AUTOMNE
A pas lents et suivis du chien de la maison, Nous refaisons la route à présent trop connue. Un pâle automne saigne au fond de l'avenue, Et des femmes en deuil passent à l'horizon.
Comme dans un préau d'hospice ou de prison, L'air est calme et d'une tristesse contenue: Et chaque feuille d'or tombe, l'heure venue, Ainsi qu'un souvenir, lente, sur le gazon.
Le Silence entre nous marche . . . Cœurs de mensonges. Chacun, las du voyage, et mû, par d'autres songes Rêve égoïstement de retourner au port. .
Mais les bois ont, ce soir, tant de mélancolie, Que notre cœur s'émeut à son tour et s'oublie A parler du passé, sous le ciel qui s'endort.
Doucement, à mi-voix, comme d'un enfant mort.