DOUMA
A mon cœur est monté sur ses ailes blessées, Dans le vol et doux et lent des feuilles lassées, Ce souvenir si cher à nos âmes fiancées:
Là-bas, là-bas où mon cœur aspire, là-bas:
Au vent du soir, la lune en ses rayons opales Pleurait et calme et lente et douce les sereins pales Cher, — au cœur des chrysantèmes et des digitales;
Là-bas, là-bas où mon cœur aspire, là-bas:
Ami — frémissant au souffle de nos pensées Nos mains et tristes et douces, entrelacées Unissaient nos espoirs aux formes cadencées;
Là-bas, là-bas où mon cœur aspire, là-bas:
Au vent du soir s'envolaient les rouges pétales. Et l'Urne bistre des tristesses automnales, Versait des flots d'or sur les langueurs végétales;
Là-bas, là-bas où mon cœur aspire, là-bas :
Ami, — tu pressentis nos ivresses
— passées Dans le vol et doux et lent des feuilles lassées, Ce souvenir si cher à nos âmes fiancées.
80^=^^ EDGAR QUINET ^B^è=?g^