‹ Album du Salon de 1840Chapitre 7 sur 24 · DE M. FÉLIX D'ARCET · texte numérisé non relu

DE M. FÉLIX D'ARCET

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Nous l'avons déjà dit, le genre portrait appartient à l'art véritable, aussi bien que toutes les plus grandes compositions possibles. La question, à cet égard, ne peut s'élever que devant l'œuvre exécutée. Si elle est belle, il y a de l'art, et on le comprendra facilement en se reportant à cette idée fondamentale, que la peinture n'est que la reproduction de la nature elle-même ; or, un portrait bien fait remplit cette condition. Mais il est inutile de s'appesantir plus longtemps sur cette matière. Pour nous, fidèles à ce principe qu'il faut estimer les belles choses là où elles se trouvent, et sous quelque aspect qu'elles se présentent, nous avons donné place clans notre Album au portrait de M. D'Arcet, par M. Guignet.

Nous avons rendu hommage aux œuvres de MM. Amaury-Duval , Hippolyte Flandrin et Auguste Charpentier; nous avons signalé leurs études approfondies et toute la perfection de leur talent, pour approcher de la nature. M. Guignet, lui aussi, a droit à nos éloges. Le portrait de M. D'Arcet le met au premier rang; il est impossible de peindre avec plus de verve et d'exactitude, de rendre la physionomie avec plus de vérité; sa pose est noble, gracieuse; elle a bien cet air que

donne l'habitude du beau monde; l'expression de la figure est spirituelle. Et puis, quel fini précieux! quelle netteté dans les traits ! quelle entente du coloris !

Lorsque je vis pour la première fois ce portrait (c'était le jour même de l'ouverture du Salon), je m'arrêtai longtemps devant pour l'examiner à mon aise. Qu'il doit être ressemblant! me disais-je; — à l'instant j'aperçus, en me retournant M. D'Arcet. C'était bien lui; il est impossible de porter plus loin. la ressemblance. J'appréciai en un moment ce premier talent de portraitiste, et j'examinai encore avec une plus grande attention; j'y remarquai beaucoup d'autres qualités.

Ce portrait est plein d'éclat, il plaît dès l'abord. On comprend ensuite l'habileté et le savoir-faire du peintre; il s'est montré sobre de coloris sans en manquer le moins du monde; tout cela est brillant, mais sage et convenable à la fois; rien de heurté dans la touche, rien de forcé dans la pose. Il y a plus que de la ressemblance vulgaire, et cela reste cependant dans les strictes limites de la vérité.

M. Jean-Baptiste Guignet, né à Autun en J812, entra, en 1827, chez M. Regnanlt pour y étudier la peinture; il n'a pu guère profiter des leçons de ce maître, M Regnanlt étant mort quelques mois après l'entrée de M. Guignet dans son atelier. M. Guignet a continué à étudier seul. 11 a fait de magnifiques portraits ; ceux de Mme Purdy et de Mme la comtesse d'Hautpoul , lui ont valu deux médailles d'or.

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