Amusements numismatiques, i. TV , Tp
« été contrefichere. Quand on l’a gravé la première fois on l’a gravé en pur or, pour « mettre dans le trésor de l’empereur Maximilien, premier de ce nom, et je l’ay veu « au trésor à Inspruck, l’an iSS6. Signé : Daniel Specklé^. »
Ce témoignage, qui vient confirmer celui de Will, nous force à admettre que vraiment celte pièce rare existait au château d’Ambras, bien qu’aucun inventaire ne l’ait mentionnée et qu’elle ne figure point dans le catalogue si détaillé de cette collection, dressé par Aloys Primisser en 1819.
Quelques iconpphiles appellent aussi cette pièce : Plaque du chapeau de l’empereur Maximilien P'". Cette dénomination nous paraît plus exacte que celle qui en fait un ornement du pommeau d’épée de Maximilien P'', dont on ne l’aurait pas détachée ; dans ce cas, elle aurait certainement été décrite dans les inventaires comme en faisant partie. Nous donnons à la fin de cet article une reproduction de ce morceau célèbre.
76. La Vierge donnant le sein a l’enfant Jésus. B. 36. Aldegrever s’est inspiré de cette pièce pour faire une de ses Vierges, décrite par Bartsch sous le n° 56.
77. Le Paysan au marché. B. 89. Copies par les Maîtres I. B., 1523, et G. R. Æ, 12
78. Saint Antoine. B. 58. Cette pièce a été copiée par Donaver en 1539, et par un artiste français, Noël Garnier. Elle a également été reproduite par un graveur, qui l’a signée Joannes Louis Avemonensis.
79. Albert de Mayence, vu de face. B. 1 02 . Heller dit que cette gravure sert de frontispice à un livre allemand aussi rare que précieux et ayant pour ti tre : Voms2'e^c/^^^ und Zeigung des Hochlobivürdigen Heiligthums der Sliftskirchen der Heiligen Sanct Moritz und Marien Madgalenen zu Halle ; vol. in-4° imprimé à Halle, en Saxe, l’an 1520, et orné de 234 gravures sur bois. Suivant cet iconophiie, les premières et les plus belles épreuves seraient celles ayant au verso le titre allemand cité ci-dessus et imprimé en grandes lettres gothiques. Nous n’avons jamais eu l’occasion de voir ce livre avec le portrait; nous n’avons également jamais rencontré d’épreuves avec un texte imprimé au verso, mais il nous semble qu’il en a dû être fait un tirage avant le texte allemand.
Copie par un anonyme qui l’a gravée pour l’ouvrage : Pagus Neletici et Nudzici [Description du cercle de la Saab de l’archevêché de Magdebourg) , ouvrage de Joh.- Christophe de Dreyhaupt; Halle, 1755; in-fol. Cette copie n’a point d’inscription sur le fond.
Cranach a aussi reproduit cette estampe.
Par une erreur typographique, Bartsch a indiqué cette pièce comme ayant été gravée en 1509.
1. Daniel Specklé ou Specklin était architecte de la ville de Strasbourg, où il est mort en 1559. Il a écrit une chronique qui se conserve manuscrite dans les archives de Strasbourg. Elle est citée par Schœpflin dans son Vindiciœ typographicœ, imprimé en 1760.
80. La Vierge couronnée par un ange. B. 37. Copies par J. Binck, et par un anonyme qui l’a fort bien gravée en contre-partie, 1619.
81 . La Vierge avec l’enfant Jésus emmaillotté. B. 38. Copies en contre-partie par Wier.v, et de dimensions beaucoup moindres par J. Binck.
Mariette loue fort cette pièce pour le dessin et l’ajustement des draperies. Il l’estime l’une des plus finies et des mieux entendues d’Albert Durer.
82. Saint Christophe. B. 52. Copie dePrestel avec la marque de Marc-Antoine.
Aldegrever, s’inspirant de cette pièce et de la précédente, fit en 1527 une composition décrite par Bartsch sous le n“ 61 .
83. Saint Christophe a la tête retournée. B. 51. Copie fort trompeuse faite par un anonyme; elle se reconnaît en ce que la main droite de l’enfant Jésus ne touche point, ainsi que dans l’original, au bâton de saint Christophe.
Autre copie en contre-partie, par Prestel, avec la marque imitée de Marc-Antoine, afin de tromper les amateurs peu exercés.
84. Albert de Mayence, vu de profil. B. 103. Mariette dit avoir possédé de cette pièce deux états. Suivant cet iconophile, les épreuves du premier état se reconnaîtraient au fond, qui est moins noir, et aux tailles mal reprises tout le long du profil de la tête, qui ne sont pas du môme ton que le reste du fond.
Les dernières épreuves se distinguent à un trait vertical échappé sur la joue. Sur le fond, à droite, près du collet et sur le capuchon, sont des taches d’oxydation.
Copie en contre-partie par Prestel, qui l’a signée du monogramme N. M. surmonté des lettres C. F. enlacées.
Ami sincère des arts, Albert de Mayence aimait à répéter ce verset des saintes Écritures : « Dilexi decorem domus Dei, » et il le mettait en pratique. Il se plaisait dans la société des artistes et des savants; Albert Durer traça deux fois son portrait sur le cuivre, et le dessina à la mine d’argent sur une feuille conservée au musée du Louvre^. 11 devint le champion de la papauté en Allemagne, et Léon X lui fit don d’une épée consacrée, comme défenseur du saint-siège. Cette épée ne fut reçue qu'après l’année 151 9; aussi ne figure-t-elle que dans les armoiries du .second portrait de ce prélat, où elle fut introduite en pal.
1. Ce dessin a été évidemment fait d’après nature; Albert Diirer le suivit scrupuleusement dans sa gravure. Il ne fit qu’y ajouter un bonnet sur la tê,te de l’archevêque, travailler davantage les vêtements et graver un fond avec les armes.
Albert Dürer grava encore, cette année, deux apôtres dont nous parlerons à la date de 1526.
85. WiLLiBALD PiRCKHEiMER. B. 106. Heller dit que la planche a été retouchée. Nous en avons vu des épreuves extrêmement faibles qui ne portaient aucune trace de travaux nouveaux.
De cette pièce il a été fait une admirable copie pour orner les œuvres de ce savant helléniste, éditées à Francfort en 1610. On en connaît aussi une fort belle copie avec l’adresse de Paul de la Houue.