SCÈNE IV
ALG!UÉON , à Ériphyle.
Madame, j'espérais que la reine aujourd'hui, A mon nouvel hymen prêterait sou appui. Le ciel , pour affermir cette heureuse assurance , Vous rend à mon amour comme à mon espérance. Vous allez donc enfin aux autels où je cours, Confirmer l'union dont dépendent mes jours, Ou je ne réponds pas qu'Arsinoé jalouse , N'immole de sa main un fils et son épouse. Leur sort, si vous tardez , n'est pas en sûreté , Elle-même en prédit le dessein arrêté.
ÉRIPHYLE
Aux nœuds que j'ai formés préparant cet outrage , Moi ! que de cet hymen je détruise l'ouvrage ? J'aurais pu , dès l'instant de vos premiers dégoûts , A l'hymen de ma tille arracher son époux , ' Quand sa flamme ignorée et sa nouvelle chaîne, Tenaient de ses penchants l'espérance incertaine. Mais aujourd'hui qu'enfin sou amour déclare Croit voir de sa tendresse un époux séparé , Malgré mes premiers vœux , malgré la répugnance Que j'opposai toujours aux droits de sa naissance , Je ne [mis , rappelant un triste souvenir , Du cœur de son époux chercher à la hannir.