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CHAPITRE III

Les États Scandinaves, la Pologne, la Russie et la Turquie

au XVIIP siècle.

Sceau de Gustave IV, roi de Sut'^do (I71>i-I809).

Monnaie d'or de Gustave IV, roi de Suède (1792-1809).

Sceau de Frédéric III, roi de Daneniarît (1699-1730).

Monnaie d'argent de Frédéric III, roi de Danemark (1699-1730).

Prince royal de Danemark; Christian VII enfant ; d'après une Monnaie d'ar^jenl de Gustave III, jjravure en taille-douce de Preisler reproduisant le portrait du jeune Ducat dor de Frédéric V, roi de roi de Suède (1771-1792). prince point en 1732 par le peintre suédois Pilo (1711-1793). Danemark (1746-1763).

Les sceaux reproduits sur cette page sont conservés aux Archives nationales do Paris ; les monnaies au Cabinet des Médailles

de la Biblioth>que nationale, à Paris.

Le Danemark. — L'histoire dos mœurs au Danmnark pondant le xviii® siècle est peu intéressante. A la cour rinfluence allemande domina

d'abord, puis fut remplacée par celle de la France. Fastueuse sous le règne de Christian VI, la cour redevint beaucoup plus simple sous ses

Les États Scandinaves.

Cabane et ooetumes de povsans do la Daircarlio, à la (in du xvnr sièrlo. Cabane et costumes do paysans de la iîlôkingie. à la fin du xviir suVlo. Ces deux vigneltos roproduiscnt des pravuivs on laillo-doiirc do J.-F. Marlin, ox(*cut<^es d'après dos tableaux do P. Hillerstrôm (i752'18l6).

succossoiirs ; ce roi et sa femme Sophie-Madeleine eurent le goût des constructions et firent édifier, entre autres monuments, le château royal de Copenhague. La capitale, rebâtie presque tout entière après rincendie de 1728, était estimée, à la fin du siècle, une des plus jolies villes du nord de TEurope ; au moins deux voyageurs français, qui la visitèrent alors, la trouvent propre, bien bâtie et passablement éclairée. La vie y était en général assez modeste, les fortunes étaient médiocres; cependant le goût s'affinait, le thé, le café et le chocolat commençaient à se substituer à la bière et à la soupe à la bière. Dans les campagnes, les paysans encore soumis au dur régime du servage, vivant souvent dans des cahutes de bois et d'argile couvertes de chaumes, se dédommageaient de leurs maux par Tivrognerie. La Suède. — Gustave III rendit à la cour de Suède Téclat qu'elle avait à peu près complètement perdu depuis le règne de Charles XII.

Déjà sa mère Louise-UIrique avait rétabli l'étiquette ; il réorganisa le cérémonial qui fut calqué sur celui de la cour française. Les fêtes

Dame noble norvt'gienne.

Cos coslumes sont reproduits d'après des gravures en taille-douce conservc^es au Cahinet dos estampes do la Bibliothèque nationale.

auxquelles se plaisait le roi furent célèbres en Europe ; elles étaient extrêmement variées; d'abord le roi aimait passionnément le théâtre; il composait et jouait lui-même; on le vit souvent, après avoir tenu son rôle dans une pièce, en garder le costume encore pendant quelques heures. « En Tespace de deuxsemaines, raconte un témoin oculaire, j'ai vu jouer à Gripsholm où la cour passait les fôtes de Noël, VAthalie de Racine, le Ci7ina de Corneille, Adrlaïde Dxi Gnesdin^ Gingisklian, Rhadamistc o\ Zénobie, suivis des comédies de Mr/anides, VA biglais à Bordeaux, et une pièce suédoise, le Pari, » A ce divertissement il faut ajouter les ballets, les scènes héroïques ou lyriques, les fêtes allégoriques, les tournois et carrousels, les jeux de bague et de quintaine, les danses de caractère, etc. Le roi essaya de propager ce goût du plaisir parmi ses sujets; il établit des bals parés à la Bourse de Stockholm et allait avec la famille royale y passer quelques instants. Cela bouleversait les habitudes de sa paisible capitale où toutes les maisons étaient fermées à sept heures du soir. Stockholm était

Noble suédois dans l'habit de cour prescrit par Gustave III.

LES ÉTATS SCANDINAVES, LA POLOGNE, LA RUSSIE ET LA TURQUIE AU XVlll» SIÈCLE 39

La Pologne.

Sœau d'Auguste III (1733-1703).

Noble

Carrosse,

ville, liH's uuil [>uvé*.\ assez. mal éclairée, tni la [îlu[uu"l des maisons éhiioiif cuiislruiles en boiset n*avuieiii i|u*an iv/-ilf^cluujssée. Dans loide la Suède d'ailleurs, les maisons irélaient guère construites autre-

Sceau do^Slanislas (1703-1794).

Ck>8tuxne noble; Augusto m en coslume polonais: prravuro en taillo-douco de L. Zucchi (1701-1771)), d'ûprùa un po ri rail yv'ml par Louis Jû Silve^slro qm vi't^uldt' lit', 5 il iTGU (Wdik-uiaiu]).

Daxne noble, suivante et noble.

Cavalier noble.

Porteur d'eau.

ment; le mobilier était simple et grossier. Les classes supérieures avaient adopté le cos- I urne français ; les boui'geois et les paysans gardaient leurs pittoi'esques coslumes auxcouleurséclataiites,diverssuivantles régions. Un trait commun à toutes les classes de la société était malheureusement l'ivrognerie, w Cette funeste habitude commence dès Tenfance, écrivent •deux voyageurs français qui visitèrent la Suède vn 1791 ; nous avons vu des enfants de neuf à ilix ans boire de grands verres d'eau-de-vie, dont nous ne serions jamais venus à bout. »

Ces vignettes sont extraites d'aquarelles anonymes reproduisant divers aspects do Varsovie, conservées au Cahinel des estampes do la Bihliothùquo nationale.

Les sceaux reproduits sur cotte pa<,'0 sont conserves aux Archives nationales de Paris.

Charrette.

Les nobles polonais. — I*eiulaiit i]u'aiiluui' ileiix, les autres peuples se transformaient, les Polonais éluient restés lldèles aux coutumes que leurs uiieétres avaient adoptées au xvi" siècle. Tout en parlant le français, les nobles avaient pour la plupart conservé le costume national, formé dune longue veste, descendant jusqu'à mijambes, garnie de fourrures en hiver; ils étaient chaussés de bottes dont l'usage était indispensable par suite de l'entassement de la boue dans les rues des villes ou du mauvais état des chemins dans les campagnes ; ils portaient le sabre au coté ; ils allaient fréquemment à cheval. Ils ne portaient point perruque, se rasaient la barbe et gardaient aux lèvres une moustache épaisse. Hommes et femmes se cou-

La Pologne.

Monnaie

il'oT d'Au- ^'uslo H (iG97-1733}.

Monnaie

do cuivre d'Auguste m (1733- 1763).

Diète pour IV-Icclion d'un roi à Wola, prùs de Varsovie; daprès une gravure en taille-douce anonyme (Schiemann),

PI

Plan du Kolo, enceinte destinée à séparer du reste des gentilshommes polonais le primat, les sénateurs cl les ministres de la République, pendant la dicte d'élection du roi de Pologne ; le Chopa ou Szopa est le bâtiment destiné aux conférences do ces personnages; d'après un plan manuscrit conservé au Cabinet des estampes do la Bibliotlièquo nationale.

vraieiit la lùlc d'un bonnet fourré. Les chefs de la noblesse, les palatins, s'en allaient au combat, à cheval, accompagnés de nombreux écuyers appartenant à la misérable classe de petits nobles, qui vivaient auprès d'eux. Leur armement était resté celui des guerrieis du xvi® siècle, lances, sabres, haches, mousquets et pistolets. Leur passion du luxe et du plaisir était effrénée. i< Toute Tannée, dit un historien polonais, Pzujski, s'écoule en fêtes incessantes, qui sont pour la noblesse des occasions de dépenses énormes; elles suivent les fêtes ecclésiastiques ; apiès la messe et les vêpres, on boit et on danse. » Les Polonais, écrit un voyageur fi*ançais de la fin du siècle, sont « les premiers buveurs de TEui^opc ». Vider une coupe d'un trait était une pi-ouesse habituelle. Les diètes; Télection royale. — Au nombre de leurs occupations, il faut melli'e les débats politiques. Le régime de la Pologne appelait fréquemment les nobles en assemblées électorales ou délibératives. De toutes ces réunions,

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