TRISTESSE DE SEPTEMBRE
Quand le vent automnal sonne le deuil des chênes Je sens en moi, non le secret du clair été, Mais l'ineffable horreur des floraisons prochaines.
C'est par l'Avril futur que je suis attristé; Et je plains les forêts puissantes, condamnées A verdir tous les ans pendant l'éternité.
Car depuis des milliers innombrables d'années, Ce sont des blés pareils et de pareilles fleurs, Invariablement écloses et fanées;
Ce sont les mêmes vents sussurants ou hurleurs, La même odeur parmi les herbes reverdies. Et les mêmes baisers et les mêmes douleurs.
Maintenant les forêts vont s'endormir raidies
Par les givres, pour leur sommeil de peu d'instants.
Puis sur l'immensité des plaines engourdies.
Sur la rigidité blanche des grands étangs, Je verrai reparaître à l'heure convenue — Comme un fantôme impitoyable — le printemps;
O les soleils nouveaux! La Saison inconnue!
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