‹ Album canadien [microforme]Chapitre 4 sur 25 · DU CAP ROUGE A DESCHAMBAULT · texte numérisé non relu

DU CAP ROUGE A DESCHAMBAULT

St. Augustin, la patrie des Garneau.—Le Fort Jacques-Cartier.—La descente de Murray et Stobo à Deschambault en 1759.—La ‘ belle amazone aventureuse ” qui n'était pas une Susanne.—Les Dames de Québec, faites prisonnières —Geo. Allsopp, le secrétaire de Sir Guy Carleton.—‘ Pendez-vous de dépit, pauvres

antiquaires.” —L'auteur de Charles Guérin.—Longueuil.—de Ste, Hélène.—Juchereau Duchesnay.

Pour les hommes de chiffres, il fût un temps où le Cap Rouge, avec ses quais spacieux, ses radeaux de bois quarré, ses moulins à farine, ses vastes jetées encombrées de planches,—avait un attrait tout particulier ; à coup sûr, il a perdu de son prestige depuis que le Cap Rouge Pier’ and Dock Company y a restreint le cercle de ses affaires, mais l'amant de la belle nature trouvera toujours un plaisir nouveau à contempler d'en bas la cime sourcilleuse du vieux cap où l’on voit suspendue, au milieu des chènes séculaires, la villa de M. Forsyth, comme une aire d'aigle.

L'on aime autant à suivre de l’œil le cours sinueux de cette belle rivière du Cap Rouge, qui se perd dans les profondeurs vers le nord, qu'à observer les ondulations du sol vers l'ouest, parsemé tour à tour de frais bocages, de vertes prairies, ou de champs aux moissons jaunissantes.

Bientôt l’on tombe dans la jolie paroisse de St. Augustin. Les chemins macadamisés, au moyen des souscriptions personnelles des habitants, offrent un exemple de progrès bien digne de l’imitation des paroisses adjacentes; on reconnaît dans cette amélioration l'esprit de progrès du membre pour Portneuf, le Dr. Praxède Larue, aidé de la puissante initiative du curé de St. Augustin, le Révd. Messire Millet.Je ne puis concevoir comment les habitants desparoisses voisines, qui ne macadamisent pas leurs voies publiques, peuvent se servir, sans remords, du grand chemin de St. Augustin. St, Augustin est la paroisse natale de l'épouse et des ancêtres d’un de nos premiers hommes de lettre, François-Xavier Garneau, l’illustre historien du Canada, qui voyait le jour à Québec pour la première fois, le 15 juin 1809. C'était des hauteurs boisées de St. Augustin, que son bisaïeul Louis Garneau, contemplait la lutte héroïque de Vauclain, le commandant de l'Atalante, en 1760, comme il le répétait souvent : ‘ Mon vieil aïeul, courbé par l’âge, assis sur la galerie de sa longue maison blanche, perchée au sommet de la butte qui domine la vieille église de St. Augustin, nous montrait de sa main

tremblante, le théâtre du combat naval de l’Atalante avec plusieurs vaisseaux anglais, combat dont il avait été témoin dans son enfance. Il aimait à raconter comment plusieurs de ses oncles avaient péri dans des luttes héroïques de cette époque, et à nous rappeler le nom des lieux où s'étaient livrés une partie des glorieux combats restés dans ses souvenirs.” !

C’est encore vis-à-vis St. Augustin qu'avait lieu, le 22 Juin 1857, le désastre du vapeur Montréal, où périrent par l’eau et ie feu 200 passagers, la plupart des émigrés Irlandais, y compris le géolier de Québec, M. J. McLaren.

Six milles plus haut que St. Augustin, commence la paroisse de la Pointe aux Trembles. Lieu d'arrêt pour les envahisseurs Bostonnais en 1775, que Montgomery, après avoir reçu la capitulation de Montréal, conduisait à Québec, pour opérer leur jonction avec la soldatesque avide et effrénée qui avait, sous les ordres du colonel Benedict Arnold, pénétré par le Kennébec et la Beauce, Pointe aux Trembles, a fourni sa part d'incidents marquants parmi les événements du passé. Ouvrons la relation du siége de Québec en 1759, par Jean Claude Panet, notaire. ‘ Le 21 juillet (1759) le capitaine Stobbs (Stobo ?) servait de guide à 1200 grenadiers écossais et montagnards conduits par Wolfe en personne: ils venaient s'emparer d’un nombre de dames de Québec, réfugiées là pendant le siége. La descente se fit vers le moulin et l’église de :la Pointe aux Trembles, dans la nuit, sans être aperçus.

Le 21 à trois heures et demie du matin, les douze cents hommes ont monté à la Pointe-aux-Trembles. Ils ont reçu une fusillade d'environ 40 sauvages, où ils ont perdu six ou sept hommes et autant de blessés. Ils ontenvironné les maisons autour de l’église, et ont fait trois hommes prisonniers, dont le Sieur La Casse, qui avait quitté la compagnie de réserve, sous prétexte d’un mal de jambes, était du nombre. Il a été pris en chemin dans un bled... avec le Sieur L’ainé et le Sieur Fréchet, ‘ Les anglais emmenèrent environ treize femmes de la ville réfugiées au dit lieu, dont mesdames Duchesnay, De Charney, sa mère, sa sœur, Mlle Couillard, la famille Joly, Mailhot, Magnan, étaient du nombre. Ils les ont traitées avec toute la politesse possible. Le général Wolfe était à la tête, et Le Sieur Stobbs (Major Robert Stobo) du nombre qui a fait bien des compliments. Ce qu'il y a de plus triste, c’est que les anglais ne leur avaient fait aucun tort, et que les sauvages ont pillé les maisons et presque tous les biens de ces pauvres réfugiées.” ?

1 Biographie de F. X. Garneau, par l'abbé R. Casgrain. 2 Journal du siège de Québec par Jean Claude Panet, page 13.

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“ Le pauvre Michaud a reçu un coup de balle dans la joue. Les anglais ont laissé la majeure partie des autres femmes et surtout celles enceintes.”

Wolfe, comme un galant homme, libéra toutes ces belles captives à l’Anse des Mères, le lendemain à trois heures de relevée, et elles furent reconduites avec beaucoup de politesse. ‘ Chaque officier, dit la relation, avait donné un nom aux belles prisonnières qu'il avait faites. Les anglais avaient promis de ne point canonner, ni bombarder jusqu’à neuf heures du soir pour donner aux dames le temps de se retirer où elles jugeraient à propos.”

Puis, le vieux notaire décrit comment fut incendiée l’église paroissiale de Québec, et les maisons ‘ depuis M. Duplessis jusque chez M. Imbert,” comme qui dirait les maisons depuis Behan Brothers jusqu’au bureau du Mercury, rue la Fabrique, —sans excepter la sienne située rue St. Joseph.

Cotoyons le grand chemin tantôt aux pieds des côtes, tantôt sur les hauteurs, —une modeste maison de pension nous fournira le goûter près de l’église des Ecureuils, et hâtons nous d'atteindre le cap sublime qui domine le ravin où s’élance en grondant la rivière Jacques-Cartier. Cette rapide et pittoresque rivière s’est creusé un lit profond dans le roc ; rien de plus singulier à voir que son cours impétueux vers le pont Rouge, et où dort dans ses tranquilles étangs ces beaux saumons à écailles d'argent, que MM. Boswell et Kerr protégent avec une sollicitude quasi maternelle,

I] fut un temps où la capture à la mouche de ces superbes rois des fleuves, nous eût causé des accès délirants de plaisir ; aujourd'hui, la muse de l’histoire aura toutes nos complaisances ; nous venons voyez vous, de franchir le pont Jacques-Cartier à l’'embouchure de la rivière, où notre ami le Dr. Jas. A. Sewell a ses moulins, ses usines et sa charmante résidence, le tout acquis des héritiers Allsopp, jadis seigneurs de ces lieux.

Gravissons le coteau qui mène aux hauteurs où se dressait ce mémorable fort Jacques Cartier, et où l’armée française en retraite au nombre d'au moins 10,000 y inclus les milices, passa la douloureuse nuit du 14 septembre 1759. A nos pieds, à quelques arpents de la rive l’on voit la Roche Jacques-Cartier où Baqueville de la Potherie faisait naufrage en 1698. A peine du fort reste-t il pierre sur pierre ; cependant la configuration des lieux répond exactement au plan du fort que l’on voit à la page 174 des Mémoires sur les affaires du Canada depuis 1749 à 1760,—publiés, en 1838, sous la direction de la Société littéraire et historique de Québec.

C'est là que Lévis rejoignit l’armée française en descendant de

Montréal, le 15 septembre ; c’est lui qui fit fortifier le fort et y laissa pour commander M. Dumas, avant de s’en retourner à Mont réal. ‘ Jacques-Cartier était un fort irrégulier, bâti sur le bord de la rivière du même nom, à son embouchure dans le fleuve St. Laurent, à l'endroit où l’on passe cette rivière pour aller de Québec à Montréal. Ce poste fut le dépôt de tous les préparatifs du siége de Québec (en 1760), et le rendez-vous des partis que l’on envoyait dans le gouvernement de Québec. Sa garnison était considérable et commandée par un brave homme (M. Dumas); il y avait quelques postes en avant—comme à la Pointe-aux-Trembles et autres paroisses.” ? Pendant l'hiver de 1759-60, ” nous disent ces Mémoi: res, ‘‘ l'on fit passer en traines, à Jacques-Cartier, tout ce que l’on put de vivres et de munitions de guerre, et l'Intendant fit des achats considérables de marchandises de toutes espèces : les négociants de Montréal furent obligés de livrer ce qu'ils avaient; et le sieur de Villiers, contrôleur de la marine, les taxait..…......On forma deux compagnies de cavalerie à qui on donna un habillement complet, et comme on n'avait point de bayonnettes à donner à la milice, on prit les couteaux de boucherie qu'on trouva, qu'onffit emmancher de façon à entrer dans le canon du fusil; enfin, tout fut en mouvement.” Que de préparatifs pour ce qui devait se terminer par ce que les Mémoires appellent “ la folie de Lévis.”—A près le départ de l’armée, en mai 1760, pour Montréal, ‘ les vaisseaux anglais pillèrent tout ce qui se trouva à Sillery ; et les habitants des environs firent d'abondantes provisions de pelles, de pioches et d’autres effets.”

Le fort Jacques-Cartier a dû couvrir trois ou quatre arpents en superficie On distingue encore très-bien les embrâsures où étaient braqués les canons—le grand chemin actuel divise en deux le site où se trouvait le fort. Probablement que le 14 septembre 1759, l’armée française bivouaquait autour, car il devait être impossible d'y faire entrer tant de monde.

M. Geo. Allsopp, jeune fermier, le propriétaire actuel du terrain, nous donna permission d'examiner ce lieu si historique. C'était pendant la fenaison, et avouons que le descendant du haut et puissant seigneur, Geo. Allsopp, le magnifique secrétaire du gouverneur Sir Guy Carleton, nous sembla beaucoup plus préoc cupé d’engranger son foin et ses récoltes, — peut-être avait.il raison,—que des faits et gestes de l’armée française à Jacques- Cartier en septembre 1759.

1 Mémoires sur les affaires du Canada depuis 1749 à 1760—1, page 174; p. 177 p. 186.

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Le chevalier Johnstone, qui avait servi pendant tout le siêge, avait une idée fort exaltée de la stabilité du Fort Jacques-Cartier, comme point d'appui, si l’on en juge par les paroles qu’il met dans la bouche de Montcalm dans le Dralogque des morts entre Wolfe et Montcalm. “ Si vos troupes, (les troupes anglaises) ” dit-il, ‘“ se fussent rendus à Jacques-Cartier, le 18 août 1759, trois lieues seulement de Deschambault, elles y eussent découvert un poste, fort par la nature, à l’égal du passage des Thermopiles, si célèbre parmi les Grecs et que vous auriez pu défendre, comme vous étiez maîtres du fleuve, par une poignée d'hommes aussi peu nombreux, que celle que Léonidas opposait à ses nombreux ennemis. Mais votre corps d'armée stationné à Deschambault, à l'aspect de ma cavalerie, qui ne se composait que de deux cents canadiens à cheval et non disciplinés commandés par le chevalier de la Roche-Beaucourt coururent à leurs canots et s'embarquèrent avec beaucoup de désordre et de confusion, comme si toute l’armée eut été à leurs trousses.

“La rivière Jacques-Cartier, qui a emprunté son nom, de celui qui, le premier découvrit le St. Laurent et qui après la perte de son raisseau, hiverna en Canada parmi les Indiens, est un ravin immense, avec un courant d’eau rapide, hérissé et persemé de grosses roches, lequel courant d’eau se dirige entre les deux hauteurs, dont les cimes sont à une distance d'à peu près deux cents brasses l’une de l’autre : les côlés sont des glacis, du haut desquels l'œil plonge jusqu'au bas, une hauteur de quatre à cinq cents pieds ; l’aspect de ce précipice fait frissonner d'horreur. Le côté qui fait face au St. Laurent est un roc perpendiculaire et inaccessible et les terres vers le nord sont impraticables, à cause des lacs, des étangs et des marais où l'on s'enfonce fatalement à chaque pas jusqu'au col. Il doit être impossible d'en faire le tour puisque les Indiens et les Canadiens n'ont jamais découvert un sentier à travers les bois. De sorte que l’on ne saurait pénétrer à ce fort, excepté en débarquant à Deschambault, d'où le terrain s'élève par une pente graduelle et insensible jusqu'à Jacques-Cartier, si vous M. Wolfe, vous fussiez emparé de ce fort extraordinaire, vous auriez coupé ma communication avec Montréal, d'où chaque jour me venaient les vivres pour l’armée ; en ce cas, je n'aurais eu d'autre alternative que de laisser mon armée mourir de faim ou de rendre la colonie. Comme notre mission, en venant d'Europe, était non de détruire les canadiens, mais au contraire, de les protéger

et de les défendre, j’eusse été forcé de capituler pour le Canada aux conditions les plus favorables que j'eusse pu obtenir. J'espère vous avoir démontré clairement, que si vous eussiez eu une con-

naissance du local, vous eussiez pu conquérir glorieusement le Canada, sans verser une goutte de sang.” !

J'ai appris du jeune M. Allsopp que M. Quetton St. George et quelques autres personnes résidentes à Jacques-Cartier, possédaient divers gobelets en argent, trouvés sur le plateau près du fleuve, et quant aux papiers de famille de M. Allsopp, ils auraient été très précieux pour les antiquaires, à en juger par la Relation Manuscripte du siège de 1%99,que M. Chs. Aylwin,du Cap Santé a eu l’obligeance de nous communiquer, laquelle relation a été trouvée parmi les papiers de la famille Allsopp. M. Geo. Allsopp père occupant une position élevée dans la colonie, prit part aux affaires publiques peu après la conquête ; il est à regretter que ces papiers n'existent plus—un crocheteur de Québec les ayant acquis en 1863, à deux centins la livre pour les convertir en papier. Pendez-vous de dépit, pauvres antiquaires! !

En laissant le fort, le chemin cotoie les hauteurs jusqu’à l’église du Cap Santé, placée au bas de la côte—les voyageurs, sont sûrs de trouver dans M. Chs. Aylwin, l'époux de dame veuve Allsopp, co-seigneuresse des seigneuries Jacques Cartier et d'Auteuil, un agréable cicerone, et un amant des vieilles traditions nationales.

Continuez votre trajet, et vous franchirez bientôt le pont de la jolie jeune paroisse de Portneuf desservie par un savant laborieux, l'abbé Provancher, l'auteur de la Flore Canadienne— du Verger Canadien, etc.,—puis après une course de quelques milles, votre œil embrassera les flèches luisantes de la grande église de Descham. bault, qui couronne le vieux Cap Lauzon, où probablement Murray, conduit par le major Stobo, débarquait le 18 août 1759, 2000 hommes. dit Johnstone pour brûler la maison de M. Perrot.

Voyons ce que dit la relation de M. Jean Claude Panet :

‘18 août, 1759. Les anglais firent une descente à Deschambault à la maison de M. Perrot, capitaine du lieu. Cette maison servait de retraite à la belle amazône aventurière. C'est madame Cadet, femme du Sieur Joseph Ruffio” Si nous avons bien lu les mémoires du temps, la ‘belle amazône aventurière ” de 1759, quel que fut son mérite d’ailleurs, ne brillait pas par la vertu théologale qui distingua la chaste Suzanne.

Continuons de citer la relation. ‘ Cette maison était riche par le dépôt que plusieurs officiers avaient fait de leurs malles, lesquelles, ainsi que la maison, ne furent point sauvées. Lors-

1 Dans une intéressante petite feuille, “ publiée naguère par les Séminaristes de Québec, L'Abeille,” qui n’a, hélas ! vécu que ce que vivent les roses, il y a des détails sur le Fort Jacques-Cartier que je donnerai sous forme d'appendice.

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que se faisait cette belle opération, quinze canadiens à la tête desquels se trouvaient le Sieur de Belcour, major de la cavalerie, se présentèrent hardiment. Les Anglais crurent sans doute que c'était un avant garde et se rembarquèrent, ce qui encouragea ce petit parti qui venait au secours, composé d'environ 300 hommes du Cap Santé. Les Anglais étaient près de 800; ils perdirent vingtdeux hommes sans compter les blessés. Nous n'avons eu qu’un canadien de blessé légèrement. Ilest à observer que M. de Mont: calm parut après cette noble expédition.

‘“ Les Anglais traversèrent avec leurs berges à Ste. Croix, et rasèrent la terre pour ne point se laisser aller au courant. M. Cournoyer, officier de la colonie, qui avait 75 hommes avec lui, posta son monde en embuscade, et leur ordonna de tirer sur la première berge, ce qu'ils firent. Ils les passèrent ainsi en revue, et ils en tuèrent environ 200 sans coup férir, puisqu'iss ne voyaient pas ceux qui tiraient sur eux.

“19 août.—Les Anglais ont recommencé à canonner la ville et à mettre le feu dans les côtes de St. Antoine et de Ste. Croix.”

Que d’autres incidents des temps passés, les annales de Deschambault, de Lorette, de Ste. Foye, ne nous fourniraient-elles pas, mais hâtons-nous de revenir à l'antique cité de Ghamplain, touten regrettant de ne pouvoir aller méditer sur le tombeau de cette pauvre Caroline, La Fleur des bois, assassinée tragiquement, si l'on en croit M. Amédée Papineau, au château de l’intendant Bigot, à Charlesbourg. Puis viennent les hauteurs de Beauport, illustrées par l’effusion du plus pur sang de la France et du Canada, en 1690 et plus tard en 1759. Empruntons, pour récapituler ces scènes glorieuses du passé les paroles éloquentes de l’auteur de Chs. Guérin:

“ L'histoire est partout, autour de vous, audessous de vous, du fond de cette vallée, du haut de ces montagnes, elle surgit, elle s’élance et vous crie : me voici :

“# Là bas, dans les méandres capricieux de la rivière St. Charles- (le Cahir coubat de Jacques-Cartier) est l'endroit même où il vint planter la croix et conférer avec les seigneurs Donacona. Ici tout près d'ici, sous un orme séculaire que nous avons eu la douleur de voir abattre, la tradition veut que Champlain soit venu planter sa tente. C’est de l'endroit même où nous sommes, que M. de Frontenac donna à l'amiral Phipps, par la bouche de ses canons, cette fière réponse que l’histoire n’oubliera jamais. Sous nos remparts, s'étendent les plaines, où tombèrent Wolfe et Montcalm, où le chevalier de Lévis remporta, l'année suivante, l’immortelle victoire que les citoyens de Québec ont voulu rappeler par un monument. Devant nous, sur la côte Beauport, les souvenirs de batail-

les non mains historiques, nous rappellent les noms de Longueuil, de Ste. Hélène et de Juchereau Duchesnay. Tà-bas, an pied de ce!le tour, sur laquelle flotte le drapeau britannique, Montgomery et ses soldats tombèrent balayés par la mitraille d'un seul canon qu'avait pointé un artilleur canadien. De l’autre côté, sous cerocher qui surplombe et sur lequel sont perchés, comme des oiseaux de proie, Les canons de la vieille Angleterre, l’intrépide Dambourges, du haut d'une échelle, le sabre à la main, chassa des maisons où ils s'étaient établis, Arnold et ses troupes. L'histoire est donc partout autour de nous ; elle se lève de ces remparts historiques, de ces plaines illustres et elle vous dit: me voici! ” J,. M. LEMoixe.

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One:

APPENDICE, Erc.

(Ectrait de l'Abeille du 5 juillet 1850.)

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