LE SIÈGE DE TUNIS PAR CHARLES-QUINT
camp: 0" le fourragement ; 7° la prise de la Goulette; 8° la bataille des puits de Tunis; 9" la prise de Tunis; 10" le sac de Tunis; IT les vainqueurs se rendant en rade; r2° l'embarquement.
La tapisserie du château de Montgeofîroy n'est pas une réplique d'une des pièces de la série de Madrid, mais elle en dérive directement. C'est une combinaison des scènes 7 et S : /// prise de la Goulette et la bataille des puits de Tunis.
Dans la bordure supérieure , on remarque un écusson , qui est celui de Philippe . Perrenôt de Granvelle, conseiller de Charles-Quint et cardinal, en 1561 ; d'argent à S bandes de sable, au chef cousu d'or, chargé d'une aigle éployée et issante de sable. C'est, en cflel, le cardinal de Granvelle qui fit exécuter cette tapisserie, et il s'adressa pour cela au même artiste qu'avait employé Charles- Quint. La correspondance de Granvelle contient à ce sujet quelques lignes décisives, qui fournissent le nom du tapissier, le prix de l'œuvre, et nous apprennent en même temps la date finale de l'exécution. Le 6 du mois de juin 1566, en effet, le prévôt Morillon, de Bruxelles, écrivait au cardinal :
<( Je suis seur que Pannemaker ne délivrera la tapisserie s'il n'est paié, et il at grande raison, aiant tant de temps attendu son paiement. Votre pièce de Thunes sera achevée pour la fin de ce mois, mais il faut que ordonnez à M. Viron de paier, car il n'at donné que II florins, et la pièce coûtera en tout VU'' XX florins. » La suite, commandée par Charles-Quint, avait coûté 14,952 florins.
La tapisserie de Granvelle, trop complète et trop complexe pour avoir toute la clarté désirable, est plutôt un vaste panorama, doublé d'une carte géographique, qu'une composition mettant les grandes lignes en valeur. Si la curiosité trouve son profit dans cet ensemble, touffu et surchargé, l'art eût peut-être gagné à plus de sobriété et plus de lumière.
Rapportée par le maréchal de Contades, à la suite de la guerre de Sept ans, cette tapisserie a dû être prise aux environs de Malines, dans un château appartenant au cardinal de Granvelle, qui était archevêque de cette ville. Depuis le xviif siècle, elle n'a pas quitté le château de Montgeofîroy, où une salle spéciale a été disposée pour la recevoir.