CHAPITRE III
Villes et Campagnes
en France, en Angleterre
et en Flandre
au XlV^t au XV« siècle.
Paysans au XIV* siècle, d'après une miniature du manuscrit français n" 9106 de la Bibliothèque nationale renfermant la traduction do la Politique d'Aristote, par Nicolas Oresme.
Sceau des charpen- Sceau des meuniers
tiers de Bruges. de Bruges.
Sceau de la ville de "Vienne en Dauphiné appcndu à une charte de 1343 (-Archives nationales).
Sceau du tabellionage de la ville de Toul (xv« siècle) conservé aux Archives nationales.
Sceau des scieurs Sceau des bateliers Sceau des potiers
de Bruges. de Bruges. d'ètain de Bruges.
Les sceaux de ces corporations de Bruges sont conservés aux Archives de celte ville; ils sont appendus à une pièce do l'an 1336 (Lacroix).
Bannière des èpingleurs et aiguilleurs
de Douai (Lacroix).
Bannière des bourreliers do Paris (Lacroix).
Bannière des cordonniers do Douai (Lacroix).
rVLRUM HISTOBIQUK. — II.
Bannière des cloutiers
de l'aris (Lacroix).
Bannière des couvreurs de Tours (Lacroix).
Costumes de bourgeois anglais, flamands et français.
Cuisinier anglais au xiv« siècle. Matelot anglais au xiv siècle.
Pardonner anglais ou distributeur d'indulgences au xiv" siècle.
Riche veuve anglaise au
xiv siècle.
Bourgeois anglais
au XIV» siècle.
Meunier anglais au xiv siècle.
Marchand anglais au xiv" siècle.
Ces personnages sont reproduits d'après un manuscrit du xiv" siècle, renfermant l'œuvre principale du poète anglais Chauccr,
les Contes de Canterhury.
Bourgeois flamand de
la seconde moitié du xv" siècle, restitué parViollet-Le- Duc, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale; il porte le chapeau et la courte tunique dite rochet.
Bourgeois anglais de la fin du XIV" siècle, d'après une pierre tombale de l'église de King's Sombourne,dans le comté de liants (Haines).
La milice parisienne au xiv siècle, d'après une miniature du manuscrit français de la Bibliothèque nationale n» 2813 (Grandes Chroniques de Saint- Denis); ces gens de guerre parisiens sont reconnaissables sur la peinture du manuscrit au chapel de fer de couleur mi-partie rouge et bleue qu'ils ont sur la tète.
Bourgeois anglais
de la fin du xv siècle, d'après une pierre tombale do Little Wittenham, dans le comté do Berk (Haines).
Chef de la milice de la ville de Paris au xiv° siècle; d'après la restitution du Musée d'artillerie à Paris. Il porte par-dessus son vêtement de guerre une cotte d'armes bizarrement tailladée.
VILLES ET CAMPAGNES AU XI\« ET AU XV SIÈCLE
La population
des villes.
Sceau de Valenciennes appondu à un acte de 137 4(Archives nationales).
Les magistrats municipaux de Paris au ^'*~' *^ La population misérable des villes au
XIV" siècle, d'après une miniature du manuscrit iVan- Sceau de Bureau de Dampmar- XV' siècle, d'après une miniature du manuscrit
(,-aisn°2813delaBibliothèque nationale;elle représente tin, changeur et bourgeois de Paris, français n» 2609 de la Bibliothèque nationale repré-
le prévôt des marchands et les échevins de Paris offrant appenduà un acte do UOO (Archives sentant un personnage ecclésiastique faisant l'auraône
des présents à l'empereur d'Allemagne, Charles IV. nationales). à des mendiants.
OOîiitcVauô^
Bourgeois au XV' siècle.
d'après une sculpture d'une cheminée conservée au Musée de Cluny.
Marchands au xiV siècle, d'après une miniature du manuscrit français n» 9106 de la Bibliothèque nationale.
Bourgeoise au XV siècle, d'après une sculpture d'une cheminée conservée au Musée de Cluny.
Bourgeois et paysans au XIV" et au XV" siècle. — La condition des roturiers en Fiance et en Ang^leterre a subi au xiv" et au xv" siècle de nombreuses vicissitudes. Les bourgeois des villes s'enrichissent par le commerce et l'industrie ; mais les guerres civiles ou étrangères les exposent à de terribles revers de fortune. Le xiv^ siècle débute pour les paysans par une période de remarquable prospérité ; mais, dès le milieu de ce siècle, les ravages de la peste ou ceux des gens de guerre amènent la désolation dans les campagnes ; et c'est seulement à la fin du xv" siècle que la réorganisation du pouvoir royal en France et en Angleterre mit un terme aux incroyables souffrances des vilains pendant cette période.
Les villes. — L'aspect des villes se modifie légèrement au xiv" et au xv" siècle. Presque toutes se sont entourées de murailles; les maisons que dans les contrées du Nord on construit dès lors de préférence en pans de bois deviennent plus élevées qu'aux siècles précédents ; leurs toits par endroits se touchent presque. Le service de la voirie paraît moins bien fait qu'aux siècles précédents; dans les cités flamandes, les échevins ont grand'peine à obtenir l'enlèvement des immondices et à empêcher l'invasion des rues par les porcs^ qui en font leur lieu de pacage.
La population des villes. — La population des grandes villes comprend d'abord une populace de vagabonds, de mendiants et de voleurs.
Les villes au XIV^ et au XV^ siècle.
Les approches d'une ville ; d'après une miniature d'un manuscrit de la bibliothèque de Glasgow; on y voit le gibet, la roue et la claie sur laquelle on traînait tes corps des suppliciés (Wright).
Arbres portant des pendus, d'après une miniature d'un manuscrit de la bibliothèque de Glasgow (Wright).
Au-dessus de ces misérables se place la classe des artisans, changeurs, orfèvres, drapiers, pelletiers, merciers, épiciers, qui bornent alors leur trafic à la vente du sucre et des épices proprement dites, fabricants de meubles ou huchiers, poissonniers, bouchers, tisserands,fripeurs, tanneurs, cordonniers, dont l'industrie consiste dans la fabrication d'objets en cuir de Cordoue, taverniers en nombre extrêmement considérable.
Une autre classe est formée par les fonctionnaires royaux ou municipaux, « scribes de tout ordre, procureurs, courtiers, mesureurs, porteurs jurés, sergents, etc. » Enfin l'aristocratie bourgeoise est constituée par les riches marchands.
IJne rue à Ho i ne-Inférieure). La petite ville d'Hon-
fleur avec ses rues ouoiuîs bordées de maisons en pans de bois datant de la fin du xV siècle ou du xvi' siècle, avec son curieux clocher élevé à la fin du xv siècle, est une des cités normandes qui paraît avoir le mieux conservé l'aspect des villes françaises au moyen âge (d'après une photographio).
Maison de boucher du JCV siècle, à
Shrewsbury, dans le comté de Shrop, en Angleterre (Turner).
les magistrats et les fonctionnaires royaux.
Les riches bourgeois.
— Le travail enrichit et élève les bourgeois. Les conditions matérielles et l'organisation de l'industrie et du commerce ne se modifient pas beaucoup au XI v" et au xv* siècle ; mais, malgré les guerres, l'une et l'autre se sont
Une ville française au Xrv« siècle, fragment d'une miniature représentant le duc de Bourbon, Louis IL rendant hommage au roi Charles V (du Sommorard).
développées. La passion effrénée du luxe qui s'empare de toutes les classes dès la première moitié du xiv" siècle , augmente le trafic des bourgeois qui acquièrent d'énormes fortunes.
L'un des plus riches bourgeois parisiens de la fin du xiv" siècle, Guillaume Sanguin, anobli par Charles VI, possède plus d'une douzaine de domaines dans les environs de Paris ; il jouit encore de nombreuses rentes sur des maisons de la ville ; il a dans ses coffres quantités
VILLES ET CAMPAGNES AU XI V^ ET AU XV SIÈCLE
Les villes au XI V^ et au XV^ siècle.
Maisons en bois de la fin du xv" siècle ou du commencement du xvi* siècte, sur la place dos Marchés, à Reims.
Maison du XV' siècle, à Ypres (Schaijes).
d'espèces monnayées dont il prête de grosses sommes au duc de Bourgog-ne . Ces changeurs et ces drapiers sont assez riches pour rivaliser de luxe avec les nobles.
Ils s'habillent magnifiquement ; « un varie t coutui'ier et la femme d'un homme de bas état, s'écrie avec indignation Alain Chartier, osent porter l'habit dont un vaillant chevalier et une noble dame soûlaient êti-e en cour de prince tenus très bien parés. » Ils habitent de somptueuses demeures ; Guillebert de Metz nous a donné de curieuses descriptions des splendides hôtels que possédaient à Paris Jacques Duché, Guillaume Sanguin, Mile Baillet, qui avait en outre hors de Paris trois « si grands hôtels... que un grand prince s'y logeait bien ». Aux fêtes de famille, ils étalent sur d'élégants dressoirs vaisselle d'argent et vaisselle d'or. Leurs femmes vont par les rues en chars « cou-
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Porte de Layer-Mamey, dans le comté d'Essex (Angleterre), datant de la tin du xv" siècle (Turner).
verts de diaps de camocas » et attelés de quatre chevaux . Ils parviennent aux plus hautes situations. Au xiv" siècle, deux des chanceliers de France sous Charles V, Guillaume de Dormans et Pierre d'Orgemont, sont d'origine bourgeoise ; au xv" siècle, Richard de Bellay « très riche diapier » devient l'un des présidents de la chambre des Comptes et Maîtres des requêtes. Ces hauts personnages s'honorent par le goût qu'ils portent aux arts et aux lettres: l'église Saint-Jacques-la-Boucherie, le charnier des Innocents furent construits aux frais des habitants de cette paroisse, « la paroisse bourgeoise par excellence. »
Les villes flamandes. — C'est en Flandre que la richesse et la puissance des bourgeois atteignirent leur apogée. On y comptait plus de quarante cités ayant en moyenne 20000 habitants,
Les métiers au XIV^ et au XV^ siècle.
Boutique au XV" siècle restituée par VioUet-Le-Duc d'aprôs Intérieur d'une halle au XV siècle, d'après uno miniature d'un manu-
différentes façades do maisons existant encore aujourd'hui en scrit conservé à la bibliothèque do Rouen ; on y voit représentées la boutique Bretagne, d'un orfèvre, celle d'un drapier, et celle d'un cordonnier (I,acroix).
Repasseurs au XIV" siècle, d'après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne à Oxford (Turner).
et quelques-unes, comme Gand el Bruges, en renfermaient quatre ou cinq fois autant. A la ditîérence des autres villes dont les monuments les plus remarquables étaient les édifices religieux ou militaires, ici les monuments civils retenaient surtout l'attention. Au-dessus des rues étroites, soigneusement pavées, se dressaient les hauts beffrois ; sur les larges places s'étalaient de vastes halles ; les riches bourgeois habitaient « de véritables hôtels... qui ressemblaient à des châteaux forts, entourés de fossés et de murailles » . La vie se concentrait sur les places voisines des grandes églises et des édifices com-
Vaisseau de commerce au XV« siècle,
portant les armes de Jacques Cœur; d'après un vitrail de la maison de Jacques Cœur, à Bourges.
Forgerons au XI'V' siècle, d'après un manuscrit do la bibliothèque Bodléienne à Oxford (Turner).
munaux; « là se ramassaient les échoppes, ouvertes à des industries de tout genre; là se tenaient les marchés et les foires.
Aux environs s'élevaient généralement la boucherie, la halle au pain, le local des changeurs, la maison des marchands étrangers ; puis venaient les caves, les voûtes sous lesquelles s'entassaient les produits divers. » (Vanderkindere). Les tisserands, qui constituaient la majorité des ouvriers, vivaient dans les faubourgs, habitant de pauvres demeures , semblables à celle où le comte de Flandre poursuivi par les Gantois, se réfugia, « pauvre maisonnette
VILLES ET CAMPAGNES AU XIV^ ET AU XV SIÈCLE
Les Flandres au XIV^ et au XV^ siècle.
Porte -étendard de la corporation des tondeurs de drap de Gand, au xiV siècle, d'après une peinture d'une chapelle à Gand (do Vigne).
enfumée , aussi noire que la fumée do tourbe, composée d'une seule chambre et d'un petit grenier, auquel on montait par une échelle de sept échelons ».
L'industrie elle commerce. — En Flandre on menai t j oyeuse vie ; EuslacheDeschamps.
s'éloignant de Bruxelles, dit un reconnaissant adieu à ce pays de « toute liesse », de « tout délice »
où l'on trouve « belles chambres, vins du Rhin, mous lits », « plu-
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Beffroi et halle de Bruges, construits au xiii' et au xiv siècle (d'après une photographie).
La maison du Franc, à Bruges, construite au xiV siècle (d'après une photographie).
vicrs, chapons, faisans », « compagnie douce et courtoises gens ». Tout contribuait en effet à y produire la richesse ; à Gand , l'industrie des draps; dans la ville d'Ypres, celle des toiles ; à
dre Teutonique, les banques « maisons, à la fois hôtelier des Espagnols, Italiens, Por Français.
Trompette de la corporation des tondeurs de drap de Gand, au XIV" siècle, d'après une peinture d'une chapelle à Gand (de Vigne).
Liège , l'extrac tion de la houille ; à Dinant, la fabrication des objets de cuivre ; dans le Hainautet lelong de la vallée de la Meuse , l'exploi tation des carrières de marbre et des pierres de construction; sur les côtes, la pêche du hareng; à Bruges, le commerce le plus actif de l'Europe occidentale ; cent vingt familles de marchands hanséaliques y avaient leur séjour ; on y trouvait encore les agences commerciales de Tordes Lombards, les ies et entrepôts »
tugais, Anglais et
Sceau dos menuisiers de Bruges.
Membres de la confrérie de Saint- Membres de la confrérie de Saint-
; .Georges, à Gand, au xiv" siècle. Sébastien à Gand, au xiv siècle.
D'après des peintures d"unc chapelle do Gand (de Vigne).
Sceau des barbiers de Bruges
Sceau dos charrons Sceau des gantiers Sceau des bouchers Sceau dos chapeliers Sceau des charcutiers
de Bruges. de Bruges. de Bruges. de Bruges. de Bruges.
Tous les sceaux de métiers représentés sur cette page sont appondus à unepiùce de l'an 1356, conservée aux Archives do Bruges (Lacroix).
Femme ourdissant de la laine, d'après le livre des Métiers des Tisserands (dj Vigne).
Prospérité des Flandres.
— Aussi, quelle richesse I quelle plantureuse existence! Il faut entendre le témoignage des contemporains. Les bourgeoises de Gand, de Lille, de Bruges, sont « les femmes du monde le mieux habillées ». « Il n'y a pas de drap trop fin pour la femme d'un bourgeois. » —
Tisserands d'Ypres; d'après le livre dos .Métiers des Tisserands. Ce type de métier est resté en usage jusqu'à l'invention du métier Jacquart, au début do notre siècle (do Vigne).
Envoi et transport des ballots de laine, d'après une miniature d'un manuscrit du xiv siècle, le livre des Métiers des Tisserands, conservé à Ypres (de Vigne).
VILLES ET CAMPAGNES AU XIV" ET AU XV« SIÈCLE
Commerce et Industrie au XIV« et au XV^ siècle.
Une mine d'argent au XV siècle; préparation des boisages pour la construclion des galeries.
L'extraction du métal.
La foire du Lendit au XIV° siècle, d'après une miniature du manuscrit latin n» 962 à la Bibliothèque nationale, représentant la bénédiction de la foire par l'abbé de Saint-Denis.
Expédition du métal.
« Viandes bouillies, rôties, pâtés, -tartes, flans, malvoisie, bière, vin, gingembre, épiées fines, on ne songe qu'à la mangeaille, on n'en a jamais assez. » — « En ce pays, il meurt plus de gens de trop manger et boire que par les maux de la faim. » — « Que fait-on le dimanche? dit un autre; on va à la taverne, on boit tant qu'on en perd la mémoire; on passe le temps à jouer. Les femmes courent à la danse, elles vident ensemble quelques pintes et finissent par se quereller... et au bout de la journée, elles ont dépensé tout le gain de la semaine ». Mais au milieu de ces grosses joies, les choses de l'esprit sont négligées; un historien de cette contrée a justement remarqué que ces pays flamands « qui formaient en Europe comme un oasis de richesse, n'avaient pu cependant installer chez eux une de ces grandes universités qui faisaient la gloire de la France, de l'Italie et de l'Angleterre... ». Hâtons-nous d'ajouter que ces contrées devaient donner à l'Europe au siècle suivant, de délicats artistes comme les Van Eyck, Quentin Matsys ou Memling, et, au xvi® siècle, le plus
Album historique. — II.
La fonte du métal.
L'examen du métal.
Ces représentations de l'exploitation d'une inino d'argent sont ciselées sur des plaques d'argent faisant partie d'un collier de la corporation des orfèvres de Gand, fabriqué au xv^ siècle (de Vigne).
fin des penseurs de la Renaissance, Érasme. Les campagnes françaises au début du XIV"' siècle. — La vie n'avait pas été moins heureuse pour les paysans français au début du xiv" siècle. Nos campagnes connurent alors une remarquable période de prospérité. Les vilains, affranchis pour la plupart, ont des fermes bien munies de bétail; les salaires sont élevés. Si leurs maisons ne sont encore que des cabanes aux murs « de terre, d'argile, de torchis », couvertes en chaume, éclairées seulement par la porte, en revanche, l'on rencontre dans les inventaires que nos archives conservent du mobiher de quelques riches paysans la mention de hanaps, de gobelets, de cuillers d'argent. Ils
Les paysans au XI V^ et au XV^ siècle.
Vigneron français
au XV' siècle.
Paysan français au xv" siècle.
Faucheur français
au XV" siècle.
Laboureur français au xv" siècle.
collectionneur
Ces types de paysans sont reproduits d'après les peintures de -la collection de Gaignières, célèbre recueil formé au xvii» siècle par le de ce nom et conservé aujourd'hui au département des Estampes, à la nibliolhèque nationale.
Paysanne anglaise au XV" Paysanne française au XV siècle siècle, d'après un manuscrit. (Gaignicres).
Paysanne française au XV" siècle (Gaignières).
Paysan français au XV" siècle
(Gaignières).
Moulin à vent au XV" siècle ; d'après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne à Oxford (Turner).
Paysannes anglaises au XIV ■= siècle, d'après le psautier de Sir Geort'roi Loulrell (Vetusta Monumenta).
Moulin â eau au XV" siècle ; d'après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne à Oxford (Turner).
VILLES ET CAMPAGNES AU XIV« ET AU XV SIÈCLE
Travaux des champs au XlVe et au XVe siècle.
Le Labourage au XIV« siècle ; d'après Moulin à eau au XIV' siècle : d'après une miniature Paysanne filant la laine au XIV' siô-
une miniature du manuscrit français n" 9kiC du manuscrit français n" 2oU2 de la Bibliothèque natio- cle, son enfant auprès délie, d'après une de la Bibliothèque nationale. nale, représentant le grand pont de Paris au xiv» siècle. miniature du manuscrit français n" 9106.
Un parc à moutons en Angleterre au XI'V" siècle; d'après une iiiiiiiatiire du psautier de Sir Geoffroi Loutrell (Vetusta Monumenta).
Entrée d'un village français au X'V° siècle;
d'après une miniature d'un manuscrit français n» 2645 de la Bibliothèque nationale. Ce petit paysage, d'un caractère si curieusement moderne, a été scrupuleusement copié sur l'original.
Une écurie au X'V' siècle, d'après le manuscrit dos Miracles de Notre- Dame, œuvro de Miélot, conservé à Londres.
portent la chemise ; ils ont dos surcots fourrés; ils imilonl les modes de la ville.
Dans l'alimentation, le pain blanc figure à côté do la bouillie et du pain de seigle, la viande de bœuf et de mouton, la volaille, à côté de la viande de porc. Plus d'une de nos contrées présentait l'aspect de la riche Normandie, où, selon Froissart, les Anglais trouvèrent en 1396 le pays « gras et plantureux de toutes choses, les granges pleines de blé, les maisons de toutes richesses ».
Misères des campagnes au XIV" et au XV' siècle. — A partir de l'ouverture de la lutte entre la France et l'Angleterre, la vie devint terrible pour les paysans; ils eurent à souffrir d'abord la peste noire, puis les ravages des
La rentrée des foins en Angleterre au XIV' siècle; d'après une miniature du psautier de !Sir UeoHVoi Loutrell (Vetusta Monumenta).
gens de guerre. Pour fuir le pillage, le meurtre, l'incendie, les paysans se réfugient dans les églises qu'ils fortifient, ou « vont passer la nuit loin de leurs chaumières avec leurs familles et leurs troupeaux dans les îles du fleuve ou dans les bateaux amarrés au milieu de son cours ». Les travaux des champs sont abandonnés ; la famine s'ajoute aux autres misères. En 1425, les vivres dans la Brie étaient « à si grande chèreté que le menu peuple y mourait de faim et se partaient lors par famine d'icelui pays et allaient à l'aventure ». Ces maux frappèrent à leur tour les
Travaux des champs au XI Ve et au XV© siècle.
La culture de la vigne au XV" siècle d après uno miniature d un manuscrit Le Labourage et le jardinage au xiv" siècle;
conservé à la bibliothèque do l Arsenal, à Pans (Louandre)
d'après uno miniature des Grandes heures du duc Jean de Berry, appartenant au duc d'Aumale (de Champeaux).
Le battage et le vannage des grains au XV« siècle. Le labourage ciiu iioii-uac au XV° siècle; plantation d'arbres.
D'après un manuscrit conservé à la bibliothèque de l'Arsenal, à Paris (Louandre).
paysans anglais, lors des insurrections de la fin du xiv" siècle ou des troubles du siècle suivant; ils connurent les violences de ces bandes de g-enlilshommes larrons qui, au temps de Richard II, « chevauchent en plusieurs parties d'Angleterre. . . meurtrissant et tuant les gens pour leurs femmes et biens avoir; » plus d'un, comme le laboureur
du poème de Langland, n'eut plus ni « lard salé, ni viande cuite à couper en tranches ». Certes pour l'une et l'autre contrée, il n'y eut point une continuité absolue de souffrances ; mais cependant ce ne fut qu'à la fin du xv" siècle que les campagnes retrouvèrent un peu de calme et de prospérité.
Bassinet du xiv« sii-cle.
Défense d'une ville auXV siècle ; porte de Saint-Michel, à Guérande (Loire- Inférieure); c'est la mieux conservée des quatre portes de l'enceinte construite par Jean de Montfort en 1431 (d'après une photographie).