De l’Art de terre, édition de 1580, p
3, N**® î 8 et 19 de l’œuvre en bois catalogué par Bartsch.
Florentins, virent les estanipes du peintre de Nuremberg, il n’y eut que des éloges pour ce buriniste habile qui savait assouplir et varier sa taille suivant les formes et les objets qu’il voulait rendre. Grâce aux rapports incessants qui existaient alors entre les artistes allemands et italiens, ses compositions se répandirent rapidement dans les ateliers, et il n’y eut pas un graveur, si renommé qu’il fût, qui ne voulût les étudier avec soin. A Venise, Julio Campagnola, Benedetto Montagna, Martin Rota, reproduisirent les estampes du graveur allemand, et Augustin Vénitien, alors à ses débuts, ne se contenta pas d’en copier plusieurs, mais encore, dans l’espoir d’assurer le débit d’une Vénus sortant du qu’il grava d’après Marc- Antoine, il apposa sur son estampe la marque d’Albert Durer'. A Mantoue, Jean Antoine de Bresse et Zoan Andrea; à Modène, Giovanni Battista del Porto et Nicoletto; à Bologne, Marc Antoine, le plus accompli des graveurs italiens, cherchèrent à s’approprier le travail d’Albert Durer et copièrent ses figures et surtout ses paysages.
Les peintres n’admirèrent pas moins que les graveurs les compositions du maître de Nuremberg; Giovanni Bellini et Mantegna lui témoignèrent une grande estime ^ et si quelques artistes d’un ordre inférieur cherchèrent d’abord à diminuer son renom , en louant son talent comme graveur et en décriant ses qualités comme peintre, ils furent obligés de reconnaître son mérite après l’exposition de son tableau pour le Fondaco dei Tedeschi ^ Giovanni Bellini lui-même, dans une célèbre bacchanale, qu’il exécuta en 151A pour le palais du duc Alphonse de Ferrare, s’efforça d’imiter le style de la belle peinture qu’ Albert Dürer avait faite pour l’église San-Bartolommeo L Quant au Pontorme, non-seulement il emprunta au peintre allemand ses paysages, mais il se servit aussi de plusieurs de ses figures dans la Passion qu’il peignit chez les Chartreux, certain qu’il était, dit Vasari, de plaire à la plupart des artistes florentins, qui, unanimement, avaient applaudi aux productions d’Albert. « Il n’est point à blâmer, ajoute encore cet historien, pour avoir « imité Dürer dans ses inventions, ce que beaucoup de peintres ont (( fait et font encore ; mais il est à blâmer pour avoir mis dans ses drape-
1. Le travail rude de cette pièce se rapproche trop de celui de la copie que fit Augustin Vénitien du Vieux berger d’après Julio Campagnola, et qu’il a signée, pour nous permettre de douter de notre attribution. Cette Vénus de Marc-Antoine est celle qui porte, dans l’œuvre de ce maître décrit par Bartsch, le n° 297.