‹ Album canadien [microforme]Chapitre 22 sur 25 · REGRETS—SOUVENIRS · texte numérisé non relu

REGRETS—SOUVENIRS

Aux glorieux jours du Canada primitif, 16 gibier abondaïit, dans les forets, sur Les hattures, les grôves, les cours d'eau—jusque dans le voisinage des villes, Panthores du nord—ours—élansloups— cariboux—loups-cerviers—renards-vachesmarines: voilà pour les amateurs de grosses pièces: pout les DuChaitlu et les Jules Gérard de l'époque, Test lait mention dans le dernier voyage de Jacques Cartier de la férocité des panthères=—crosses comme des lionnes—dans le voisinage d'Hochelaga : dont deux se seraient pendant la nuit, introduites jusque dans l'une des chaloupes de la Ville de Bordeaur--et aurait enlevé le Lieutenant St Pierre qui commandait cette chaloupe, avec un compagnon-et cela malgré les coups de mousquets que Jacques Cartier etses compagnons tirèrent.

Les grèves de Beauport, done, que d'hécatombes de canards, a dû y immoler en 163% le Nemrod de l'endroit, le seigneur Robert Caffard, de sa cache, sur les bords du ruisseau de l'Ours, à la Ganardière !

Le brave gouverneur de la Nouvelle France, concessionnaire on 1646, des Iles aux Grues etaux Oies, ? Chs. Huault de Mont

Saint-Hubert. La chapelle était parée comme aux grands jours ; des fleurs étaient répandues sur les dalles ; des fleurs jonchaien£ le chenil, composé, comme on sait, d'une aile entière de la seconde cour circulaire du château.

Le plus vieux gentilhomme, monté sur le plus vieux cheval, suivi du plus vieux chien, accompagné du plus vieux piqueur, ouvrait la marche des chiens se rendant à la messe, Ce jour-li, le peigne, la brosse et l'éponge donnaient au poil tout le lustre de l'étiquette ; les queues et les oreilles adoptaient la forme la plus grave, Les remontrances ct l'eau de savon venaient à bout des plus rebelles.

introduits par ordre de race, au centre de l4 chapelle, on les rangeait de front, d'après l’âge ou le mérite, devant le tableau de Saint Hubert exposé sur le maitreautel. L'aumônier du château commencais ensuite le sacritice de la messe et rien n'était omis dans la liturgie spéciale ; puisil montait en chaire et prononçait le panygérique du patron des chasseurs et des chiens, Malheur au pointeur qui eût baillé à l’exorde ! Malhieur au lévrier qui eût dormi sur ses pattes au second point !

Cette cérémonie, qui à très réellement existé pendant de longues années, avait pour but d’éloigner des chiens—-la gale, 1e flux du sang, les vers, le mal d'oreille, les erevasses, les morsures des serpents, les piqu'res dés plantes vénèneuses, les blessures de sanglier et surtout la rage.”

L Manuscript découvert dans la Bibliothèque Poyale de Pruxelles en 1653 par M. Vigier M. Vigier.

2 L'Isle-aux-Coudres eb l'Isle-aux-Oies méritent d'étre nommées en passant, La première est souvent remplie d'élans qui s'y rencontrent ; la seconde est peuplée en son temps d’une multitude d'oies, de canards, d'outardes, dont l'ile, qui est plate et chargée d'herbe comme une prairie, en parait toute couverte. Les lieux circonvoisins retentissent incessamiment des cris de ces oiseaux.”

(Relations des Jésuites, Je Père P. Lejeune,

Il y a deux Isles-aux-Oies ; la premitre se nomme la petite, l’autre, la grande Isle-aux-Oies. Les dunes Religieuses de l'Hôtel-Dieu acquirent cette dernière en 1711 du sieur Paul Dupuy, vieillard septuagénaire, qui y avait élevé une nombreuse famille, après avoir quitté le régiment de Carignan où il était officier-—Le nom de Ste. Marie qu'elles lui donnèrent, n'est pas resté, ({istoire de V'Hôtel- Dieu.)

Le 8 juillet 1714, la mère Juchereau, huit religieuses et l’aumônier, le Révd, M. Thibault, avee la permission de l'évéque, allèvent en barque de Québec, visiter

108 VOŒUX D'UN CHASSEUR.

magny, pense-t-on qu'il ne s'en tenait qu'aux canards etanx bernaches, épargnant les vols d'outardes—oies sauvages et mêôme Îles cygnes qui en aout et en septembre fréquentaient la Dune ou les battures ! Ces mâles figures de nos temps héroîques, les Longueuil Les Lauson—les Lambert-Closse—les Rouville-—les Maisonneuve —les LaSalle—les de Beaujeu—explorateurs ou colons traçant le sillon, le fusil en bandoulière ; ou cotoyant, bien armés, la voie publique d'alors, c'est-à dire, le sentier de la forêt, en quête de découvertes--n'étaient-ils pas, bons chasseurs aussi bien que bons soldats! chasseurs pour subsister—guerriers pour se défendre— ou par goût, où par instinct—parcequ'ils avaient du sang fran- «ais dans les veines ; mais pardon, ombres vénérées de nos pères— si un sybarite chasseur des villes ose profaner vos immnortelles mémoires en les évoquant.

Enumérer tous les endroits de chasse dans notre pays encore si uibovoux, malgré les colossales tueries du passé—ce serait une tâche plus qu'herculéenne.

Les deux rives du St. Laurent, depuis l'entrée du golfe aux chutes de Niagara—sept à huit cents lieues à parcourir : voiläune partie, un terrain de chasse, à satisfaire le plus ardent veneur. Comme Jacques Cartiex aux Iles aux Oiseaux en 1534—vous y trouveriez du gibier pour frèter un trois-mâts ; vous en pourriez faire des salaisons au besoin.

Les tributaires de l'Outaouais,—la Longue Pointe sur le lac Eric —les marais du lac St. Clair—la baie de Burlington—à l'ouest ; la Pointe aux Pères—la battures aux Loups-marins—la Dune à l'Ile aux Grues—les battures de Mille-Vaches,—les Isles de Sorel— les battures de Kamouraska—la batture aux alouettes: voilà des localités qui en septembre, peuvent comparer avee ce que le vieux

la nouvelle acquisition ; le voyage prit huit jours ; on revint éncerveillé des beautés, de la fécondité de l'endroit, Entre autres objets qui les frappa, ‘c'est un gros rocher qui de tout temps a été nommé l'Hôpital, parce qu'aussitôt que les chasseurs ont blessé une outarde où quelqu'autre oiseau, il s'envole sur ce rocher comme à un asile où il trouve du soulagement ; ils ont là effectivement de petites commodités, où l'on croirait que l’art a plus de part que la nature. On y voit quantité de bassins de toutes grandeurs, creusés dans le Roc : l'eau de la marée s’y conserve, le soleil l'échauffe, et ces petites bêtes s’y baignent à leur plaisir. Quand elles veulent peu d’eau, elles choisissent un petit bassin ; quand elles en souhaitent davantage, elles vont à un plus grand. Elles se couchent sur ces pierres chaudes : il y a aussi de la mousse où elles peuvent se rafraichir, Nous y trouvâmes plusieurs outardes malades ou blessées ; elles nous reconnurent apparemment pour des Hospitalières, car nous ne leur fimes point de peur. Nous montâmes jusqu'au haut de cet hôpital d’où l'on découvre une grande mer.” Les marins me sauront gré de leur avoir donné l’origine du nom du fameux rocher de l'Hôpital, lequel, sans doute, va devenir, grâce à la riante description de la mère Juchereau, uu lieu de pélérinago pour les chasseurs qui désirent se mettre en état de grâce.

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nionde a de plus giboyeux. ! Quant aux parages de la baie d'Hudson—les lacs du Nord à l'intérieur—les rives de l'Océan glacial et les iles du bas du fleuve, où couve le gibier, l'on sait que l’abondance en était telle que les premiers explorateurs l'ont consignée dans leurs relations, —que nombre de goëlettes des Etats-Unis y viennent encore chaque année en mai et juin, en enlever des charges entières d'œufs. Heureusement, que notre Législature a su réprimer ces attentats contre l'espèce ailée. La protection du gibier, après avoir été longtemps méconnue, a enfin obtenu parmi nous, droit de cité ; nos lois de chasse fout l'admiration et l'envie de nos voisins, qui fondent depuis quelques années, des Clubs pour la protection du gibier et passent des ordonnances de chasse à notre exemple.

L M. George Barnston, de la Compagnie de la Baie d'Hudson lisait en 1861, en

présence de la Société d'Histoire Naturelle de Montréal, un Hémoire sur le gibier qui fréquente le nord du continent dont nous extrayons ce qui suit :

‘“Itis very difficult, to form anything like an accurate idea of the various species of gcese that have just been passed in review, viz: the Canada grey goose, the lesser grey goose, the Brant goose, and the white fronted goose. Of the quantity shot at particular points where they become an article of provisions, we may arrive at a wide but still a better estimate, Seventeen to twenty thousand geese are sometimes killed by the Albany Indians in the autumn or fall of the year, and ten thousand or more in the spring, making a total for these coast

COTE À Ce) CAO) ACL CR D 30,000 Not speaking so certainly of other natives, I! would place the Moose In-

dians as killing at all seasons. 1... 10,000 RUDOr t'a UIVEL MAUIVEB 0545532 co prenne soeannetrebde dress dennada ces trnrssonrgeheiienrs 8,000 Eastmain and to the north, including Esquimaux................,..,.,. 6,000 The Severn Coast I connot compute as sien TOR TNA rare centres 10,000 The York Factory and Churchill Indians, with Esquimaux beyond, must

THAPOBAN ON ER Tartine sen etre ete te rando etre 10,000

Making a total of geese killed on the coast, of

As many geese must die wounded, and others are got hold of by the foxes and wolverines, we may safely allow the total loss to the flocks while running the tiery gauntlet as equivalent to 80,000. I was at one time inclined to believe that two-thirds of this number was, or might be, the proportion for autumm hunt, but it is probably nearer three-fourths, and we have thus 60,000 in round numbers brought down from the newly-fledged flocks, as they pass southward along the bay. 1 have lately been informed by an old and experienced hunter, that he believes that for every goose that is killed, above twenty must leave the bay without scaith, as although there is sometimes destruction dire among some lots that feed in quarters frequented by hunters, yet innumerable families of them alight on remote and quiet feeding grounds, remain unmolested, and take wing when the cold sets in, with their numbers intact. 1 must allow the correctness of this remark, and the deduction to be drawn from it is, that 1,200,000 geese leave their breeding grounds by the Hudson’s Bay line of march for the genial south. Of the the numbers to the westward along the artic coast, that wend their way to their winter quarters straight across the continent, we can form but a very vague opinion, but computing it at two-thirds or more of the quantity supposed to leave the eastern part ofthe arctic coast, we cannot have less than two millions of geese, composing the numerous battalions which pass over the continent between the Atlantic and the Rocky Mountains, borne aloft generally like the scud, and as swiftly hastened on, by the force of the boreal blast.

‘ L'ought to observe that the Brant gecse, Berniclu Brenta, are not included in the above estimate, They are pretty numerous on the Atlantic coast, but are quite neglected by the Indians in general of Hudson’s Bay.”

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