‹ Album du CanadienChapitre 13 sur 25 · REMARQUES QUI ONT ESTE DEMISES AUX CHAPITRES PRECEDENS · texte numérisé non relu

REMARQUES QUI ONT ESTE DEMISES AUX CHAPITRES PRECEDENS

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Puisqu'il me reste encore vn peu de temps, ie feray ce Chapitre de diuerses choses que j'ay obmises dans les précédons, qui ne seront pas désagréables au Lecteur curieux.

Cette Fontaine dont i'ay parlé cy-deuant, qui est dans le pays des Iroquois, et dont ils se seruent comme d'huile ; quand on la remue auec vn baston, elle jette comme des flammes ; mais comme i'ay dcsia dit, elle n'est point bonne ny à brusler ny à manger, mais simplem.ent à graisser.

Cette Mine do plomb, dont j'ay parlé, qui n'est pas bien loin d'icy, rend soixante et quinze pour cent, et les Iroquois coupent de ce roclier, auec leurs haches, et en font de petits bastons quarrez qu'ils coupent de longeur, pour s'en seruir à tirer quand ils vont en guerre, lorsque les balles leur manquent.

Dans le lac Supérieur, il y a vne grande Isle, qui a enuiron cinquante lieues de tour, dans laquelle il y a vne fort belle mine de cuiure rouge ; il s'en trouue en diiiers endroits de i{ros morceaux tout rafinez.

Il y a d'autres endroits de ces quartiers là, ou il y a de pareilles mines, ainsi que j'ay appris de quatre ou cinq François, qui en sont reuenus depuis peu, qui estoient allez eu la compagnie d'vn Père lesuite, qui y estoit allé en Mission et qui y est mort. Ils y ont passe trois ans, auant que de trouuer occasion de s'en reuenir : ils m'ont dit qu'ils ont veu vn lingot de cuiure tout ratine qui est le long d'vne coste, et qui peze plus de huit cens liures, selon leur estime : ils disent que les Sauuages en passant font du feu dessus, après quoy ils coupent des morceaux auec leurs haches ; vn d'entre-eux en voulut faire de mesme, il y cassa toute sa hache : le chemin ne seroit pas mal-aisé, si nous estions les Maistres des Iroquois, et qu'on peust passer pardeuant leur grand Lac-

Ils m'ont appris de plus qu'il se trouue là de belles pierres bleues, qu'on croit estre des Turquoises.

Il se trouue aussi des pierres vertes comme des Emeraudes.

Il y a aussi des Diamans, mais ie ne scay pas s'ils sont fins : ils n'ont peu aller jusques au lieu oq ces pierres sont, les Sauuages les y voulant pas conduire sans re<:ompense, veu qu'il y auoit vn peu loin : eux se trouuans dans la nécessité n'osèrent en faire la dépense, ne s'y connoissant pas assez pour sçauoir si elles estoient bonnes ou non.

Il s'y trouue aussi des pierres rouges de deux sortes ; les vnes de rouge d'écarlate, et les autres d'vn rouge de sang de bœuf; les Sauuages s'en seruent pour faire des calumets ou pipes, pour prendre leur tabac, dont ils font bien de Testât.

Il se rencontre aussi des teintures, de toutes sortes de couleurs, dont les Sauuages se seruent ; des quelles ie ne feray pas vne grande description, pour n'auoir pas vne parfaite connaissance, sinon d'vne petite racine de bois, dont ils se seruent pour teindre en couleur de feu, qui a la couleur bien viue. Pour les autres couleurs, ils se seruent d'herbes, de pierres et de terre. Tout ce que ie peux dire,

c'est que la pluspart de leurs couleurs me semblent bieii belles et bien viues : ie leur ay veu du bleu semblable à nostre azur, et ie ne scay pas si ce n'en est point.

Dans le pays des Iroquois, scauoir aux Onontagué, il se trouue vne pierre de craye blanche, dont les HoUandois en ont esté quelquesfois quérir, et ont dit aux Sauuages que c'estoit pour blanchir leur linges.

Au lac Saint François, qui est enuiron quatorze ou quinze lieues au dessus du Mont-Royal, il se trouue vne des belles Chesnayes qui soit dans le monde, tant pour la beauté des arbres, que pour sa grandeur : elle a plus de vingt lieues de long, et l'on ne scait pas combien elle a de ïarg-e.

LITTEKATUEE.

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