ACTE I, SCENE I
Dois-je , charge du soin d'en réparer l'ofl'LMisc , Le priver de l'honneur d'une juste vcn^eanec?
THESTOR.
De quoi s'occupe, hélas! votre cœur malheureux , Au moment d'un hymen qui va combler vos vœux ? Laissez dans le secret le souvenir d'un père, Oubliez cet arrêt porté contre une mère. Est-ce à vous de sortir d'un scrupuleux respect , Pour rechercher un crime à vos regards suspect ? Un fils peut-il ainsi, d'une haine obstinée, De l'auteur de ses jours flétrir la destinée ?
ALGUÉOIV.
Que veux-tu? ce pardon dicté par mon devoir ,
Malgré mon repentir n'est plus en mon pouvoir.
Je crains que la pitié dont je me sens capable ,
Ne me reproche un jour ma tendresse coupable ;
Pour un père oublié que mes justes transports
N'osent contre une mère exciter mes remords.
Dois-je dans les ennuis dont l'horreur me consume ,
Épuiser les regrets dont je sens l'amertume? j^*-'
J'obtiens en l'abhorrant la main d'Arsinoé,
Et dois sans l'obtenir aimer Callirhoé.
Tel est pourtant l'eiîet de cet hymen contraire ,
En dépit du destin formé par une mère.
J'ai près d'elle, taulùt employant ton soutien,
Imploré la faveur d'un uionient d'entretien.
Elle paraît.