalier de la Mort, de celles qu’on ne peut oublier, quand on les a vues une seule fois.
De toutes les estampes capitales d’Albert Dürer, elle est celle qu’on trouve le plus facilement belle; aussi croyons-nous qu’en vente publique elle n’a jamais dépassé le prix de 300 fr. atteint à la vente de Férol, 1859.
Pendant l’année 1515, Albert Dürer ne grava que deux eaux-fortes. Il mit sur bois ses dessins pour le globe céleste, qu’il fit avec l’aide de Conrad Heinvogel, pour Jean Stabius, qui le dédia au cardinal Mathieu, coadjuteur de l’évêché de Salzbourg. Tl exécuta encore l’arc triomphal de l’empereur Maximilien I", qui ne fut achevé d’être gravé qu’après la mort de ce prince, ainsi que les ornements du superbe livre de prières de cet empereur, possédé actuellement par la Bibliothèque de Munich, et dont nous avons parlé à la page 32.
72. La Vierge a la Couronne d’étoiles et au Sceptre. B. 32. Copies gravées librement par le maître au monogramme D, et par Wierx, suivant toute probabilité.
Aldegrever, séduit par la beauté de cette Vierge, s’en est inspiré dans deux de ses compositions décrites par Bartsch sous les n“® 50 et 51 . 11 ne s’est point seulement servi de cette Vierge d’Albert Durer, mais encore de celle qui est connue sous le titre de la Vierge à la couronne d’étoiles ; et, en modifiant ces deux estampes l’une par l’autre, il en a fait des gravures qui paraissent être des originaux.
73. La Vierge couronnée par deux Anges. B. 39. Dans les dernières épreuves, les tailles légères qui dessinent, au-dessus de la barrière, à gauche, les montagnes du lointain offrent des solutions de continuité, et même ont fini par disparaître complètement.
Copies en contre-partie par J. Binck, Ouerrat, Mathias Greuter, 1596, et Wierx. Il en existe encore une fort belle répétition anonyme facile à reconnaître de l’original en ce que le monogramme y est gravé, incliné à droite.
74. Saint Jérôme. B. 62. L’auréole lumineuse qui couvre entièrement le fond de ses rayons nous a fait rapprocher cette pièce de la précédente. Sa rareté extrême, son travail et sa composition nous portent à croire que la planche a été niellée pour servir, suivant la coutume de cette époque, de médaille religieuse, que les seigneurs attachaient aux bords relevés de leurs chapeaux.
Cette pièce extrêmement rare, que Mariette n’a pas connue, se trouvait à la vente Verstolk de Soelen, Amsterdam, 1851. Elle y fut vendue 68 florins.
75. Crucifix. B. 23 a. Copie allemande, dans le même sens que l’original.
Cette copie est d’une telle beauté, que pour bien des amateurs très-experts, elle passe pour être la pièce originale. Elle peut se reconnaître au trait transversal de la lettre N, écrite à rebours, qui, tout en dépassant la ligne horizontale de la tablette, ne touche cependant pas au trait vertical du côté gauche de la lettre N.
b. Copie encore extrêmement fidèle. Le trait transversal de la lettre N s’étend jusqu’à la ligne horizontale de la tablette, et rejoint régulièrement le trait vertical du côté gauche de la lettre N.
c. Copie moins exacte que les précédentes, mais encore trompeuse. Le trait arrondi qui encadre la composition, irrégulier dans l’original et les deux premières copies, est parfaitement régulier dans celle-ci.
Cetle pièce a encore été reproduite en sens inverse par Wolfgang Stuber, qui y a mis son monogramme composé des lettres W S liées ensemble.
La planche de cette estampe, connue sous le nom du Pommeau d’épée de Maximilien I", aurait été, suivant Will', dans le cabinet de Farchiduc Ferdinand, au château d’Ambras, près Innspruck, cabinet qui fut depuis transporté à Vienne. Mariette rapporte également avoir vu un œuvre réuni en Allemagne dans lequel se trouvait cette pièce. Au-dessus on y lisait en fort mauvais français la note suivante : « Ce crucifix « est ainsy imprimé, où saint Jean est au côté droit, on doit entendre qu’il n’a pas