TH. GUDIN
Voici M. Gudin, par exemple, qui nous à taillé tout un océan en tableaux. Je vous avertis que c’est un voyage de long cours que nous allons faire ; nous perdrons entièrement la terre de vue.
M. Gudin aime beaucoup les soleils couchants. Nous avons un soleil qui songe à se coucher, un soleil qui commence à se coucher, un soleil qui se couche, et un soleil couché. Si faut-il dire qu'il semble que ce peintre aille tremper son pinceau dans l’astre du jour lui-même, pour trouver tous les | rayonnements, tous les reflets, toutes les étincelles dont il illumine ses toiles.
Mais il y a cette facilité dont nous parlions tout à l'heure, qui lui joue | quelquefois de mauvais tours. Sur les dix-huit tableaux (quand je vous le disais; avec la profondeur des toiles, cela fait deux cents lieues de mer),
sur les dix-huit tableaux qu'il a exposés, il y en a beaucoup qui feraient || la réputation d’un jeune peintre; mais où le grand nom de M. Gudin, écrit | sur les premières vagues, semble faire naufrage.
Voici ce que nous lisons dans le livret pour le n° 915 :
« Le marquis de Nesmond, lieutenant-général des armées navales du roi, avait armé une escadre de six vaisseaux pour aller en course. Il ren | contra trois vaisseaux anglais qui revenaient des Indes. I les attaqua avec tant de vigueur, qu'après une médiocre résistance, la partie n'étant pas
égale , ils ne purent éviter de tomber entre ses mains. Ils étaient tous trois chargés de marchaudises pour plus de six millions. » À