LE BLANC D’ŒUF
A. — OVALBUMINE PURE.
Nature :
Le blanc d'œuf est une suspension colloïdale de matière protéique : il se présente comme un liquide très visqueux de couleur légèrement jaune verdâtre qui, par chauffage, se prend en une masse blanche opaque. Sa densité est de 1,045. Il a une réaction nettement alcaline au tournesol : Ph 8,24 La quantité est de 25 à 35 grammes pour un œuf. On y trouve 85 à 88 % d’eau dans laquelle sont dissoutes l’ovaibumine et l’ovoglobuline, ainsi que l’ovomucoïde et de petites quantités d’autres substances : lipoïdes, savons, saccharides.
Prélèvement :
Pour prélever le blanc d’œuf, nous emploierons Ia technique suivante décrite au cours de l’Institut Pasteur et qui nous permet de l’obtenir stérile : « On stérilise le petit bout de la coquille en approchant de la veilleuse d’un bec Bunsen parallèlement à la surface de la coquille, extrémité opposée à la chambre
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à air. Avec le mors d’une pince fine fllambée, on retire la coquille au niveau du point carbonisé pour obtenir un orifice qui permettra d'introduire l’extrémité effilée et stérilisée d’une pipette à boule. On aspire l’albumine de l’œuf ‘en laissant l'extrémité effilée de la pipette en contact avec la face interne de la coquille, de façon à éviter de toucher le jaune. On répartit ensuite 4 cc. de cette albumine par tube flambé, en évitant de produire des bulles d’air et de déposer du liquide à l’orifice du tube.
Ensemencement :
Pour nos essais, nous ensemencerons ces tubes d’albumine avec quatre souches de la collection de l’Institut Pasteur : bacille Typhique Guillaume,
bacille Dysentérique Shiga.
bacille Coli H, Staphylocoque doré.
Chaque tube reçoit une goutte de culture de 24 h. en bouillon de viande peptoné ordinaire; le blanc d'œuf étant un milieu visqueux, cette goutte de bouillon est répartie dans toute l’albumine à l’aide d’une pipette Pasteur fermée et flambée, servant d’agitateur. Pour suivre l’évolution de la bactérie dans ces tubes d’albumine, il est fait toutes les 24 heures un prélèvement d’une anse de platine du tube de blanc d’œuf, repiqué en bouillon de viande peptoné ordinaire et sur gélose nutritive ordinaire. Ces repiquages nous permettront de voir s’il y a des modifications d’aspect dans les cultures secondaires
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et de faire des examens sur lame après coloration pour apprécier les modifications microscopiques. On peut admettre, en effet, que chaque phase de l’évolution de la bactérie dans les milieux albumineux est reproduite dans les repiquages en bouillon et sur gélose; une bactérie modifiée par l’action de l’albumine, repiquée sur un milieu ordinaire, donnera une «< culture fille », héritière des caractères avec ses modifications de l’élément dont elle provient. Si Ja « culture mère » n’a subi aucune action, la « culture fille » sera normale. C’est le phénomène observé par M. Legroux, dans les collections microbiennes de l’Institut Pasteur; modifications fréquentes de l’aspect microscopique des cultures, colonies plissées, cultures grasses et sèches (1920) (1923 (1925) et nature héréditaire de ces modifications.
« L’entretien de la collection de l’Institut Pasteur, dit M. Legroux, m’a toujours fourni l’occasion d’observer les changements qui surviennent plus ou moins périodiquement sur un grand nombre de souches, de toutes provenances et d'isolement plus ou moins récent; quelques-unes sont conservées depuis plus de quarante ans ».
« Une même souche ensemencée sur un seul tube en colonies isolées, peut produire un mélange de colonies grasses et de colonies sèches: partant de chaque catégorie, nous obtenons des subcultures grasses ou sèches dont les caractères biochimiques sont partiellement opposés, alors que d’autres, notamment le pouvoir pathogène, peuvent rester iden-
tiques ».