JEAN LE FARINIER
Jean, le beau farinier, s'est mis à sa fenêtre ; Il est seul et rêveur, et, depuis ce matin. Il est là, bras croisés, et regarde peut-être Le nuage qui passe à l'horizon lointain.
Le tic-tac du moulin réjouit le village, L'eau brillante au soleil retombe en perles d'or, L'oiseau cache son nid aux arbres du rivage. Et le faneur lassé près du buisson s'endort.
Tout joyeux d'un beau jour, les poissons font reluire Leurs écailles d'argent parmi les nymphéas.
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Et les blancs papillons, qu'une fleur peut séduire, Caressent les iris et ne s'y posent pas.
Les moineaux dans les prés becquètent la cerise Au sein de la verdure étalant ses rubis, Et la jeune moisson, au souffle de la brise, Comme un lac, ses flots purs, voit courir ses épis.
Jean, le beau farinier, est-il donc si poète Qu'il rêve ainsi? Depuis deux heures, vainement, La cloche du moulin en tintant lui répète: — < Allons, meunier! ta meule a besoin de froment !
Pauvre Jean ! que lui font les vallons et la plaine ? II ne laisserait pas son moulin pour les voir! Non, certes! mais là-bas il a vu Madeleine Cheminer sur le bord et descendre au lavoir!
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ACHILLE MILLIEN