‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 180 sur 328 · LE CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE

Voici des soirs pourprés l'heure calme et sereine. Au sein des mers, lassé d'un radieux essor. L'astre du jour s'abaisse, et lentement ramène Sa paupière d'azur sur sa prunelle d'or.

Voici l'heure oîi, semant dans l'air ses violettes. Le crépuscule passe au front des pics altiers. Le chasseur des grands bois, le pêcheur des îlettes. De leur chaume à pas lents reprennent les sentiers.

De bleuâtres vapeurs ondulent dans les plaines. Les mille bruits du jour s'éteignent sous les cieux. L'abeille, les oiseaux, les mouches, les phalènes. Dans les buissons muets dorment silencieux.

Déjà sous la rosée et les brises nocturnes Les mimosas frileux penchent leurs rameaux noirs; Mais la belle de nuit lève ses fraîches urnes Où se pose et frémit le papillon des soirs.

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La cloche du planteur vibre sur les savanes.

Sa voix jusqu'à la mer sonne la fin du jour.

Au fond du chemin creux, le long des champs de cannes,

Nègres et bœufs, là-bas, reviennent du labour.

De son seuil, comme au temps du patriarche antique, Le colon voit rentrer ses Noirs et ses troupeaux ; L'appel du soir se fait; et dans le camp rustique Bientôt tout est silence, obscurité, repos.

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