PORTRAIT DE CIIARLES-ORLAND
des velours de Gênes, sur lequel se détachent les carnations légèrement rosées du visage, aussi bien que le vêtement entièrement blanc, qui ne rappellent la même époque. Seulement à quel artiste le roi s'était -il adressé pour reproduire les traits de son fils? Nous ne saurions le dire d'une manière certaine. On a mis en avant le nom de Jean Perréal, qui, en effet, par sa position près de Charles VIII, dont il était le peintre ordinaire, eût bien pu être appelé à un tel honneur. Mais tout moyen de contrôle nous manque, et il serait aussi téméraire de contester cette attribution que d'en prendre la défense. Contentons-nous d'affirmer que l'exposition de Tours a pour la première fois placé sous les yeux du public une peinture des plus intéressantes à tous égards. Sa véritable place serait dans la salle des primitifs français que l'on s'efforce de constituer au Louvre, et nous aimons à espérer que l'on trouvera moyen de l'y faire entrer un jour.
Le petit prince mourut peu de temps après le retour de Charles VIII, et fut enterré dans la basilique Saint -Martin de Tours, où son tombeau resta jusqu'à l'époque de la Révolution. Il est aujourd'hui à la cathédrale. On en a attribué l'exécution au célèbre sculpteur Jean Juste, qui ne vint en Touraine qu'en 1508, c'est-à-dire un an après son achèvement, ainsi que nous le savons par un ancien historien. Il est plus vraisemblable d'en faire honneur, au moins pour la composition, à Michel Colombe, qui, dans le même temps, travaillait au tombeau du duc de Bretagne François II, père de la reine Anne. Cette opinion est du reste corroborée par la découverte d'un document qui nous apprend que Jérôme de Fiesole , l'un des ouvriers italiens employés par Colombe, travailla au tombeau « des enfants du roi Charles VIII ».
EXPOSITION DE TOUl^S