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CHAPITRE V

L'Allemagne au XIV et au XV° siècle

Sceau de Charles IV, empereur d'Allemagne (1347-1378); à droite sont figurées les armes de Bohême ; à gauche, celles de l'Empire (Jâger).

Revers du sceau de l'empereur Charles IV avec une représentation conventionnelle de Rome et une légende latine dont le sens est :

Rome, capitale du monde, tient les rênes du globe (Jâger).

Costume impérial à la fin du xv" siècle, d'après le tombeau exécuté en 1470 de l'empereur Louis de Bavière (1314-1347) dans la cathédrale de Munich (Hefner-Alteneck).

L'Allemagne au XIV* et au XV^ siècle. — L'histoire de l'Allemagne au xiv" et au

xv" siècle offre un curieux spectacle. Les

empereurs sont impuissants à maintenir

l'ordre: parmi les princes, chacun travaille

pour soi; les campagnes sont constamment

ravagées par la guerre. Néanmoins l'industrie et le commerce se développent

dans les villes; les campagnes malgré les

maux qu'elles ont à souffrir, participent à ce

mouvement, et une remarquable prospérité,

attestée par tous les étrangers qui visitèrent l'Allemagne au xv* siècle, se répand dans toute la contrée.

Les empereurs. — Malgré la faiblesse du pouvoir dont ils étaient investis et quelquefois malgré

leur pauvreté, les princes des différentes familles qui occupèrent le trône impérial au xiv* et au

xv" siècle, voulurent maintenir le prestige des cérémonies officielles, comme pour dissimuler à leurs

Frédéric m, empereur d'Allemagne (1440- 1493), d'après son tombeau conservé dans la cathédrale de Saint-Étienne à Vienne, œuvre de Nicolas Lerch, de Leyde (Lund).

Impératrice Éléonore, femme de Frédéric III, d'après son tombeau, conservé dans l'abbaye de Neukloster, àWienerneustadt (Autriche), œuvre de Nicolas Lerch, de Leydo (Lund).

Les empereurs allemands au XI V^ et au XV^ siècle.

Monnaie de Henri VI,

empereur d'Allemagne (1308-1314), conservée au Cabinet des médailles.

' Sceau d'Adolphe de Nassau,

empereur d'Allemagne de 1291 à 1298 (Jager).

Monnaie de Bâle,

sous Albert II d'Autriche (1298-1308), conservée au Cabinet des médailles.

Statnefunèraire d'Henri VII, empereur d'Allemagne (1303-1314), conservée dans la cathédrale de Pise (Hefner-Alteneck).

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Monument funéraire de Rodolphe de Habsbourg, empereur d'Allemagne (1273-1291), conservé dans la cathédrale de Spire (Jâger).

Sceau d'Albert n d'Autriche, empereur d'Allemagne de 1298 à 1308 fJager).

Election de l'empereur d'Allemagne, Henri VU (1308). Ces sept personnages sont les sept électeurs, ranges dans l'ordre suivant de gauche à droite: l'archevêque Henri de Cologne, l'archevêque Pierre do Mayence, l'archevêque Beaudouin de Trêves, le comte palatin Rodolphe, l'électeur de Saxe-Rodolphe, l'électeur de Brandebourg, Waldemar, et l'électeur roi de Bohème, Henri, élu lui-même empereur sous le nom d'Henri 'VU (Henné am Rhyn).

Sceau de Maximilien I", empereur d'Allemagne(1493-l 51 9) , conservé aux Archives nationales

Élection d'Henri VII (21 novembre 1308) dans l'église des Dominicains à Francfort. Les électeurs, conformément à la vieille coutume allemande, élèvent le nouvel empereur sur le trône, et le montrent au clergé et au peuple (Henné am Rhyn).

Couronnement d'Henri "Vil (6 janvier 1309) dans l'égli.se d'Aixla-Chapelle. L'archevêque Henri de Cologne place la couronne sur la tète du prince agenouillé devant lui ; la couronne de l'impératrice agenouillée derrière l'empereur est encore sur l'autel (Henné araRhyn).

Ces trois miniatures proviennent du récit de l'expédition d'Henri VII en Italie (1310-1313), manuscrit orné de pointures que fit composer le frère de ce prince, l'archevêque Beaudouin de Trêves, au milieu du xiv siècle. Ce manuscrit est aujourd'hui conservé aux archives de Coblentz.

sujets rinsuffisance de leur autorité. Le cérémonial observé au couronnement resta le même

à cette époque qu'au xiii" siècle; la Bulle d'or en 1356 le fixa dans ses plus petits détails.

L'ALLEMAGNE AU X1V« ET AU XV« SIÈCLE

Les empereurs allemands au XI V« et au XV« siècle.

Ck)rtëge d'un empereur allemand

au xv' siècle; d'après uue miniature représentant Tempereur Sigismond faisant son entrée à Constance en 141 + il tient à la main la Rose d'or (Prutz).

Couronnement de l'empereur Louis de Bavière (1314) et de sa femme, à Saint-Pierre de Rome par l'évéque d'Arezzo, Guido Tarlati di Pierramale ; bas-relief du tombeau de cet évêque dans la cathédrale d'Arezzo (d'après une photographie^

Suite du cortège de l'empereur Sigismond entrant à Constance en 1414. Ces miniatures sont empruntées à la chronique d'Ulrich de Richenthal, écrite vers 1417, conservée aujourd'hui à la Bibliothèque municipale de Constance (Prutz).

L'empereur Henri Vn, d'après une miniature du manuscrit de Beaudouin de Trêves

Cérémonie de l'investiture, d'après une miniature représentant l'empereur Frédéric III conférant le margraviat de Brandebourg à Frédéric de Hohenzollern, burgrave de Nuremberg; derrière l'empereur sont trois des électeurs tenant chacun un des insignes du pouvoir impérial (Chronique d'Ulrich de Richenthal).

Le repas solennel de l'empereur ainûs ,sr,u courûniienieiit, d'après une miniature d'un manuscrit de la Bulle d'or, conservé à la bibliothèque do Vienne, représentant l'empereur Charles IV servi par l'électeur palatin, assisté de membres du clergé (.lager).

Le prince continua de se montrer aux réunions des diètes revêtu des ornements impériaux, et respectueusement les grands dignitaires de l'empire restaient debout auprès de lui, tenant les insignes que les devoirs de leurs charges mettaient entre leurs mains. Ces représentations coûteuses achevaient de ruiner les empereurs; l'un d'entre eux, Robert, qui mourut en 1410, soucieux de sa réputation d'honnête homme, fut réduit à ordonner par

Prince allemand du xiv siècle d'après un manuscrit allemand (Hefner-Alteneck).

Suite de 1 investiture du margraviat de Brandebourg à Frédéric de Hohenzollern, burgrave de Nuremberg. Le nouveau margrave agenouillé tient dans ses mains l'étendard du Brandebourg orné de l'aigle rouge. Au-dessous, un groupe de cavaliers faisant, suivant l'usage, le tour de l'estrade impériale an galop.

Les seigneurs

allemands au XIV^ et au XV^ siècle.

Came noble au xv siècle; d'après une figure d'un jeu de cartes du xv« siècle, conservé à la bibliothèque do Stuttgart (Hefner-Alteneck).

Statue funéraire de Conrad de Bickenbach, mort en 1354, conservée dans l'église de Hiinmelthal en Wurtemberg (Hefner-Alteneck).

Chevalier en costume civil au

XV" siècle ; d'après un dessin à la plume colorié conservé à la bibliothèque de l'Université d'Heidelberg (Hefner-Alteneck).

Prince en costume de cérémonie au début du xv" siècle ; d'après un dessin de la chronique d'Ulrich de Richenthal, conservé à la bibliothèque municipale de Constance(Hefner-Alteneck).

Statue funéraire du landgrave Conrad de Thuringe, grand maître do l'ordre teutonique, mort en 1243; conservée dans l'église do Saintc-Élisabeth à Marburg dans la liesse (Prutz).

Monument funéraire de Albert de Hohenloe, mort en 1318, conservé au couvent de Schônthal (Essenwein).

son testament qu'après sa mort, l'on vendît sa couronne et d'autres objets princiers, afin qu'on pût payer ses dettes chez divers fournisseurs d'Heidelberg,

Dague du xiv°

siècle dans son fourreau , conservée aux archives de Gœsfeld en Westphalie (Hefner- Alteneck).

Monument funéraire de Gunther de Sch^varzburg

mort eu 1349, conservé à la cathédrale de Francfort-sur-le- Mein (Essenvein).

Monument funéraire de Otto de Pinzenau, mort en 1371, conservé à Ebersberg en Bavière (Essenwein).

« et pour que quelques ouvriers pussent toucher ce qui leur était dû. »

Les seigneurs. — C'est ècie, par les princes que les em-

uuiiairi véeau '^ ^ , ,

musée de Mù- pcrcurs lureut lentement

nich(Hefnf^ Alteneck).

Ëpèe du

conservée

nich(Hefner- ^j^po^illés dc Icur puissance

L'ALLEMAGNE AU X1V<= ET AU XV SIÈCLE

Princes, nobles, bourgeois et paysans allemands au XIV^ et au XV^ siècle.

Heaume de tournoi allemand du XV' siècle, conservé au Musée d'artillerie de Paris.

Le duc Louis de Bavière (mort en 1449), en costume de tournoi, d'après un dessin à la plume inséré dans un traité d'escrime manuscrit, à la bibliothèque do Munich. L'auteur du livre, Paulus Kal, maître d'armes du prince, lui remet son ouvrage (Hefner-Altcneck).

Sceau de Jean de Luxembourg, roi de Bohême (1310-1346), on costume de tournoi (Jâger).

Prince en costume de tournoi au début du xv" siècle; reconstitution du musée d'artillerie à Paris, dans laquelle a été utilisée l'armure do joute de Maximilien I" (1493-1519), conservée dans ce musée.

Paysans du xiv» siècle ; d'après une bible de 1380 conservée à la bibliothèque de Bruxelles (Essenwein).

et de leurs richesses.

Le morcellement des do-

Paysans de la fin du xv" siècle, d'après un dessin attribué à Martin Schongauer (Hefner-Alteneck).

chaient à leurs vilains la passion ef-

Bourgeoisdela flnduxvsiècle.d'.-iprês frénée du luXC , un tombeau de la cathédrale do l^Vancfort- ,

marnes impe- sur-le-Mein (Hefner-Alteneck). COmmUnC a

naux augmenta le nombre des nobles; on comptait au xv" siècle jusqu'à cinq ou six cents principautés.

Parmi les nobles, les uns, propriétaires de vastes territoires, rivalisèrent de luxe avec les nobles de France et d'Angleterre ; les autres, maîtres de petits domaines, „^ , . ^ . ^ „ j , incapables de satis-

Statue funéraire de Guda de , ^

Bellersheim, morte en 1394, con- faire aVCC IcS faiblcS

servée au château d'Amsbourg, près

Giessen (Het'ner-Alteneck).

revenus

qu'ils

arra-

toutes les classes de la société européenne au xiv" et au xv" siècle , cherchaient dans le pillage, les ressources qui leur manquaient. « Si tu veux mener une vie prospère , dit une chanson du xiv" siècle, ...

monte à cheval et réponds à l'appel de ton seigneur.

Tiens-loi sous l'abri . . . . ,

statue funéraire de jTean de

des vertes forêts, et si Holtzhausen, échevln, mort en

. , I 1393; dans la cathédrale de Franc-

lU vois approcher le tort-sur-le-Meln (Hefner-Alteneck).

Les villes allemandes au XIV® et au XV® siècle.

Façade de l'hôtel de ville de Munster (Westphalie) construit dans la seconde moitié du xiv siècle (Dohme).

Ville allemande au xv" siècle, d'après un dessin à la plume de 1491 conservé à la bibliothèque d'Erlangen en Bavière (Jâger).

Façade de l'habitation du grand- Maitre des chevaliers de l'ordre Teutonique, à Marienbourg (Prusse), construite dans le courant du xiv" siècle (Dohme).

Maison villageoise à la fin du xv"

siècle d'après un manuscrit do la fin du xv siècle conservé au musée germanique de Nuremberg (Essenwein).

Porte de ville à'Lubeck, achevée en 1477 (Dohme).

"Ville et château sur le bord d'un fleuve au début du xvi« siècle, d'après une gravure sur cuivre d'Albert Durer (Henné am Rhyn).

Maison du XlVe siècle à

Greifswald eu l'oméranie (Essenwein).

Salle de l'hôtel de ville de Francfort-sur-lo-Mein, construit au xv siècle; c'était la salle oii se faisait le banquet au couronnement des empereurs (d'après une photographie).

Le vieil hôtel de ville de

Munich, construit au xv" siècle (d'après une photographie).

L'ALLEMAGNE AU XIV^ ET AU XV' SIÈCLE

Les villes allemandes au XI V© et au XV© siècle.

La « Belle Fontaine » à Nuremberg, construite de 1333 à 1361 (d"après une photographie).

paysan, altaquc-le avec vigueur. Enlève-lui les chevaux de sa voiture ; mets ta main sur lui, el prends tout ce qu'il possède, tout ce qui peut réjouir ton cœur... Serre-lui la gorge pour lui tirer son dernier liard. »

C'est avec l'argent qu'ils extorquaient ainsi, que ces « oiseaux de proie » , comme une autre chanson appelle les

chevaliers pillards, paraissaient aux tournois et bals si fréquents à celte époque, revêtus de riches armures ou parés d'éblouissants joyaux. Ils mettaient une recherche bizarre dans leurs costumes;

Album historique. — II.

Nuremberg au XV" siècle, d'après do cette ville

La « Frauenkirche » à Nuremberg, construite au xiv" siècle (d'après une photographie).

tour autour ils imitèrent, en les exagérant, les modes françaises et italiennes. Au xiv" siècle, ils multiplièrent encore ces étranges découpures qui bordaient les manteaux portés par les nobles français. Au xv*" siècle, les gravures des vieux maîtres nous montrent les jeunes nobles portant, comme les Italiens, d'étroites chausses, un court mantelet, ayant sur la tête une couronne de fleurs ou bien une loque surmontée d'une haute plume ; mais ils dénaturent cet élégant costume en conservant l'usage des

un dessin conservé au Musée germanique (Henné am Rhyn).

Scènes de la vie allemande au XV^ siècle.

Horloger au xv« siècle (Kssenweiii). Boutique au xv« siècle (Henné am Rhyn). Orfèvre au xv« siècle (Essenweiu).

Ces vignettes sont reproduites d'après des manuscrits allemands do la seconde moitié du xv« siècle, conservés au Musée germanique de Nuremberg.

Boucherie à Constance au début du x\ ■ siècle.

Poissonnerie a Constance au début du xv« siocl

Ces figures sont reproduites d'après la chronique manuscrite de Ulrich de Richenthal, composée vers i417, aujourd'hui conservée à la Bibliothèque municipale de Constance (Henné am Rhyn).

Chaland du début du xvi' siècle.

Cette embarcation et la suivante sont extraites d'une vue de Cologne, exécutée en 1531 par Antoine de Worms (Henné am Rhyn).

Barque du début du xvi« siècle.

poulaines et en g^arnissant leurs ceintures ou le bas des manteaux d'un carillon de sonnettes. Les villes allemandes. — La richesse des seigneurs diminua au xv" siècle, et l'on vit alors Élégant au xv« siècle; d'après les fortuues dcs bourg'eois égaler et même dépas-

une gravure sur cuivre du « Maître ni i i x -n

de 1480 » (Henné am Rhyn). scr ceiies dcs noblcs. LesYillcs allemandes prirent

Élégante au xv» siècle; d'après une tapisserie conservée au Musée germanique de Niiremberg(Essenwein).

L'ALLEMAGNE AU XIV^ ET AU XV« SIÈCLE

Scènes de la vie allemande au XV« siècle.

au xiv" et au xv^ siècle un développement considérable ; Tlmmaniste /Eneas SylviusPiccolomini,qui devint plus tard pape sous le nom de Pie II, nous a laissé un intéressant tableau, peut-être légèrement embelli, de la prospérité que les villes avaient atteinte dans la seconde moitié du xv" siècle.

«... A parler franchement, écrit-il, aucun pays de l'Europe n'a des villes plus belles, plus plaisantes que l'Allemagne ; elles sont riantes, fraîches

d'aSDeCt et il semble VlUage à la An du xv< siècle, au premier plan, un groupe de seigneurs et de dames en promenade.

qu'elles aient été achevées d'hier » .... « Où fique que Cologne avec ses admirables églises, trouver dans toute l'Europe une cité plus magni- ses hôtels de ville, ses tours et ses bâtiments aux

toits de plomb, ses riches bourgeois , son beau fleuve et les campagnes fertiles qui l'entourent ? ». A Mayen ce , l'on ne peut reprocher que l'étroitesse de ses rues. Strasbourg (( avec ses eaux douces et limpidesest comme une seconde Venise , mais une Venise saine et gracieuse, au lieu que la vraie Venise est traversée de canaux boueux, à l'odeur nauséabonde ». Vienne est la ville la plus remarquable de toute

Maison de campagne au xV siècle; au premier plan différents] groupes de pécheurs. l'Autriche. « ScS

Ces tableaux de la vie allemande au xv" siècle sont empruntés à un manuscrit allemand de la seconde moitié r\Qls»ïe«if>nf vraimpnt du XV' siècle conservé au Musée germanique de Nuremberg (Essenwein). pdla

Scènes de la vie allemande au XV® siècle.

Joute au XV' siècle; au second plan, des valets entraînant des chevaux; d'après un manuscrit de la seconde moitié du xv siècle,

conservé au Musée germanique de Nuremberg (Essenwein).

royaux et ses églises feraient l'admiration de l'Italie. » Quand on pénètre dans les maisons des bourgeois « on croit entrer dans des demeures princières ».

Nuremberg. — Mais de toutes les villes allemandes, celle dont l'écrivain fait l'éloge le plus chaud, c'est Nuremberg. « Il est impossible de passer Nuremberg sous silence. Quand on vient de la Basse-Franconie et qu'on aperçoit de loin cette ville magnifique, elle apparaît dans une splendeur vraiment grandiose; lorsqu'on y pénètre, l'idée qu'on s'en était faite est confirmée par la beauté de ses rues, la propreté de ses maisons... Le château impérial domine fièrement la ville, et les demeures bourgeoises semblent avoir été bâties pour des princes. En vérité, les rois d'Ecosse souhaiteraient d'être aussi bien logés que les moins favorisés des bourgeois de Nuremberg. » Cinquante ans plus tard, le poète national de Niiremberg, Hans Sachs, décrivait avec orgueil

l'enceinte de la ville fortifiée de 183 tours, ses 528 rues, toutes pavées et bien entretenues, les 46 puits et les 12 fontaines qui approvisionnaient d'eau fraîche les habitants de la cité, les 11 ponts en pierre de taille reliant les deux quartiers de la ville séparés par la Pegnitz, et passant de l'éloge de sa chère cité qu'il appelle poétiquement « un jardin de roses en fleurs », à celui de ses concitoyens, il disait : « La ville renferme des habitants sans nombre, laborieux, riches et puissants, intelligents, habiles et prévoyants. Une grande partie se livre au commerce et voyage en tous pays avec ses épices et ses marchandises de toute nature ; chaque année se tient dans la ville une foire où l'on peut acheter tous les produits imaginables, mais le plus grand nombre des habitants se nourrit du travail de ses mains. » Activité industrielle et commerciale des villes allemandes. — C'est en effet à l'activité de leur industrie et de leur commerce que les villes aile-

L'ALLEMAGNE AU XIV ET AU XV^ SIÈCLE

Scènes de la vie allemande au XV© siècle.

Pillage d'un village au xv« siècle

mandes durent leur éclatante prospérité. Ulm, Augsbourg, Niircmberg, Vienne, Prague, ont de remarquables orfèvres ; Augsbourg fabrique des draps et de la quincaillerie ; Cologne excelle dans la fabrication des poteries; un des riches banquiers d'Augsbourg , Jacob Fiigger, tire d'immenses bénéfices de l'exploitation des mines du Tyrol. Les Allemands sont réputés les meilleurs forgerons et les meilleurs fondeurs de l'Europe. Le commerce de l'Allemagne est plus actif encore que son industrie. Les négociants des villes du sud entretiennent de continuels rapports avec Venise, oii ils ont leur quartier. Ulm, Augsbourg, Nuremberg, sont d'importants centres de transit; Niiremberg reçoit le poisson de Hollande et l'envoie jusqu'en Pologne. Les marchands de la Ligue Hanséatique sont les maîtres du commerce dans les contrées du nord de l'Europe; Bergen en Norwège, Novgorod en Russie figurent parmi leurs plus importants comptoirs.

Les Bourgeois. — D'immenses richesses étaient le fruit de ce labeur. Les puissants négociants

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