‹ Alcoolisme et Réforme SocialeChapitre 28 sur 69 · IX. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

IX. — RÉSUMÉ

Pour nous résumer, voici les réformes que l’on est en droit d’attendre de l’action législative :

O — Suppression du privilège des bouilleurs de crû. (1) Voir Revue d'Hygiène, 20 mai 1899, p. 474.

(2) Cf. M. Tazmeyr. Mœurs éléctorales, le marchand de vin, Revue des Deux Mondes, 15 août 1898

— Surélévation de l'impôt sur l'alcool, en fortifiant l’action de tous les services fiscaux, pour arriver à la répression plus complète de la fraude.

— L'impôt progressif nous semblerait préférable à la surélévation de l'impôt — plus juste et plus conforme aux données du problème hygiénique.

— Nous ne croyons pas que le dégrèvement des boissons dites hygiéniques soit de quelque efficacité dans la lutte contre l'alcoolisme.

— Dégrèvement du thé et du café.

— Veiller à l'application des lois répressives existantes loi sur l'ivresse — zones préservées, etc.).

— Introduire dans la loi Le principe qui assimilerait les dettes de cabaret aux dettes de jeu.

— Voter laloi sur la limitation légale desdébits déposée au Sénat—en y introduisant les modifications nécessaires pour laisser aux communes la facilité de pratiquer l’option locale ou l'essai du système de Gothembourg; les sociétés à concession ne constitueraient pas une nouveauté dans notre législation, puisque c’est sur ce type que sont formées les sociétés d'habitations à bon marché.

Mais nous voyons bien l’objection qui se dresse formidable devant ce programme quelque peu révolutionnaire. Tous les gouvernements à qui l’on reproche de ne rien faire pour lutter contre l’alcoolisme font toujours la même réponse : « J'attends pour agir que vous ayez transformé les mœurs du pays : Lx moribus leges. » Et M. LEJEUNE, ancien Ministre de la Justice, Ministre d'État de Belgique, l’a bien montré au Congrès de Bruxelles : « C’est toute une doctrine qui s’énonce ainsi à l'appui

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d’une inaction systématique. — Elle sert pour la question de l'alcoolisme, comme elle sert pour la question du jeu. On l’a mise en axiomes, pour l'usage de la politique : conjurer un fléau social qui procède d’un vice entré dans les mœurs d’un pays, n’est pas le fait de la loi et des règlements ; — canaliser les vices juste autant que les mœurs qui en sont imprégnées s’y prêtent, c'est tout ce que peuvent la loi et les règlements.

« Généralement, la politique juge que le vice, richement exploité, ne se. laissera pas canaliser et qu'il faut temporiser et, alors, si le fléau fait rage, c’est la faute aux mœurs du pays. »

Telle ne doit pas être la conduite de l'État. « Il ne faut « pas queles Pouvoirs publics attendent pour sévir contre « l'empoisonnement que la victime guérie refuse le poi- « son. » Il doit s’employer à hâter la réalisation de la Réforme sociale que nous prêchons, en favorisant de tout son pouvoir, dans les collectivités qu’il peut atteindre, la lutte contre l'alcoolisme, car « nulle influence capable « d’agir sur le moral de la nation n’est comparable aux « impressions que produit en bien ou en mal l'attitude « des Pouvoirs publics devant le fléau. »

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