LE CALVAIRE
l'année 1641. Nous croyons bien plutôt à une fantaisie de l'artiste, quand on ne peut y voir, comme dans certains christs d'ivoire, une obligation résultant de la matière employée.
La croix du mauvais larron n'est pas encore complètement dressée, ce qui n'explique pas pourquoi le condamné se présente de dos. En outre que signifie , tout à côté, un mât surmonté d'une roue et d'une tête de mort? Serait-ce l'indication d'un autre supplice assez commun dans l'antiquité?
Sans doute la scène se passe à l'époque romaine, et l'artiste s'est montré très érudit dans la reproduction des enseignes et étendards propres aux légions, cohortes et manipules. Mais, cette part faite à la vérité historique, il a cru, en sa qualité d'Allemand, devoir introduire le vieux drapeau des césars d'outre-Rhin. Certains soldats également, et particulièrement celui qui tient une lance au premier rang, au besoin pourraient avoir pris part à la guerre de Trente ans.
Besserer, dans le choix de ses types, dans l'expression de ses figures, manque trop souvent de distinction, et son saint Jean, entre autres, est tout à fait vulgaire. Mais il rachète ces défauts par un habile groupement des personnages , une exécution soignée, une couleur ferme et suffisamment claire.