‹ Alcoolisme et Réforme SocialeChapitre 17 sur 69 · III. — LE DÉGRÉVEMENT DES BOISSONS DITES HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

III. — LE DÉGRÉVEMENT DES BOISSONS DITES HYGIÉNIQUES

Depuis 1887, l'abolition des droits sur les vins et les cidres à figuré dans bien des programmes électoraux,

(1) Revue des Deux Mondes, 1er janvier 1899.

FU

dans une série de propositions et de projets de loi. Les économistes en sont partisans (1).

Il est certain que cette mesure favoriserait la consommalion des boissons dites hygiéniques; mais serait-ce aux dépens de l'alcool ? Il est permis d’en douter.

Encore faudrait-il que ce dégrèvementsoit assez appréciable pour profiler aux consommateurs. Ainsi la nouvelle taxe d'octroi pour Paris (décision du Conseil municipal du 21 octobre 1898), ajournée quelque temps aprèssamise en vigueur, dégrevait les vins de 3 fr, 22 par hectolitre en même temps que l'alcool était surtaxé de 85 fr. Les « avis au public » placardés aux devantures des débitants n'ont pas tardé à nous faire savoir que Le prix du vin ne pouvait être diminué tant que le dégrèvement ne porterait pas sur des fractions de litre; certaines sociétés vinicoles diminuaient 0 fr. 10 sur 3 litres de vin. (2) Ce sont là des mesures qui ne profitent qu'aux intermédiaires et dont le public ne retire aucun bénéfice, ou lui fait supporter l'augmentation, mais la diminution est toujours trop minime pour qu'il en soit question; on lui promet cependant un vin de qualité supérieure !

L'exemple de 1881 est encore plus démonstratif: une diminution de 70 millions dans les droits n’a pas fait baisser d’un centime le prix du vin.

Aussi n’insisterons-nous pas sur le dégrèvement des vins et des cidres.

Il est deux produits que nous voudrions voir libérer des droits de douane quiles écrasent :

Ce sont le thé et le café.

(1) CF. CauwÈs. Traité d'économie politique, t. IV, p. 419. (2) Cf. l’Alcoo!. Novembre 1898, page 159.

LoisEAU

Fi

Page 1