‹ AlcméonChapitre 24 sur 49 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Ne fiis-je pas moi-niême envoyée en ces lieux , Plus tard , par Polynice?

ÉRIPHYLE

Au sujet de vos nœuds , Le jour qui de mou fils consacra rhymcnée. A quels aveux encor suis-je donc condamnée ? Et que prétendez-vous ?

AUSINOÉ.

Pouvez-vous l'ignorer?

Et lorsqu'en Polynice il me faut espérer? S'il m'envoya vers vous , si je suis votre fille , J'ai quelque droit peut-être aux biens de ma famille. Aux titres de ma race il me faut rétablir Dans le rang dont mon père a voulu m'ennoblir. Quand vous en convenez, quand la preuve est certaine, N'osez-vous vous prêter à désarmer la haine Du cruel ennemi qui prétend m'opprimer , M'ôte votre tendresse et ne saurait m' aimer.

ALCMÉONj à Arsinoé.

Ah ! que prétendez-vous, Madame, et quel outrage? Notre désunion sera donc votre ouvrage ? Vaincrez- vous des dégoûts que je ne puis dompter , Quand l'hymen à ma haine a peine à résister ?

ARSINOÉ

{AAkméon,) {A Ériphjjle.)

El vous, quel est, seigneur, votre espoir?... Mais , Madame, Vous-niôme espérez-vous triompher de sa flamme ? Il ne vous a pas dit qu'au nom d'Amphiarus , Ses malheureux soupçons sur vous se sont accrus ;

^ue l'ordre dont un père arma sa vigilance , Vous aurait la première offerte à sa vengeance ?

ÉRIPHTLE.

(A Alcméon.) (A Arsinoé.)

Moi! de quoi m'accuser, prince ?... Madame, et vous, Dût votre haine encor se joindre à votre époux , Oui, vous êtes ma fille, et sous un triste auspice Par un funeste hymen fille de Polynice. J'ai dû vous le cacher aussi bien qu'à mon fils, Les trésors dont pour vous j'ai recueilli le prix Sont vos biens, votre dot; je m'en suis dépouillée Pour voir aux jours d'un fils ma fille encor liée. Prince, de mes bienfaits voulez-vous me punir, Et n'en jouissez-vous que pour nous désunir?

Moi ! que de vos bontés mon respect vous punisse? Moi ! Madame, à ce point qu' Alcméon vous trahisse? Loin de vous le soupçon qu'un fils puisse attenter Aux nœuds sacrés du sang qu'il lui faut respecter ! Eh,qu'ai-je à demander? et que veux-je autre chose Que voir rompre un hymen où mon amour s'oppose?^ Où je ne puis encore exprimer sans frémir Combien Arsinoé me force à la haïr?

AnSIKOÉ.

C'est à quoi cependant vous devez vous résoudre, Prince. Ou m'abandonner toul-à-fait, ou m'absoudre, Respecler l'union qui fait fous nos malheurs , Et me rendre une dut que vous portez ailleurs.

Page 1