BARON DE RENTY, AU PETIT-BOIS
L'habitude a prévalu, malgré les protestations des spécialistes, de désigner sous le nom de langues de bœuf les armes analogues à celle que nous reproduisons. Nous lui donnerons son nom exact, qui est cinque-deaK Les épées courtes, larges de cinq doigts à la naissance de la lame, ont toujours été désignées ainsi, en Italie , jusqu'au xviif siècle. La véritable langue de bœuf est une arme toute différente.
La cinque-dea de M. de Renty est une pièce magnifique, digne de celui pour qui elle a été faite , et qui n'est autre que le célèbre François II de Gonzague , marquis de Mantoue, né en 1466, mort en 1519. On sait que ce personnage, après avoir combattu contre nous à Fornoue en 1495, reçut de Louis XII, en 1503, le commandement des troupes françaises en Italie.
La décoration comprend divers sujets. D'un côté : 1° un guerrier cueillant des fruits à un arbre , vraisemblablement Hercule cueillant des pommes dans le jardin des Hespérides , après avoir tué le dragon qui en défendait l'entrée ; 2° Hercule revêtu de la peau du lion de Némée , et tenant le bâton noueux à la main ; 3" armoiries de François II de Gonzague : d'argent à une croix pattée de gueules, cantonnée de 4 aigles de sable membrées et becquées de gueules, qui est de Mantoue; sur le tout, écartelé, aux 1 et 4 de gueules au lion d'or, aux 2 et 3 d'or à 3 fasces de sable, qui est de Lombardie-Gonzague ; 4° le soleil brillant dans le ciel, au-dessus d'un homme endormi à terre. Ce motif dérive certainement de l'une des devises des Gonzague, où un soleil et un globe figuraient avec la légende : Nec retrogradior nec devio. De l'autre côté : 1° une biche, debout, fixant le soleil, l'une de ses pattes posée sur l'extrémité d'une longue banderole, où se lit : BIDER CRAF (pour
' Cinque, cinq; dea pour dita, doigts.