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VUE DE BÉTHANIE

34. — Le COUVENT DE SainT-SabAS. — Nous avons t'ait ailleurs, une description complète de ce célèbre couvent, unique Laure qui nous soit restée du temps di s anciens Pères du Désert.

Le Couvent de Saînt-Sabas. (Deir Mar-Saba), à 4 lieues environ de Jérusalem, en descendant vers la Mer Morte «a la forme d'un grand rectangle couvert de constructions pittoresques, bizarres, enchevêtrât s les unes dans les autres, séparées par des terrasses, reliées par des escaliers et des couloirs sans nombre. Il est adossé, je devrais dire plutôt suspendu, contre la haute et vertigineuse vallée du Cédron (l). A l'angle supérieur s'élève une large tour carrée, dont les murs sont excessivement épais et qui domine tous les alentours. Dans cet observatoire, un Religieux est de garde, jour et nuit, afin de surveiller les mouvements des Bédouins de la contrée. A quelques centaines de mètres plus au nord se trouve une autre tour, servant de de logement pour les femmes, auxquelles l'entrée du couvent est sévèrement interdite. . . »

Ce couvent est habité par soixante à soixante-dix religieux, grecs schismatiques, qui y mènent toute l'année une vie très pénitente.

(1) Un jour, flans une visite à la célèbre Laure, j'ai compté, par pure curiosité, le nombre de marclies, de toute forme et de toute dimension qui mènent du fond du torrent de Cédron à la partie supérieure du monastère, et j'en ai trouvé t>ois cent quatre vingt-douze ! J'ai vu également, là, dans cette morne solitude, les oiseaux sauvages planant au-dessus des rochers, descendre et venir familièrement becqueter dans les mains des moines de Saint-Sabas !

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35. — VUE DE JÉRICHO. - - Jéricho, cet ancien .séjour royal, n'est aujourd'hui qu'un misérable groupe de cabanes à peine as-ez élevées pour s'y tenir debout, et habitées par environ 300 individus, du l'aspect le plus sauvage. Jéricho a porté longtemps le nom de Ville des Palmiers. Les palmiers ont disparu et on ne voit plus à la place que des buissons et des arbres épineux.

Le climat y e^t très doux et les eaux abondante1-". Si on utilisait ces eaux, elles feraient produire à cette terre, déjà si naturellement fertile mais presqu'entièrement inculte, les fruits les plus variés. Pour se faire une idée de la fertilité du sol, il suffira de dire qu'un pied de vigne, âgé de 42 ans, mesure près du sol sept pieds et sept pouces de circonférence: il se divise ensuite en 4 fortes branches. Cette vigne gigantesque donne jusqu'à trois mille livres de raisin par an !

On peut visiter, à Jéricho, l'emplacement de la Maison de Zachée où Notre-Seigneur reçut l'hospitalité et qui devint plus tard une église, mais dont il ne reste aucun vestige (Cîuide Indic).

Dans les environs de Jéricho, la Fontaine d'Elisée est une des plus belles sources de la Palestine.

Les environs de cette ville étaient aussi célèbres autrefois, à cause de la Rose de Jéricho, dont l'Esprit- Saint lui-même a fait l'éloge.

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