LA VIE PRIVÉE AU XI V« ET AU /O XV« SIÈCLE
La cuisine; objets de
Fourchette du xiv" siècle en cuivre argenté et entouré de filigrane (Musée de Gluny).
Cuiller du xv siècle (Musée de Clun}').
Couteau à découper; travail italien
du xv siècle (Collection Spitzer).
table.
Cuillers de la fin du xiv siècle (Viollet-Le-Duc).
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Cuisiniers au xiw siècle ; d'après une miniature du psautier de sire Geoffroy I^outerell, conservé au British Muséum (Vetusta Couteau à manche d'ivoire; ouvrage Monumenta). italien du xv» siècle (Collection Spitzer).
Orand couteau de table ; ouvrage du xiv siècle (Collection Spitzer).
Présentoir; ouvrage français ou allemand du XV» siècle (Collection Spitzer).
Gobelet vénitien en verre, de la fin du xv« siècle (Collection Spitzer).
Fontaine en cuivre ; ouvrage du xiv^ siècle (Collection Spitzer).
Nef de table au xv siècle, restituée par Viollet-Le-Duc.
Support de pot à feu
en forme de gril, du xv siècle ; les deux personnages sont Adam et Eve (Musée de Gluny).
Gourde de
berger au xiV siècle; d'après une fresque de TaddeoGaddi,à l'église Sainte- Croix, à Florence.
Gril du xv= siècle (Musée de Cluny).
Table du xiv« siècle; restituée .
Vaseàboire; ouvrage allemand Aiguière de table Bouteille vénitienne en d'après une miniature d'un ma- Tonneau [au xiv siècle; de la fin du xiv= ou du début du en étain du xv« siècle verre, de la fin du xv« siè- nuscrit de la Bibliothèque bod- d'après une sculpture du xv siècle (Hefner-Alteneck). (Hefner-AIteneck). clo (Collection Spitzer). léienne à Oxford (Turucr). Campanile de Florence.
les convives cessent d'essuyer leurs lèvres à la nappe et reçoivent des serviettes. La vaisselle se compose de plats et d'écuelies en terre sur la table des paysans; en étain, sur celle des bourgeois; en argent ou en or, sur celle des nobles. Chez les grands, l'attirail de table est renfermé dans un récipient en forme de navire ou de nef et est ainsi apporté sur la table. Les convives n'ont devant eux que les plats, les écuelles. les gobelets, les banaps, les aiguières, etc.; ils mangent avec leurs doigts. Lorsque les mets ont été découpés, les parts sont posées sur des morceaux de pain, de forme ronde, appelés tranchoirs, et
apportés aux convives. Ceux-ci avec leurs couteaux divisent la part qui leur est servie en morceaux plus petits qu'ils saisissent avec leurs doigts. Les fourchettes, qui commencent à être placées sur les tables princières, ne servent guère qu'à prendre les fruits. Les mets liquides se mangent dans les écuelles; on fait encore peu usage des cuillers. Les mets restent couverts sur la table jusqu'à l'arrivée des convives. On dit le benedicite; des serviteurs font l'essai des mets soit en les goûtant, soit en les touchant avec des objets qui, mis en contact avec les mets, devaient révéler par quelque signe spécial
Riche char de voyage anglais au xiv siècle; d'après une miniature du psautier de sire Geoffroi Louterell, conservé au British Muséum.
(Vetusta Monumenta).
Un pont au xv» siècle; d'après une miniature du roi Ronè dans le « livre du Cœur d'amour épris » (de Quatrebarbes).
Charrette au xv* siècle ; d'après une miniature d'un manuscrit de British Muséum (Wright).
Chariot au XV' siècle; d'après une miniature du roi René dans le « Mortiffiement de vaine plaisance » (de Quatrebarbes).
Camion au xv» siècle; d'après le manuscrit français n» 2 1 de la Bibliothèque nationale.
"Vaisseau au xv= siècle.
Messager au xiV siècle, tenant à la main une lettre scellée ; d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Prague (Essenwein).
Litière de voyage au xv siècle, restituée par Viollet-Le-Duc.
la présence du poison dans la nourriture ; cette propriété était attribuée à la langue du serpent, qui était en réalité une dent de squale ou bien à la corne de licorne, qui n'était autre chose qu'une dent de narval. Suivant Olivier de
Promenade à cheval au xv« siècle. Brouette au xv» siècle.
Ces figures sont extraites, ainsi que la barque et le navire des Miracles de Notre-Dame; manuscrit enluminé par Jean Miélot et aujourd'hui conservé au British Muséum.
la Marche, les mets se succèdent dans l'ordre suivant :potag-e, œufs, poissons, viande. Dans les repas d'apparat, les serviteurs apportaient alors V entremets, cygne, paon ou faisan rôti, servi revêtu de son plumage. Après l'entremets venait le
LA VIE PRIVÉE AU XIV ET AU XV« SIÈCLE
Jeux et divertissements.
La lutte au xiv« siècle ; d'après une miniature du psautier de sire Geoffroi Louterell, conservé au British Muséum (Vetusta Monumenta).
Tournoi d'enfants à la tin du xv« siècle ; miniature du hréviairo du cardinal Grimani (d'après une photographie).
La lutte à califourchon au
XIV» siècle; d'après une miniature du psautier de sire Geoffroi Louterell, conservé au British Muséum (Vetusta Monumenta).
Le moulin à vent et le cheval de bois ; d'après le manuscrit latin n" 871 de la Bibliothèque nationale (xv siècle).
Joute sur l'eau; miniature do Jean Foucquet
(Ul.ï-i480).
Combat de chiens et d'un ours au
XIV' siècle; d'après une miniature du psautier de sire Geoffroi Louterell, conservé au
British Muséum (Vetusta
Monumenta).
Saltimbanque allemand à la tin Cartes à jouer du xv siècle. Ces trois cartes font partie, la première et la La main chaude au xiv
du XV siècle; d après un manuscrit troisième, du jeu dit de Charles VI, et la seconde du jeu allemand du maître de siècle; d'après une plaque
conservé au Musée germanique de 1406. Ces jeux sont conservés à la Bibliothèque nationale, au Cabinet des d'ivoire du Musée du Louvre.
Nuremberg (Essenwein). Estampes.
Le jeu de table au
xiv« siècle, d'après une miniature anglaise (Vetusta Monumenta).
Paysan jouant avec un chien au XV siècle ; d'après le manuscrit français n» 2643 de la Bibliothèque nationale.
Enfant jouant avec une «arôacane (xiv siècle) ; d'après une miniature du manuscrit latin, n° 160, de la Bibliothèque nationale.
Acrobate au xiv
siècle, d'après une miniature anglaise (Vetusta Monumenta).
Marionnettes au xiv siècle; d'après un manuscrit français, conservé à la Bibliothèque bodléienne à Oxford (Wright).
Le jeu de la balle, en
Allemagne au xv siècle; d'après une tapisserie allemande du musée de Berlin (Hefner-Alteneck).
La naissance, le baptême, le mariage.
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Femme portant un berceau sur sa tête ; d'après un manuscrit du xv« siècle, conservé â la Bibliothèque bodléienne, à Oxford (Turner).
Acte de mariage de 1487, entre Louis Gartoli, bourgeois de Lyon, et la fille d'un docteur es lois dans la même ville, conservé à la Bibliothèque nationale.
Un baptême au xiv siècle ; d'après une miniature du manuscrit latin, n" 902, de la Bibliothèque nationale.
dessert. Souvent les convives se levaient et passaient dans une autre pièce où les dames servaient des liqueurs et des épices de table, clairet, liypocras, dragées, sucre ou miel de roseau, fruits confits, etc. A la cour des princes, dans les festins de gala, on intercalait entre les différents services des pantomimes représentant des sujets d'histoire sainte ou profane, des allégories, qui prenaient également le nom d'entremets.
L'alimentation. — L'alimentation reste à peu près la même qu'aux siècles précédents. Les épices tiennent dans la confection des mets une place de plus en plus considérable ; il n'y a guère de plat pour lequel la servante n'aille chez l'apothicaire chercher le gingembre, la cannelle, le poivre, la muscade, la noix de Chypre, la girofle, ou le piment, mixture de diverses sortes d'épices avec du miel ou du vin. Aces condiments, Bureau de la Rivière au xiv" siècle ajouta la truffe; ce fut également ce grand gourmet qui rapporta d'Avignon la laitue à graine blanche, qui a pris le nom de romaine. L'eau-de-vie apparaît sur les tables, à la fin du xiii' siècle, sous le nom d'eau d'or,
Berceau allemand du xv siècle en cuivre, conservé à Friedberg en Saxo (Hefner-Alteneck)
Couverture d'un coffret de mariage; ouvrage italien du xv" siècle (Collection Spitzer).
Un mariage au xiv« siècle ; d'après une miniature du manuscrit français, n" 9100, de la Bibliothèque nationale.
d'eau de vin, d'eau éternelle ou d'eau ardente. Dans les grandes maisons, la cuisine occupe un nombre considérable de serviteurs et le maître-queux ou le cuisinier est une façon de personnage. « Qu'il ait, dit Olivier de la Marche, une chaire entre le buffet et la cheminée pour seoir et soi reposer, si besoin est..., voir et connaître tout ce que l'on fait en ladite cuisine. Et doit avoir en sa main une grande louche, qui lui sert à deux fins, l'une pour essayer potages et brouets, etl'autre pour chasser les enfants hors de la cuisine. »
Les transports. — Les gens du moyen âge se déplaçaient volontiers : même au milieu de la guerre de Cent ans, ils se risquaient à travers un pays infesté de brigands, s'acheminant vers quelque célèbre pèlerinage ou gagnant, pour commercer, quelque ville lointaine. Les voyages se faisaient le plus souvent à cheval. Mais au xv" siècle, l'usage des chariots se répandit de plus en plus; c'étaient des voitures mal suspendues, où les voyageurs s'entassaient sous une toiture formée de bâches attachées à des cercles de bois; une longue file de chevaux traînaient ces chariots incommodes,