LA TEMPETE
Chassant à gros flocons la neige, la tourmente Dans les airs ténébreux se débat et mugit; Tantôt c'est un enfant dont la voix se lamente, Et tantôt l'on dirait un grand loup qui rugit.
Elle ébranle le toit craquant comme la paille. Elle frappe à la vitre ainsi qu'un voyageur; Sombre est notre masure et frêle la muraille . . . Mais pourquoi, vieille amie, as-tu le front songeur?
* Imité du poète russe Pouchkine.
88^^^ ARMAND SILVESTRE .s^k^sm
Est-ce sous l'ouragan que ta tête se baisse? Ou le bourdonnement du rouet qui t'endort? Buvons, bonne compagne, à ma pauvre jeunesse, Afin qu'en notre cœur le chagrin soit moins fort!
La chanson de l'oiseau, dis-la-moi : • Près des ondes Il avait fait son nid sur le bord du chemin. Et cette autre qui parle encor des eaux profondes Où la fille allait seule et sa cruche à la main.
Mais écoute : chassant la neige, la tourmente Dans l'air épouvanté jette l'ombre et mugit: Tantôt c'est un enfant dont la voix se lamente, Et tantôt c'est un loup qui hurle et qui rugit.
Elle frappe à grands coups sur le toit qui s'affaisse Et contre la cloison redouble son effort. Buvons, bonne compagne, à ma pauvre jeunesse. Afin qu'en notre cœur le chagrin soit moins fort.
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