LE JEUNE AVEUGLE A SA MERE
Dis, pourquoi pleures-tu quand ton enfant s'éveille? Pourquoi, quand sur ma main j'avais penché mes yeux. Un soir, répétais-tu: Pauvre enfant, il sommeille ... -< En rêve il est peut-être heureux ! •
Pourquoi reprenais-tu: '< Cachez-lui sa misère! "Qu'il ignore, s'il peut, la douleur où je suis, " Quand mes yeux, le matin, inondés de lumière, "N'ont pas un rayon pour mon fils.'
Ib
Et ta voix redisait plus doucement encore: Les mots - grâce, beauté ^ rendent ses traits rêveurs; Parlez de chants d'oiseaux, en lui peignant l'aurore, - De parfums, en cueillant des fleurs.
Q@^^^5^ EUGÈNE BOREL ^^^^m
'Quand il devient pensif, accordez une lyre; « Sur l'aile de nos chants son désespoir s'enfuit. "Aimons-le, . . . notre amour éveille son sourire; « C'est son aurore dans sa nuit. » —
Feignant un doux sommeil, j'éprouvais ta tristesse, Et le cri de ton cœur venait briser le mien : Oh ! que n'ai-je un regard, pour voir avec ivresse Le bonheur briller dans le tien!
Puis vous avez prié, toi, mes sœurs et mon père ; J'entendais murmurer: «Grâce! Dieu des humains!» Jusqu'à l'ange au berceau qui disait: « Viens, ma mère, Joindre aussi mes petites mains.»
Alors je me souvins qu'il est un jour suprême, Qui, même au pauvre aveugle, est un jour de réveil. . . Sèche tes pleurs, attends : je verrai ceux que j'aime Quand j'aurai fini mon sommeil.