‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 86 sur 328 · EUGENE BOREL · texte numérisé non relu

EUGENE BOREL

Vierge sainte, humble fleur que le ciel a cueillie.

Non, je ne craindrai plus qu'à la mort tout s'oublie:

Tu te souviens de nous, être mystérieux,

Qui, victime du monde, y revoles des cieux.

Tu n'as pas oublié la terrestre vallée,

Ton œil y tombe encor de la voûte étoilée:

Parfois même au rayon du nocturne flambeau.

Comme un astre voilé, qui reparaît plus beau.

Une blanche figure, aérienne, amie.

Glisse et vient apparaître à mon âme endormie:

La grâce de ses traits efface la pâleur;

Ainsi fleurit un lys éclatant de blancheur.

Son nom longtemps cherché se refuse à ma bouche;

L'ombre chérie alors, s'inclinant sur ma couche.

Avant de déployer l'aile qui l'apporta,

Se penche à mon oreille, et murmure . . . Augusta.

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