LE NID
De ce buisson de fleurs approchons-nous ensemble: Vois-tu ce nid posé sur la branche qui tremble? Pour le couvrir, vois-tu les rameaux se ployer? Les petits sont cachés sous leur couche de mousse ; Ils sont tous endormis ! ... Oh ! viens, ta voix est douce ; Ne crains pas de les effrayer.
De ses ailes encor la mère les recouvre; Son œil appesanti se referme et s'entr'ouvre, Et son amour souvent lutte avec le sommeil. Elle s'endort enfin . . . Vois comme elle repose! Elle n'a rien pourtant qu'un nid sous une rose, Et sa part de notre soleil.
Vois, il n'est point de vide en son étroit asile; A peine s'il contient sa famille tranquille: Mais là le jour est pur, et le sommeil est doux: C'est assez! . . . Elle n'est ici que passagère; Chacun de ses petits peut réchauffer son frère, Et son aile les couvre tous.
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Et nous, pourtant, mortels, nous, passagers comme elle, Nous fondons des palais quand la mort nous appelle; Le présent est flétri par nos vœux d'avenir; Nous demandons plus d'air, plus de jour, plus d'espace. Des champs, un toit plus grand! ... Ah! faut-il tant de place Pour aimer un jour, ... et mourir?
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