‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 312 sur 328 · ODELETTE · texte numérisé non relu

ODELETTE

Un petit roseau m'a suffi

Pour faire frémir l'herbe haute

Et tout le pré

Et les doux saules

Et le ruisseau qui chante aussi ;

Un petit roseau m'a suffi

A faire chanter la forêt.

Ceux qui passent l'ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clair ou perdu.

Proche ou lointain . . .

Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d'eux-mêmes L'entendront encore et l'entendent Toujours qui chante.

11 m'a suffi

De ce petit roseau cueilli,

À la fontaine où vint l'amour

Mirer, un jour

Sa face grave

Et qui pleurait.

89^=^^ FRANCIS VIÉLÉ-GRIFFIN ^^%-S8S

Pour faire pleurer ceux qui passent Et trembler l'herbe et frémir l'eau; Et j'ai, du souffle d'un roseau Fait chanter toute laforêt.

FRANCIS VIÉLÉ-GRIFFIN

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