CHAPITRE IV
La Lutte contre l'alcoolisme dans l'Armée
Nous ne croyons pas, comme on l’a affirmé au VIle Congrès anlialcoolique, que le service militaire n'a aucune influence sur l'alcoolisme, et que le soldat ne prend pas l'habitude de boire. De bons esprits, sans nulle prévention contre l’armée, ont montré qu’un grand nombre de jeunes gens rapportent de la caserne dans leur famille un sens moral diminué, le dédain de la vie simple et « laborieuse et, dans l’ordre physique, des habitudes d'in- « lempérance (1) ».
Il faut donc, dans cetle collectivité où règne l’esprit de discipline, lulter contre l'alcoolisme. On peut, comme le propose le lieutenant Guieysse (2), procéder par acte d'autorité disciplinaire pour enlever aux soldats la facilité de s’alcooliser (prohibition de l'alcool dans les can- Unes, surveillance des débits de la garnison), ou bien par acte d'autorité morale et administrative pour créer dans chaque unité des cercles de soldats; ce sont là tâches relativement faciles ; ce qui importe le plus, comme nous le verrons à la fin de ce chapitre, c'est, pour l'offcier, d'agir par l’action morale.
(1) Le rôle social de l'officier. R. des Deux Mondes, 15 mars 1891, page A2.
(2) Communication au VIe Congrès antialcoolique.