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curculation et la vente de toute essence reconnue dungereuse et déclarée telle par l'Académie de Médecine sont interdites. »
Il serait ainsi possible d'atteindre, comme le proposait le D' Lancereaux à l’Académie, le 5 mars 1895, et le D' L£crai au Congrès de la Ligue française de la moralité publique à Lyon en 1894, les absinthes, amers, bitter, vermouth ettoutes ces huiles de vin, françaises et allemandes, que la chimie fabrique de toutes pièces. L'œuvre du législateur serait de rechercher les mesures à prendre pour proléger les essences destinées à l’industrie, sans toutefois que ces mesures revêtent, comme celles proposées par les amendeurs de 1896, l'allure d’une défense déguisée du bouillage de erû (1).
Nous espérons bien peu de la sagesse de nos législateurs, car, en 1896, il s’est trouvé au Sénat de vaillants défenseurs de l’absinthe. Leur intervention n’a d’excuse, nous voulons le croire, que leur profonde ignorance des ravages causés par celte essence en particulier; leurs intérêts n'étaient nullement en jeu et s'ils avaient su que la consommation d’absinthe était passée de 18.000 hectolitres en 1880 à 108.000 hectolitres en 1893, ils auraient gémi sur cette funeste passion.
Écoutons l’un de ces défenseurs: « On veut frapper l’absinthe, c’est elle qui va faire en partie les frais de la réforme. Je ne viens pas à cette tribune faire l'apologie de l’absinthe. Je ne dirai pas, comme certaines affiches étalées sur les murs, que cette boisson est bienfaisante ; non, je n'irai pas jusque-là, bien que quelques-uns Le pré-
(1) Dr J.-V. Lasorpe. Tribune médicale, 1896, page 544.