‹ Album de Terre-SainteChapitre 47 sur 50 · POISSON DU LAC DE TIBÉRIADE · texte numérisé non relu

POISSON DU LAC DE TIBÉRIADE

59. — L'ARBRE DE LA VIERGE. — A Matarieh. — C'est l'arbre ou un rejeton de l'arbre qui, d'après la pieuse Tradition, abrita, près d'Héliopolis (1), la Sainte Famille, lors de la Fuite en Egypte. Il se trouve dans le jardin, proche de la Fontaine. Nous le visitâmes le H septembre 1877 : il était alors, (comme toujours), gardé avec soin, et entouré d'un grillage en bois, très élevé, d'où pendait un gigantesque jasmin.

C'est un sycomore d'Egypte, portant des fruits: nous avons mesuré l'arbre, à sa base; il avait vingt-deihX pieds de circonférence ; cet énorme tronc se divise en deux branches, à la hauteur de deux pieds environ.

Un pèlerin qui visita l'Egypte, en 1672, parlant de la Fontaine et du jardin, dit : « On voyait autrefois, dans ce même jardin, le Sycomore qui, suivant la Tradition des Coptes, s'était fendu pour abriter miraculeusement Notre-Seigneur et sa Sainte Mère, dans leur fuite en Egypte Les Pères Cordeliers (Franciscains) qui demeurent au Caire, disputent avec les jardiniers la possession de cet arbre, disant qu'il tomba de vieillesse l'an 1056, et qu'ils en ramassèrent les dernières pièces, qu'ils conservent dans leur sacristie, où je les ai vues, comme une relique très précieuse. »

Note inédite. — M. Déléo-Bey assura à un religieux du Caire avoir vu aux Tuileries la riche cassette, renfermant de la terre du jardin et du bois de l'arbre, que le vice-roi offrit à l'Impératrice Eugénie, au voyage qu'il fit à Taris en 1867, et que cette cassetU contenait l'acte de donation, en vertu duquel Eugénie devenait propriétaire de l'abre. Qu'est devenu cet acte ? On l'ignore : le vice-roi reste propriétaire de l'arbre (1877).

(1) Matarieh. Aujourd'hui de grands et très-heureux changements se sont opérés au sanctuaire de Matarieh.

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60. — L'OBÉLISQUE DE MATARIEH. — En partant de la ville du Grand Caire, capitale de l'Egypte à 20 minutes de marche, au-delà de l'Arbre de la Vierge, dont nous avons parlé dans le numéro précédent,se trouve l'Obélisque d'Héliopolis. C'est le plus ancien de toute l'Egypte : il porte les cartouches d'Ousertasen 1er, 2e roi de la 12e dynastie (2803-2757 av. J.-C.). De la base au sommet, il mesure 20 mètres, 27 centimètres de haut (66 pieds et 5 pouces). Sa largeur, à sa base, au-dessus du piédestal est de ]. m. 84. sur les faces Nord et Sud, et 1. ni. 88. sur les faces Est et Ouest. L'inscription qu'il porte est rapportée identiquement sur les 4 faces. Nous l'avons visité le 8 septembre 1877. Deux de ces faces (Est et Ouest) étaient alors littéralement couvertes de boue par le travail opiniâtre d'uu petit insecte qu'on appelle abeille maçon neuse. Brusch a traduit ainsi l'inscription de l'Obélisque : « Le Horus, la vie de ce qui est né, le roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Chéperka-Ra, le Maître des couronnes, la vie de ce qui est né, le Fils du Soleil, Ousertasen, aimé des esprits de la ville (d'Héliopolis) vivant à toujours, l'Epervier d'or, la vie de ce qui est né, le dieu gracieux Chéperka-Ra (a érigé cet obélisque) au commencement de la fête d'une Panégyrie. Il Ta fait celui qui accorde la vie à toujours. »

Et cette aiguille, haute de 66 pieds, d'un seul morceau, en beau granit rose de Syène, est restée là seule, debout, immobile, au milieu de ruines informes et insignifiantes, depuis plus de quatre mille ans, aussi fraîche et aussi intacte que lorsque les ouvriers l'ont tirée de sa carrière !

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