‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 280 sur 328 · LES PINS DE LA PROVENCE · texte numérisé non relu

LES PINS DE LA PROVENCE

Une forêt de pins s'étend dans la colline; Verticaux et serrés sur ce plan qui s'incline, Ils semblent une armée innombrable à l'assaut; Le regard qui les suit doit s'arrêter bientôt, Car des milliers de troncs lui font une barrière. L'ombre grise a partout des lueurs de clairière, Et la nuit des forêts n'existe pas ici ; C'est seulement l'éclat du jour très-adouci. Ne cherchez pas non plus la mousse souple et fraîche; Rien que des lichens gris que la chaleur dessèche, Et qui craquent piles en miettes sous vos pas. Sous ce couvert, les fleurs ne se hasardent pas. Mais du tronc des pins coule en perle la résine Qui d'un parfum ardent parfume la colline. Or, ce qui fait surtout le charme de ces bois C'est leur bruissement doux et long, c'est leur voix Quand un souffle léger passe dans les ramures; Oh! les grandes rumeurs! oh! les tendres murmures! Non, nul arbre ne fait entendre un chant pareil; Oh! luths éoliens pleins d'âme et de soleil. Mes pins harmonieux, qu'il est doux à l'aurore De marcher à pas lents sous votre ombre sonore!

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69^=^5^ JEAN RICHEPIN ^^^^mi

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