‹ Alcaloïdes et glucosidesChapitre 22 sur 23 · SALICINE · texte numérisé non relu

SALICINE

La découverte de la salicine remonte à 1825. Elle est due à Fontaine, pharmacien à Laziza, près de Vérone. Elle a été primitivement retirée de l’écorce du saule, Salix alba; Leroux la signala dans le Salix hélix; Braconnot l’a trouvée dans le tremble, Populus tremula, le peuplier dIAthènes,

\ Populus grœca, le Salix fissa, le Salix amygdalina; y<iœ\\i&s: a constaté sa î présence dans le Castoreum et Peschier fa isolée des bourgeons floraux de la reine des prés. Elle a été l’objet de nombreuses recherches. Nous devons, particulièrement citer, parmi les savants qui se sont spécialement occupés de ce corps : Leroux, Braconnot, Pelouze et Gay-Lussac, Peschier, Mulder, î Otto, Wœlher, Erdmann et Marchand, Duflos, Buchner, Herberger, Riga- ' telli, Gerhardt, Perkin, Piria, Moitessier, Schmidt, Schiff.

Propriétés chimiques et physiques. — La salicine cristallise en aiguilles prismatiques blanches transparentes, d’un éclat satiné, ayant toute l’apparence du sulfate de quinine. Elle est inodore et possède une saveur franchement amère.

Soumise à l’action de là chaleur, elle fond à 420°, ne s’altère pas à 200°; j maintenue quelques heures à 230-240°, elle perd de l’eau ef se dédouble I presque entièrement en salirétine et glucosane; elle se décompose à une ^ température plus élevée; elle devient alors jaune, résineuse, et abandonne de l’hydrure de salicyle mélangé de produits empyreumatiques ; elle brûle sans ; laisser de résidu. - ■

La salicine est soluble en toute proportion dans l’eau bouillante. Gent parties d’eau à la température ordinaire dissolvent 5 à 6 parties de salicine. Elle est soluble dans l’alcool et insoluble dans l’éther el les huiles grasses.

; Ses solutions dévient à gauche le plan de polarisation de la lumière, j Les solutions alcalines n’attaquent pas la salicine par l’ébullition. Fondue avec un excès de potasse, elle donne du salicylate et de l’oxalate. Lorsqu’on la distille avec de la chaux vive, elle fournit du phénol et de fhydrure de salicyle.

Elle ne précipite pas l’acétate de plomb neutre ou basique. En ajoutant à une solution chaude et concentrée de salicine quelques gouttes d’ammoniaque, puis

du sous-acétate de plomb jusqu’à ce que la moitié de la salicine environ soit précipitée, on obtient du salicinate de plomb qu’on recueille à l’état de précipité blanc.

La salicine traitée à basse température et en vase clos par un grand excès de chlorure d’acétyle donne directement la tétracétylsalicine, qui cristallise eu aiguilles soyeuses solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther et se dédouble à chaud , sous l’influence des acides étendus en acide acétique, glucose et salirétine.

Les chlorures de butyrile, de valérile et de caproïle donnent, avec la salicine, des dérivés incristallisables.

Avec le chlorure de benzoïle à froid, la salicine fournit la benzoïlsalicine.

Si on ajoute peu à peu du brome à une solution de salicine dans vingt fois son poids d’eau, le liquide se prend en masse. On le lave à l’éther, on reprend par l’eau et on obtient la bromosalicine, qui a une odeur amère et se convertit sous l’action de la synaptase en bromosaligénine.

Lorsqu’on fait traverser par un courant de chlore une bouillie formée de ' 1 partie de salicine pulvérisée et de 4 parties d’eau, la salicine se dissout peu à peu, puis il se sépare un précipité nacré et cristallin de'chlorosalicine' qui se présente sous la forme de longues aiguilles soyeuses et se scinde sous l’influence de la synaptase en glucose et chlorosaligénine. '

La salicine chauffée avec de l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendu se dédouble en saligénine et en glucose. A l’ébullition, on obtient non la saligénine, mais son produit de déshydratation, la salirétine. La synaptase, selon Piria, amène nettement ce dédoublement à 40°. Il est représenté par l’équation :

Ci3Hi80’-fff0=C®H'20®+C^HS0l

Salicine. Glucose. Saligénine.

En présence de l’acide nitrique étendu de dix fois son volume d’eau et à l’ébullition, la salicine forme de l’hydrure de salicyle. Plus tard, cet hydrure se convertit en acide nitrosalicylique et finalement en acide picrique et en acide oxalique.

Avec le bichromate de potasse et l’acide sulfurique, elle donne de l’hydrure de salicyle.

L’acide sulfurique concentré la colore en rouge de sang. Une addition d’eau fait disparaître la couleur. Si le mélange est chauffé, il se forme une matière résinoïde rouge foncé insoluble dans l’eau.

La solution de salicine ne doit pas précipiter par les acides tannique ou picrique, l’iodure double de mercure et de potassium.

Extraction. — Trois procédés sont particulièrement usités pour extraire la salicine.

Premier procédé. — On épuise l’écorce de saule par l’eau bouillante, on concentre les extraits par l’évaporation, puis on les laisse digérer pendant vingt-quatfe heures avec du massicot en poudre et l’on évapore à consistance sirupeuse le liquide filtré. Celui-ci, au bout de quelques jours, abandonne la salicine que l’on purifie par de nouvelles cristallisations.

Procédé de Merck. — Pour obtenir la salicine, on épuise l’écorce fraîche ou séchée par de l’eau bouillante; après avoir concentré la décoction, on la’ traite pendant qu’on la fait bouillir par la litharge jusqu’à ce que le liquide soit incolore. L’oxyde de plomb dissous est d’abord précipité par l’acide sulfurique, ensuite par du sulfate dé baryum. Après avoir séparé le sulfate de plomb, on évapore le liquide pour le faire cristalliser. Au moyen du charbon et par des cristallisations répétées, on parvient à obtenir la salicine parfaitement blanche.

Les écorces qui renferment beaucoup de salicine fournissent déjà des cristaux lorsqu’on les épuise à froid et qu’on évapore l’extrait avec précaution.

Procédé de M. Nées. — On fait bouillir dans l’eau l’écorce du Salix hélix; on ajoute dans la liqueur de l’hydrate de chaux qui précipite le tannin ; on flllre le liquide, on févapore en consistance sirupeuse ; on précipite la gomme et, par évaporation, on obtient la salicine impure, qu’on dissout dans l’eau bouillante; on purifie par le noir animal; on filtre bouillant; la salicine Sgvist,alUse par le refroidissement.

I Doses, formules. — La salicine se prescrit à la dose de 1 gramme; Macari I élève cette dose à 3 grammes qui doivent être donnés dans l’intervalle d’un ; accès de fièvre intermittente à un autre ; il,fait répéter cette dose une ou plu- : sieurs fois, selon les besoins. On peut donner jusqu’à 10 grammes dans les vingt-quatre heures.

Pilules.

; Salicine . .. \ gramme.

Extrait d’asenthe.14

F. s. a. G pilules à prendre en trois fois, à demi-heure d’intervalle.

Poudre.

1 Salicine. 1 gramme.

.5 grammes.

J Diviser en trois prises à prendre en trois fois, à demi-heure d’intervalle.

Sirop.

I Salicine.

Faire dissoudre dans

! Eau bouillante.

Ajouter

Sùcre..

,, A prendre par cuillerées.

Solution.

Salicine..

Alcool.

Eau .... .

Mêler : à prendre en six fois entre les accès

SALSEPARILLINE.

La salsepareille, Smilax contient un glucoside qui a été découvert

en 1824 par Galileo Foliota. Ce savant l’avait décrit comme un alcaloïde, sous le nom de parigline. On l’a désigné successivement sous les noms de salseparine, smilacine, salsaparilline. 11 a été étudié par Fluckiger, Poygiale, Thubeuf, Petersen.

Propriétés chimiques et physiques. — La salseparilline se présente sous forme de cristaux aciculaires, inodores et incolores. Elle est soluble dans] 1,200 parties d’eau à 20”,dans 25 parties d’alcool à 0.814,elle est beaucoup plus soluble dans ces liquides chauds. Le chloroforme la dissout en petite quantité, l’éther ne la dissout point.

Les solutions de salseparine sont neutres, inactives à la lumière polarisée; elles moussent par l’agitation et possèdent une saveur âcre persistante.

La salseparilline renferme 8.56 p. c. d’eau de cristallisation qu’elle perd à 100°; à 14°, elle commence à s’altérer, et à 210°, elle se liquéfie en se' décomposant. Elle est colorée par l’acide sulfurique, d’abord en rouge foncé,

: puis en violet et enfin en jaune. L’acide azotique la décompose.

Par l’ébullition avec l’acide sulfurique dilué, elle se dédouble en parigénine et en sucre. .

! Le liquide prend une belle couleur vert foncé.

Extraction. — On épuise la racine au moyen de l’alcool, on concentre,

. on fait bouillir au moyen du charbon animal, on filtre et on purifie par une nouvelle cristallisation.

SAPONINE.

La saponine a été l’objet de nombreuses investigations. Elle a été étudiée i par une foule de savants : Schrader, Bley, Bussy, Henri, Boutron, Bracon- ;

5 grammes.

50 grammes.

3 grammes

not Fremy, Malapert, Bolley, Rochleder, LeHœuf, Stutz, Schiaparelli. Elle paraît très répandue dans le règne végétal ; elle a été trouvée dans ; la sapo- : naire officinaie, Saponaiia ojficmalis, la saponaire d’Orient, Gypsophylla stmthium, l’écorce de quillai, Quillaja smeymadermes, l’écorce des Gymnacladus et CanadensisM fleur du coucou, F/os cumUïM nielle des blés, Li/c/ims (jithago, la croix de Jérusalem, le Lychnis dioïque, le silène nutans, le Dianthus caryophyllus, le Dianthus carthusianorum, le Dianthus prohfer, le , Gypsophylla fastigata, le Gypsophylla acutifolia, \e Gypsophylla alttssima, ['Anagams arvensis, VAnagallis eærulea. C’est un glucoside auquel Rochleder attribue la formule

Propriétés chimiques et physiques. - La saponine est blanche, pulvérulente et cristallisable, douée d’une saveur âcre, piquante, très persistante, mais qui ne se manifeste pas immédiatement. Réduite en poudre fine, elle .est fortement sternutatoire. Elle est soluble dans l’eau en-toute proportion.

Sa dissolution est louche, mais lorsqu’elle a été filtrée un certain nombre de fois, elle est transparente; cette dissolution, même très étendue (1/10,000 suffit), mousse fortement par l’agitation.

A poids égal, elle ne forme pas avec l’eau un mélange aussi épais que la gomme. Évaporée à siccité, celte solution laisse la saponine sous forme d’enduit brillant, facile à détacher et à réduire en poudre.

Elle se dissout bien dans l’alcool faible ; mais l’alcool absolu et bouillant n’en prend qu’un cinquantième. L’éther est sans action sur elle.

L’addition de la saponine aux dissolutions alcooliques d’un grand nombre de substances insolubles dans l'eau et solubles dans l’alcool, donne à ces substances la propriété de se diviser facilement dans l’eau et de former des émulsions douées d’une remarquable stabilité. Lebœuf a le premier attiré l’attention sur ce fait, et depuis sa communication on met à profit cette propriété pour préparer des émulsions avec les résines, avec du camphre, des huiles.

Le mercure agité avec une solution alcoolique de saponine, se divise en particufes fort ténues qui y restent en suspension fort longtemps.

La .saponine exposée à la chaleur en vase clos se boursoufle, noircit, ne se volatilise point et fournit beaucoup d’huile empyreumalique. Chauffée à l’air, elle brûle avec flamme en se boursouflant et en répandant une fumée assez épaisse accompagnée d’une odeur légèrement aromatique.

Les alcalis étendus n'ont pas d’action sur la saponine. Si l’on ajoute de l’ammoniaque à une solution aqueuse de saponine, elle n’en change pas la transparence, et par l’évaporation du liquide la matière se reproduit avec toutes ses propriétés primitives.

Si l’on verse dans une dissolution de saponine faite avec (saponne, une partie; eau, quatre parties) de l’eau de baryte, on obtient un précipité blanc, qui se dissout soit dans l’eau, soit dans un excès de dissolution de saponine. L’eau de chaux ne donne pas de précipité.

Le sous-acétate de plomb donne un précipité abondant, caillebotté, qui se redissout dans ufl excès de dissolution de saponine; l’hydrogène sulfuré ne précipite point le plomb de cette dissolution.

La saponine, additionnée d’un peu d’alcool et traitée par l’analgame de sodium

au soleil, se dissout rapidement et laisse déposer des flocons bruns. La solution est jaune et donne avec l’alcool absolu un précipité gélatineux qui se dépose sur les parois du vase. D’après Rochleder, ce précipité serait de la saponine. L’amalgame de sodium ne l’attaquerait pas et détruirait seulement les impuretés qui accompagnent cette substance. Rochleder s appuie sur ce fait que ce dépôt gélatineux «e dédouble sous l’influence de l'acide chlorhydrique en sapogénine et en sucre.

En présence des acides étendus, la saponine se dédouble en un sucre dextrogyre, fermentescible, et en sapogénine. Après de nombreuses expé-

‘ ^ ce dédoublement par réquation suivante : T '

Slulz ayant fait agir sur la saponine l’anhydride acétique, soit seul soit en presence d’acétate de sodiunvou de chlorure de zinc, a obtenu toute une série • de dérivés acétylés.

I Extraction. ~ Il existe de nombreux procédés pour l’extraction de la : ^

I saponine. Les plus employés sont ceux de Bussy, Rochleder et Schwartz et' ' j Stutz.

j Procédé Bussy. — La racine de saponaire d’Égypte ayant été réduite en ! poudre grossière, on la traite par l’alcool bouillant à 36°. Après quelques minutes d’ébullition, on filtre; par le refroidissement, la saponine se précipite en partie; on jette le liquide sur un linge, on exprime le précipité autant '

, que possible, puis on le dessèche; on réitère le traitement jusqu’à épuisement •

] de la racine. , ■

I Les liquides alcooliques qui sont colorés en jaune contiennent encore une '

: certaine quotité de saponine. Évaporés à siccité, ils fournissent un extraitqui, ;

: traité par l’alcool bouillant, donne une nouvelle quantité de saponine. Celle ; qui provient des deux ou trois premiers traitements est ordinairement uni ’ peu colorée en jaune, mais on l’obtient parfaitement blanche par des traite^ i ; ments nouveaux ; elle n’est, du reste, jamais absolument pure, il faut la..; ' i traiter par l’éther si on veut l’obtenir à cet état. ’ :

Procédé Rochleder et Schwartz. — Après avoir épuisé à l’alcool bouillant I et marquant 40° la racine de gypsophila, on filtre la liqueur à chaud et on : la laisse reposer pendant vingt-quatre heures dans un lieu froid ; il se forme un dépôt blanc de saponine qu’on lave avec de l’alcool éthéré, puis on sèche à 100° C.

Procédé Stutz. — On épuise l’écorce de quillaya par l’eau bouillante, et la décoction est évaporée à consistance d’extrait. On épuise par l’alcool bouil- 1 lantà 80/100 (1 litre pour 50 grammes d’extrait). La saponine se dépose , en flocons par le refroidissement de la solution alcoolique. Ces flocons, après i avoir été séchés, sont redissous dans de l’alcool à 90/100. On purifie au j moyen du charbon animal.

I SCAMMONINE.

: La scamonine est un glucoside contenu dans la partie résineuse de la scam-

j menée. Spirgatis a démontré que ce corps était identique avec la jalapine \ retirée du Convolvidus jalapa.

SCILLAINE.

[ La scillaine tient le premier rang parmi les nombreux produits retirés de ■

! la scille maritime, Scilla maritiina, de la famille des liliacées. C’est un glu- ; coside qui constitue le principe actif de la plante. Il a été découvert par ! V. Jarmersted.

I Propriétés chimiques et physiques. — La scillaine se présente à l’état de- ! matière amorphe,, blanche ou jaunâtre, sans odeur ; elle possède une saveur amère; très soluble dans l’alcool, elle est peu soluble dans l’eau, l’éther, le 1 chloroforme. Elle réduit la liqueur de Barreswill et se transforme par la j chaleur en. une masse résineuse qui se décompose avèc la plus grande facilité ;

I elle se dissout dans l’acide chlorhydrique concentré, auquel elle donne une I belle coloration rose disparaissant par la chaleur; elle donne à l’acide sulfu- : rique concentré une coloration brune fluorescente, passant au rouge par l’addition de bromure de potassium.

i Sous l’influence des acides minéraux bouillants et dilués, elle se dédouble ! en sucre et en une matière résineuse qui n’a pas été étudiée.

SCOPOLINE.

On doit à Eykmann la connaissance de ce glucoside. Il l’a retiré de la racine du Scopolia japonica de la famille des solanées.

Propriétés chimiques et phijsiques. —La scopoline se présente à l’état de cristaux aciculaires bleus, un peu solubles dans l’eau froide, très solubles dans l’eau chaude, l’alcool, l’éther et le chloroforme.

Par l’ébullition en présence des acides dilués, elle se décompose selon l’équation :

(.34ij3ooi5 j 2H20=2C®HiW+C^'H'°05

Scopiline. Glucose. Scopolétine,

en glucose et en scopolétine. La scopolétine cristallise en aiguilles prismatiques incolores, solubles dans le chloroforme, l’alcool chaud et l’eau bouillante. Ses solutions aqueuses et alcooliques ont une fluorescence bleue fort belle passant au vert-bleu quand on ajoute un alcali.

SÉNEGINE. .

La sénegine est retirée de la racine de sénega ; elle a été découverte par Robert et étudiée par J. Atlass.

Propriétés chimiques et physiques. — La sénegine se présente à l’état de poudre fine, blanche.

SINALBINE.

La moutarde blanche, Sinapis alba, contient un glucoside auquel on a donné le nom de sinalbine. Ce corps a été étudié par Well et Laubenheimer. ■

Propriétés chimiques et physiques. — La sinalbine cristallise en petites aiguilles brillantes à peine colorées en jaune; elles sont très solubles dans l’eau et l’alcool bouillant, et presque insolubles dans l’alcool absolu et totalement insolubles dans l’éther et le sulfure de carbone.

La sinalbine est fortement colorée en jaune par une trace d’alcali. Cette coloration passe au rouge sang par l’addition d’acide nitrique. La solution de sinalbine n’est pas colorée par le chlorure ferrique ; elle ne précipite pas par le chlorure de baryum, mais elle fournit avec le nitrate d’argent et le chlorure mercurique des précipités blancs. Elle réduit les solutions alcalines de cuivre en donnant un précipité coloré par du sulfure de cuivre. Lorsqu’on fait bouillir la sinalbine avec la soude, on obtient du sulfate et du sulfocyanate de sodium.

Lorsqu’on ajoute de l’azotate d’argent à une solution de sinalbine, il^ se produit peu à peu un précipité soluble dans un excès de précipitant. Si l’on traite ce précipité en suspension dans l’eau par un courant d’acide suif hydrique, il se dépose un mélange de sulfure d’argent et de soufre, tandis qu’il reste en solution du sulfate acide de sinapine, de l’orthoxyphénylacétonitrile et de la glucose. La sinalbine a donc été décomposée par 1 action successive du nitrate d’argent et de Tacide sulfhydrique suivant l’équation : C“H'“Az®S^O^®=S+ C®Hi^O®+ C^H'^AzO -f C^^H^^AzO'^H^SOL

Le chlorure mercurique se comporte comme le nitrate d’argent avec la sinalbine.

Extraction. — La graine de moutarde est pulvérisée et privée des matières huileuses qu’elle renferme d’abord par expression, puis par lavage au sulfure de carbone. La poudre ainsi obtenue est ensuite séchée à l’air et épuisée par l’alcool à 85 p. c. à la température du bain-marie. La liqueur alcoolique laisse déposer la sinalbine par le refroidissement, tandis qu il reste en solution du sulfocyanate de sinapine pour purifier la sinalbine, on la lave au sulfure de carbone, on la dissout dans l’eau chaude, avec addition de noir animal, on précipite la solution aqueuse par l’alcool fort et on fait recristalliser une dernière fois dans l’alcool bouillant.

Page 1