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Scène de justice à

fin du XV' siècle.

Marche au supplice d'un condamné au xv« siècle.

Ces scènes sont empruntées à un curieux manuscrit de la seconde moitié du xv" siècle conservé au Musée germanique de Nuremberg (Essenwein).

des grandes cités allemandes habitent de somptueuses demeures. Les maisons des bourgeois de Vienne, sont au témoignage d'^Eneas Sylvius Piccolomini, spacieuses et richement décorées; elles sont bâties en pierre de taille; elles ont de hautes et imposantes façades et sont peintes intérieurement et extérieurement ; leurs fenêtres sont munies de vitres. Celles des bourgeois de Bâle « proprement tenues, sont ornées de jardins, de fontaines et de cours »; leurs propriétaires en ont garni les toitures de tuiles brillantes « qui sont d'un admirable effet, lorsque les rayons du soleil couchant les font briller au loin. Hors de la ville, les bourgeois ont d'agréables maisons, des champs, avec viviers, chasses et jardins », en un mot, avec tous les délices de l'existence. Un riche mobilier garnit ces maisons. Dans leur costume, les bourgeois rivalisent de luxe et d'élégance avec les nobles. Sur leurs tables, on voit figurer les vins de France, d'Italie, d'Espagne, de Grèce, ou même de Chypre. Les fêtes de famille sont pour eux l'occasion de déployer leur

Scènes de la vie allemande au XV^ siècle.

Château et ses abords à la fin du xv" siècle; d"aprôs un manuscrit de la seconde moitié du xv" siècle conservé au Musée germanique

de Niiremberg (Essenwein).

luxe. A Francfort, l'on porte les nouveau-nés au baptême dans des langes de soie, ou d'étoffe tissée d'or et d'argent. En 1440, à son mariage, un bourgeois d'Augsbourg dépensa plus de 1000 gulden, somme considérable pour l'époque. La conscience de leur puissance développait l'orgueil de ces riches bourgeois; les historiens nous montrent les plus fortunés s'avançant dans les rues de leur ville entourés d'un brillant cortège; et les moralistes raillent les prétentions de leurs femmes et de leurs filles. « Toute fille veut être appelée damoiselle, sa mère eut-elle vendu des légumes, des nattes ou des poulets. »

Les paysans. — La condition des paysans fut en général moins heureuse. Ils virent trop souvent leurs campagnes ravagées par la peste, la famine ou les guerres privées. Les chroniqueurs citent les cruelles vantardises de gentilshommes qui prétendaient avoir détruit par le fer ou par le feu des centaines de villages. Les paysans

n'étaient vêtus que de gros drap ou de cuir; ils avaient des chapeaux de feutre gris ou noirs et de grossiers souliers lacés. Ils habitaient des maisons dont les murs étaient faits d'argile ou de pans de bois et dont la couverture était en chaume. Dans leurs repas figuraient surtout la viande de porc, les choux, les raves, le pain noir et une mauvaise bière. Cependant, à la fin du xv' siècle, le sort des paysans s'améliora; beaucoup d'entre eux se firent construire des maisons plus vastes et mieux aménagées; et l'admirable prospérité des villes s'étendit aux campagnes. « Partout, dit encore Jj^neas Sylvius Piccolomini, nous voyons... des prairies cultivées, des champs de blé, des vignes, des jardins d'agrément et des vergers égayant les campagnes comme les abords des villes. » Les guerres de religion du xvf siècle et riiorrible guerre de Trente ans devaient mettre fin à cette prospérité et transformer en de véritables déserts des contrées entières de l'Allemagne.

Le lion de Florence; fragment du monument de Léonard Bruni d'Arezzo, œuvre de Bernardo Rosselino (1409-1404), dans l'église Santa-Croce, à Florence.

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